‹ Histoire générale de la Champagne et de la Brie depuis les temps les plus reculés jusqu'à la division de la province en départements (volume 2)Chapitre 57 sur 164 · LETTRES, INDUSTRIE ET COMMERCE · texte numérisé non relu

LETTRES, INDUSTRIE ET COMMERCE

dération, et nous expliquer la position élevée qu'elle prit dans la société, l'influence qu'elle commença d'y exercer.

Aussi bien, c'était le temps où de pieuses femmes, les religieuses du Paraclet, dociles aux prescriptions de leur fondateur et à l'exemple d'Héloïse, leur supérieure, également versée dans la connaissance du latin, du grec et de l'hébreu, apprenaient au moins la première de ces langues et joignaient à l'étude de l'Ecriture, des saints Pères et du plain-chant, celle de la médecine et de la chirurgie.

C'était le temps où, fidèle à la tradition de l'Eglise, après avoir déjà proclamé, en llo9, la liberté gratuite d'enseigner publiquement, Alexandre Ili mettait fin (1164) à de regrettables dissentiments entre les religieux de Saint-Pierre et les maîtres quis'étaient multipliés à Ghàlons, en mandant à l'archevêque de Reims « que la science des lettres est un don de Dieu », qu'il eût donc à pourvoir à ce que ni l'abbé, ni i'écolâtre n'empêchassent, sous un prétexte quelconque, aucun homme de bien versé dans les lettres de les enseigner à Ghàlons, « car on ne doit pas faire « trafic de ce qui s'acquiert par un don de la grâce céleste », non enim ve72ale dchet exponi quod muneregratiœ cœlestis acquiritur^ .

Aussi les écoles étaient-elles florissantes et formèrent-elles de brillants élèves. De celles qu'Abélard avait ouvertes au Paraclet, sortirent jusqu'à vingt cardinaux, dont était le pape Célestin 11, et plus de oO évèques ou archevêques de France, d'Angleterre, d'Allemagne et des pays du Nord. Sans être aussi féconde, l'école de Reims, grâce à l'appui d'illustres prélats et à l'habileté de ses écolâtres, soutint avec éclat la réputation qu'elle avait acquise aux siècles précédents. Albéric y réunit de nombreux disciples, dont plusieurs étaient accourus de loin pour entendre ses leçons. Latulfe, son successeur, compta parmi les siens Pierre Lombard, venu d'Italie pour s'y perfectionner dans les sciences. Après l'école de

* Le même pontife devait, en il 07, par une bulle datée de Latran, faire défense au chapitre de la cathédrale d'exiger une somme d'argent des clercs qui voulaient enseigner (V. Annales historiques- de Chdions, par Buirette de Verrières, p. 21^, 215 et 219). Alexandre 111 a laissé un certain nombre de lettres (|ui intéressent la ville et le diocèse de Châlons ; vingt d'entre elles sont do l'année 1107. (Martènc, AmpUssima collect., t. ll.J

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