‹ Histoire générale de la Champagne et de la Brie depuis les temps les plus reculés jusqu'à la division de la province en départements (volume 2)Chapitre 92 sur 164 · NOUVELLES COURSES DES BANDES ANGLAISES DE 13(J0 A 13G · texte numérisé non relu

NOUVELLES COURSES DES BANDES ANGLAISES DE 13(J0 A 13G

Renouvellement de la Guerre EN 1369.

Les Tard-mnus prennent et pillent Joinville, battent la noblesse à Brignais, puis se dispersent. — Mais bientôt apparaissent les soldats licenciés du prince de Galles. Ils rançonnent Epernay, Ay, et se portent sur Chàlons, Vitry et Troyes, ravageant tout sur leur passage,— La guerre déclarée, Robert KnoUe se dirige sur Reims et de là sur Saint-Florentin et Joigny, en rançonnant les populations; Lancastre vient ensuite d'Angleterre, et s'avance jusqu'à Châlons à travers un pays ruiné. — Misère générale, — Trêve de deux ans. — La trêve expirée, Buckingliam pousse jusqu'à Reims, dont ses troupes ravagent les environs et prennent le bétail ; il descend ensuite vers Troyes, où il provoque au combat le duc de Bourgogne, et se retire après diverses escarmouches;, pour regagner l'Angleterre à la faveur de la mort de Charles V. — Voyage de l'empereur d'Allemagne en France. — Mouzon passe, avec Beaumont-en- Argonne, aux mains du roi.

La paix de Brétigny, tout humiliante qu'elle était, avait excité des transports de joie, tant était grande la misère publique, tant était impérieux le besoin d'une trêve dans la souffrance. Le mal que les Anglais avaient fait à la France n'avait pas été du reste sans produire un grand bien, l'esprit national, qu'engendra la haine de l'étranger. Comme les épreuves n'étaient pas encore terminées, cet esprit allait grandir avec elles, et grâce à lui la France devait sortir de la lutte plus forte et plus compacte qu'auparavant.

Edouard III n'avait pas manqué, une fois le traité de Brétigny signé, d'envoyer commandement à ses capitaines et gardes des bonnes villes, forteresses et châteaux étant en France, de les quitter. En possession du pays depuis deux ou trois ans, ces capitaines ne se décidèrent qu'à regret à l'abandonner ; mais l'ordre du roi était formel. Ne pouvant Vamendcr, la plupart vendirent leurs forteresses aux seigneurs du voisinage, « et en reçurent

Page 1