ET LES FILS DE PHILIPPE LE BEL
franchises et les libertés nationales. 11 y avait d'ailleurs certaines villes qui jouissaient du droit de battre monnaie, et qui, tenant à leurs privilèges, se montraient disposées à faire cause commune avec les seigneurs. Philippe crut prudent de s'appuyer en cette occurrence sur le suffrage de la bourgeoisie. Le 6 avril 1321,* il s'adresse donc à ses « amés et féaus les habitants des bonnes villes « du Vermandois », « pour avoir leur avis et consel et accort sur
« plusieurs choses touchans le profit commun et le honeur et
« estât du royaume » ; il les requiert d'être « à Paris à la quinzaine « de la prochaine festc de la Nativité saint Jean-Baptiste, là où il « entend lors à estre et son conseil avec lui ». C'est pourquoi, ajoute-t-il, « nous vous mandons et requérons sur la dicte féalté, « que vous aprochiés pardevant nostre bailli de Vermandois, et « Jacques de laNoë, chevalier maistre de nos foires de Champaingne, « au lieu et jours qu'ils vous assigneront es partie de ladicte baillie, « lesquels nous avons commis à vous exposer nostre volonté sur « aucunes des choses de nos dictes lettres. . . »
En conséquence, le mardi S'' jour de mai suivant, ces deux personnages faisaient savoir aux « habitans des villes de Reins et de « Chaulons », qu'ils étaient « adjournés à Laon pardevant eux à « jeudi prochain après la Penthecouste, . . . à oïr, exposer, faire « et aler avant sur les choses dont mencion est faicte es lettres c( dou Roy ». « A cet effet, ajoutaient-ils, dictes et certifiés as « gouverneurs d'icelles villes que. . . ils eslisent et envoient par « devers nous asdits lieu et jours, trois ou quatre personnes des « plus souffisans des habitans de chascune des dictes villes, qui « aient pooir pour les habitans d'icelles villes de faire et aler avant « sur ce que nous leur exposerons des choses à nous commises, si « comme dessus est dit ».
Ce qui se fit en l'assemblée de Laon, nous l'ignorons. Mais nous devons constater ici qu'au verso des lettres du 5 mai conservées aux archives de Reims se trouvent les noms de P. de Yilledommange et de J. Gaipin, que l'on pense être les deux notables députés par la cité '.
Philippe le Long mourut peu de mois après (.3 janvier 1322), sans laisser d'enfant mâle.
* Arch. admin. de la ville et cité de Reims, i. II, première partie.