CASERNEMENT DES TROUPES
puissante, on même temps qu'elle autorisera quelques ouvriers en bâtiments à organiser un corps de pompiers, dont l'horloger Mugnerot fut le premier capitaine. Il était également question à Vitry, en 1776, de former une com'pagnie de pompiers, à Vexemple de celle qu'avait organisée Châlons, à la suite de l'incendie de 1769 ' ; mais le projet ne reçut point d'exécution. De son côté, le vénérable M. de Juigné, évèque de Châlons, ému surtout de l'infortune des victimes de tant d'incendies qui désolaient son diocèse, prenait, le 14 septembre 1774, le parti d'établir, comme dans les diocèses de Langres et de Troyes, une caisse de secours pour les incendies, entretenue par des quêtes : il en sera fait deux chaque année, dit le règlement de l'œuvre, l'une vers Pâques, l'autre en novembre. Les sommes recueillies seront remises à un bureau chargé de l'administration des fonds et de la distribution des secours - . Cinq ans plus tard (1779), l'archevêque de Reims, M. de Talleyrand-Périgord, publiait pour son diocèse un règlemeut pour les quêtes générales en faveur des incendiés, et fondait une caisse dont les libéralités privées portaient bientôt le revenu annuel à 35,000 livres ^ .
En ce qui touche le logement des troupes, il ne se fit rien de sérieux ni d'important avant le règne de Louis XVI. La ville de
la commune de Cheppes en roriit une de L. Vallal, à (jui sa lilièralité valut l'exemption de taille et de corvée (1785).
' Et sans doute en conséquence du projet de formation d'un corps de poujpiers présenté à l'intendant le 11 mars 1774. Ce corps devait comprendre 114 hommes, ayant unil'orme vert, cl posséder 9 pompes, 14 éclirlles, t\ crocs, 1,800 seaux fournis et entretenus à la fois par la ville rintcndance, le cha[)ilre de l'évêcbé, le séminaire ou l'abljaye de Toussaint, et Saint-Pierre.
L'auteur du projet, Pelelier l'nîné, à Ciiàlons, demandait la siip{)rossion des couvertures en ciminuc dans les lociililés de la i;'rnéralité incendiées depuis 60 ans, et dont il cite les noms. \\ . liccneil Arnonld.)
- Concl. des conseils de ville deCliàlons cl de Vitry. — Recueil Arnould, t. Il, où se voit le Rè(jJement de M. de Juigné.
' .ladai't. Les Ti'iKfifiotis de churitè ihois le Uelliéhiis, p. .').*» cl s(|. On pi'iil vdir par le rapprnclK'inrtil drs dates (pic M. de Talleyrand ne l'ut |)as le /j)-eiincr à réi^ulaiiser li-s aumônes et les ipièles en faveur des incendiés.
M") LA PllOVlNCK l)K CHAMPAGMî.
Provins seule construisit, en 1773, une caserne. Partout cependant on en demandait, et l'ordonnance du 25 octobre 1710 avait donnr salisl'aclion au vœu public, en décidant que des maisons seraient louées par les villes pour y loger les troupes, en attendant qu'on pût construire des casernes au moyen de contributions spéciales levées sur les vingt gén«''ralit('s du royaume. Une ordonnance de 1719 fixa même le nombre et les devis de ces casernes. Il devait, par exemple, en être élevé- trois à Troyes, et une dans chacune des localités suivantes : Nogenl-sur-Seine, Plancy, Méry, Yillemaur, Bar-sur-Aube et Arcis. Mais rien ne se fit : les villes étaient trop surchargées pour entreprendre de tels travaux' . Elles achèteront ou loueront d'abord des maisons pour le logement des recrues, ou des écuries pour les chevaux des troupes de passage. A Pieims, où leur établissement remonte, ainsi que nous l'avons vu, aux dernières années du XVII'' siècle, la dépense de ces casernes « consiste à deux « sols six deniers par tète pour le logement du soldat de recrues « et aux frais du bâtiment et de l'ustensile ». C'est une institution approuvée de tous les bourgeois, qui, « depuis ce temps, ne logent « presque que dans les passages des troupes en corps. Feu M. Le « Tellier y a tellement applaudi, qu'il déclara à son clergé qu'il « é-tait juste que toutes les sœurs, nièces ou parentes des ecclésias- « tiques résidentes avec eux y contribuassent ^ . »
A Châlons, les veuves et les filles étaient d'abord tenues de loger les gens de guerre ; mais, en 1722, elles demandèrent au conseil de ville et obtinrent (3 mars) d'être exemptées de cette obligation, sauf à contribuer aux dépenses qu'imposait à la ville l'entretien des casernes 3, Châlons logeait d'ailleurs, au nombre de plus de 50, les
' Boutiot, t. IV, p. o70.— Châlons reçut, le lo novembre, une lettre de M. de Puységur, ministre de la guerre, du 18 octobre précédent, relative à V établissement des casernes, avec le plan de celles qui devaient être faites. Mais il était déjà question, le 27 octobre, du rétablissement du palais épiscopal [Registre des Conclusions) . — Les archives de l'Aube possèdent un pian de la caserne de maréchaussée à construire à Bar-sur- Aube (1777) : elle devait se composer, au rez-de-chaussée, de ^ chambres de cavaliers, d'une écurie pour sept chevaux, d'une prison, d'une cliuiiibre à (our (C 3o0), Le plan du premier étage manque.
2 Arch. légisL, Statuts, t. ili. p. 162.
3 Registre des Conclusions .