‹ Histoire générale de la Champagne et de la Brie depuis les temps les plus reculés jusqu'à la division de la province en départementsChapitre 115 sur 232 · LE DAUPHIN EPOUSE MARIE- ANTOINETTE · texte numérisé non relu

LE DAUPHIN EPOUSE MARIE- ANTOINETTE

partout les noms et le signalement de 200 filous organisés pour exercer leur brigandage sur le passage de la Dauphine ' , et il avait pris soin de faire préparer en tous lieux à la princesse un accueil qui répondit aux sentiments de la nation. Mais c'était surtout à Chàlons qu'il avait réuni tout ce que l'élégance, la galanterie et la magnificence pouvaient lui offrir de plus délicieux et de plus charmant. Marie-Antoinette y arrivait à 6 heures du soir, après avoir diné à Vitry, où le P. Fruissart, recteur du collège, l'avait complimentée^, et elle y faisait son entrée aux acclamations enthousiastes du peuple par un arc-de-triomphe que la ville venait de reconstruire sous le nom de Porte-Dcmphine. Après les présentations qui se firent à l'intendance, et où six jeunes filles vêtues de blanc, que le conseil avait dotées à cette occasion, lui offrirent des fleurs avec des vers ^ , les plaisirs se succédèrent pour madame la Dauphine : spectacle donné dans une des salles de Thôtel, et à l'agrément duquel concoururent avec les comédiens du roi huit musiciens envoyés de Reims, dès le 5 mai, par le conseil de cette ville ; feu d'artifice d'une variété et d'un éclat tout à fait féeriques ; illumination « des deux clochers de la cathédrale » et de la ville entière, pour laquelle on avait emprunté, le 30 avril, à Reims, trois mille lampions. Le souper ne fut servi qu'après le feu d'artifice ; mille feux resplendissaient dans les jardins de l'intendance, où l'on faisait courir sur des roulettes des chevaux d'artifice qui jetaient feux et flammes et faisaient grand'peur « à tous ceux dont ils approchaient,

de TEtapc, des Trésoriers et de Saint-Jacques. Ou visitera le pont et la porte de Saint-Jacques pour s'assurer de leur solidité. 1 Ardi. départ. : L'Intendance, G 213 (Portefeuille). - 7c/., D 240, 1° 40.

■^ La dot fut pour chacune de 200 liv., accompagnées d'un trousseau de 100 liv. Voici le compliment qu'elles adressèrent à la Dauphine : Princesse, dont l'esprit, les grâces, les appas

Viennent cudjellir nos climats.

En ce jour glorieux quoi bonheiu- est le nôtre ! Nous devons notre hymen à la splendeur du vôtre. Le ciel fait à l'Etat deux faveurs à la fols Dans cette auguste et ponq)euse alliance : Nous donnerons des sujets à la France, Et vous lui donnerez des rois.

340 LA PHOVINCI': DK (:1IAMPAGNF{. 1770.

« surtout pour les cornettes et les perruques, ce qui a Tort « diverti ».

Le lendemain, à 1) heures du malin, madame lalJauphine quittait Chàlons pour continuer sa roule, emportant, avec deux peintures de la porte Dauphine, le souvenir des éclatants témoignages d'amour qu'elle avait reçus, et laissant dans tous les cœurs une vive impression de joie et d'admiration. M. Houille d'Orfeuil eut l'honneur de l'accompagner jusqu'à Reims, où elle dina apn'-s avoir été visiter la Sainle-Ampoule et entendre la messe à Notre-Dame, et de là jusqu'à Fismes, où elle devait coucher pour entrer ensuite dans la généralité de Soissons ^ .

Ce furent les dernières fêtes que Chàlons fut appelé à donner à la famille royale ; pouvaient-elles être trop brillantes, alors qu'il s'agissait de célébrer « un auguste hyménéc qui assurait la félicité « de nos arrière-neveux - » ?

^ Lettre écrite de Châlons-sur-Marne sur le passage de madame la Dauphine et les fêtes qui ont été données à cette princesse par M. Rouillé d'Orfeuil, Intendant de la province de Champagne, le 11 mai 1770. Recueil Arnould. — Carnandet. — Correspondance de M. Morel, lettres des 12 et lo mai.

^ Concl. du conseil de Chàlons, o avril 17G9.

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