‹ Histoire générale de la Champagne et de la Brie depuis les temps les plus reculés jusqu'à la division de la province en départements (volume 2)Chapitre 50 sur 164 · LES COMMUNES i · texte numérisé non relu

LES COMMUNES i

expressément les droits de l'archevêché et de toutes les églises (1139) 1.

Mais telle était la force du mouvement qui entraînait partout la bourgeoisie au delà des concessions primitives, que celle de Reims ne tarda pas à donner lieu à de graves plaintes. La charte royale ne concernait que la Cité, c'est-à-dire la portion de la ville renfermée dans la vieille enceinte romaine, et ne tenait aucun compte des bourgs attenant à cette enceinte. De là, chez les habitants de ces bourgs et principalement chez ceux du bourg Saint-Remi, des aspirations à la jouissance des privilèges de la cité, que celle-ci eut l'imprudence d'encourager sans souci des droits consacrés par le temps. Le roi dut intervenir et rappeler les habitants à l'observance de leurs obligations et au respect des franchises et coutumes des églises : « Nous vous recommandons spécialement, ajoutait-il, nous « allons même jusqu'à vous prier de ne point troubler celles de « Notre-Dame et de Sain t-Remi dans la possession de leurs privilèges (( séculaires. Si elles étaient forcées de réclamer notre merci, notre « justice ne leur ferait pas défaut : nous ne le devons pas, nous ne « le pouvons pas, nous ne le souffrirons d'aucune façon » K

Toutefois les actes du roi semblaient démentir son langage ; car il ne se pressait pas de clore la vacance du siège ; aussi le désordre se ranima, et Louis, sans doute à la prière du chapitre, fut de nouveau contraint de rappeler la commune au sentiment du devoir : « Nous « vous avions expressément défendu d'attirer à vous les populations « du dehors et de rien entreprendre sur les libertés des églises, et « voilà que vous ne ménagez pas même celle de Notre-Dame, qui est « ^présentement sous notre garde et 7i'a pas d'autre défenseur que « nous 3. Une telle conduite nous est extrêmement pénible, et nous « ne pouvons que vous enjoindre, comme nous l'avons déjà fait, de « restituer aux églises ce que vous leur avez pris, et de les laisser « jouir en paix de tous leurs droits ».

' C'est la date que donnent les Annales Remens, et Colon., ap. Periz, Monum. Germ., XVI, 733.

2 Arch. adm. de Reims, t. P"", p. 299, 300.

3 Ceci prouve que la lettre du roi est du temps de la vacance du siège de Reims, et que Marlot (t. 111, p. 293) a tort de dire que Louis l'écrivil, importuné par les plaintes réitérées de l'archevêque.

Page 1