‹ Histoire générale de la Champagne et de la Brie depuis les temps les plus reculés jusqu'à la division de la province en départements (volume 2)Chapitre 53 sur 164 · III. Thomas Becket et Louis VII. Sacre de Philippe-Auguste · texte numérisé non relu

III. Thomas Becket et Louis VII. Sacre de Philippe-Auguste

Le fils aîné de Thibault, en recevant pour sa part le comté de Troyes, en faisait désormais le fief dominant, et Chartres, Blois, déchus de leur ancienne prééminence, passaient à l'état de fiefs servants : le comté de Champagne se trouvait dès lors constitué, et nous pouvons jusqu'à un certain point en apprécier l'importance territoriale. Comme tous les autres comtés, il se composait de deux sortes de biens, les pai/s d'obédience, soumis directement à l'autorité du comte, et les /?e/s, où celui-ci n'avait que la suzeraineté.

Les pays d'obédience étaient divisés en châtellenies, c'est-à-dire en prévôtés dont chacune possédait au chef-lieu une forteresse qualifiée de château à l'exclusion des autres forteresses de la circonscription. Ces prévôtés ou chàtellenies étaient, à la mort de Thibault, au nombre de 28, réparties entre les six départements actuels de l'Aisne, de l'Aube, de la Haute-Marne, de la Marne, de Seine-et-Marne et de l'Yonne '.Des tv'co;/«;;es héréditaires apparaissent

^ Ce sont, dans Tordre alphaljétiqne de ces départements : Château- Thierry, OulcJty, — Bar-sur-Aube , Ervy, Isle-Aumont, Méry-siir- Seine, Payns, Pont-sur- Seine, Rosnay, Troyes, Villernaur. — La Ferté-sur- Aube, — Bussy-le-Château, Châtilîon-sur-Marne, Epernay, Fismes, Lachy, Mareuil-sur-Ay , Montfèlix, Sézanne, Vertus, Yitry . — Bray-sur Seine, Coidommiers, Meatix, Montereau, Provins. — Saint-Florentin (Histoire des comtes de Champagne, i. II, p, 422^.

Les chartes de Henri en ont fourni au savant liistorien six autres, qxii

168 LA CHAMPAGNE FEODALE iib2-ii8i.

k càié dc5 ^réyôts, k Château-TIuerri/ et Oulchy dans l'Aisne; à Bar-sur-Aube, Payns, Rosnay, Troyes et Villemaur dans l'Aube ; kChâtillon-sur-MarneetMareuil-sur-Ay dans la Marne ; à La Fer tésur- Aube dans la Haute-Marne : à Meaux et Provins dans Seine-et- Marne ; à Saint-Florentin dans l'Yonne.

Quant aux fiefs relevant alors du comte de Champagne, on en comptait 2,030. Huit comtes tenaient de Thibaut la terre à laquelle ils devaient leur titre, savoir ceux de Bar-snr-Seine, Blois et Chartres, Brienne, Grandprê, Joigny, Rethel, Roucy et Sancerre. D'autres, quoique tenant leurs comtés d'autres seigneurs, étaient ses vassaux pour certains fiefs secondaires : c'étaient les comtes d'Anjou, de Bar-le-Duc, de Beaumont-sur-Oise, de Clermont-en- Beauvoisis, de Dreux, de Meulan, de Nevers, de Soissons, de Vermandois, les sires d'Amboise et de Bourbon, les ducs de Lorraine et de Luxembourg.

Le comte de Champagne, de son côté, reconnaissait pour suzerains, indépendamment du roi de France à qui il devait l'hommage de la meilleure partie de ses domaines, le duc de Bourgogne, l'évêque deLangres et l'archevêque de Reims, dont il tenait différentes terres ' .

Tel était brièvement l'état territorial de la Champagne à l'avénement de Henri le Libéral.

Ce prince avait à peine pris possession du comté, et le concile de Beaugency (18 mars 1152) avait à peine prononcé, du consentement des parties et pour cause de consanguinité, la dissolution du mariage de Louis YII et d'Eléonore, que cette princesse, sans en avoir obtenu l'agrément du roi, son suzerain, courait épouser Henri Plantagenet, comte d'Anjou, duc de Normandie, et grossir de la Guyenne et du Poitou les vastes possessions d'un jeune seigneur

sont : Chaource (Aube), Dormans (Marne^), Jouy (Seine-et-Marne), Larzicourt (Marne), il/araye(Avibe) et Vassy (Haute-Marne) (t. 111, p. 263).

* En ce qui touche les archevêques de Reims, nous Aboyons qu'ils reçurent l'hommage de la comtesse Blanche et de Thibault IV, en 1227, pour Vertus, Rethel, Cliâtillon, Epernay, Roucy, Fismcs, Braine, Cliâteau- Porcien et pour les cb;itellenics, forteresses et autres terres (|ue les comtes tenaient de ces prélats (V. Marlof, t. RI, p. 18). La bulle d'Alexandre IRde 1179 témoigne qu'ils le recevaient eu outre à cette époque pour Yitry [en Perthois] (t. 111, preuve llo=, p. 770).

Page 1