PROCÈS DE REIMS AVEC L'ARCHEVÊQUE
forteresse et à ses autres maisons. Touché de leur soumission, le prélat, dont le malheur était d'avoir plus de naissance que de génie, sans que la vanité toutefois exclût chez lui une certaine noblesse de cœur, leur remit aussitôt les clefs du château, les priant de les garder eux-mêmes jusqu'à nouvel ordre, et pour leur montrer que la réconciliation était sincère, il retint à diner les principaux. Ainsi fut terminée cette fameuse affaire au profit des droits réciproques des parties. Grâce à l'arrêt du parlement qui les fixa, les archevêques cessèrent d'attaquer l'existence et la juridiction de l'échevinage, ainsi que de prétendre au gouvernement de la ville, et les citoyens se gardèrent bien désormais de toucher aux privilèges des prélats. Charles V, de son côté, oubliant l'incident qui l'avait indisposé, devait confirmer, le 8 août 1369, la défense faite par le roi son père d'exécuter l'article de l'arrêt du parlement relatif à la démolition des fortifications. L'année précédente, 3 juin 1368, il avait déjà pris le parti des Rémois contre Gaucher de Châtillon, en interdisant à celui-ci de s'entremettre du gouvernement de la ville, d'y ordonner quoi que ce fût de son autorité privée et sans appeler ne avoir avec lui le conseil de ladite ville ^.
* A7-ch. admin., ibid.,p. 325.