‹ Histoire générale de la Champagne et de la Brie depuis les temps les plus reculés jusqu'à la division de la province en départementsChapitre 124 sur 232 · LES ARQUEBUSIERS · texte numérisé non relu

LES ARQUEBUSIERS

fièrement sans lui à \e\\v jarclm. Plainte est portée par le conseil de ville à M. le duc de Bourbon, gouverneur de la Champagne, et le commandant de la compagnie reçoit l'ordre d'aller avec quatre chevaliers présenter des excuses au maire en son hôtel privé : le tir pourra d'ailleurs être annulé, s'il plait à ce magistrat. Mais le inaire était généreux : on échangea des protestations d'amitié, et des repas les ratifièrent.

Le maire de Chaumont était d'autre trempe, et, en vieil officier de l'armée, administrait cavalièrement la ville. Mécontent de l'esprit d'indiscipline et d'insubordination qui se glissait dans les rangs de la compagnie des. arquebusiers, il avait fait supprimer celle-ci par le conseil et fermer son hôtel. La compagnie, peu disposée à la résignation, en appela au gouverneur de la province, et le prince prescrivit de biffer la délibération au registre de la commune (1788) ' .

Ainsi le gouverneur apparaît comme le grand maître et le grand justicier de l'Arquebuse. Aucun détail de l'organisation militaire des chevaliers ne lui demeure étranger. Le 3 mars 1721, ceux de Chàlons présentaient au conseil de ville un drapeau pour être bénit. Le conseil décide qu'il leur en sera donné un neuf, et qu'on y représentera les armoiries du roi avec les autres armoiries et ornements qui décorenf celui dont on se sert actuellement. Avis en est donné à Mgr le prince de Rohan, qui interdit aux chevaliers de mettre sur leur drapeau d'autres armoiries que celles du l'oi. Le conseil, saisi de l'opposition du f^ouverneur (l'^'' juillet), lui soumet ses observations, et, le 15 juillet, le prince fait savoir qu'il entendait que le drapeau serait semblable aux précédents-. C'était un drapeau blanc, comme la plupart de ceux des compagnies champenoises, comme ceux des compagnies de Reims et de Troycs^; il était semé de fleurs de lys d'or, tandis que celui des arquebusiers rémois avait

1 Hist. de Sainte-Menehoulcl, p. 474 et s([. — Ilist. de Chaumont, p. 2o9.

- V. Conclusions dn conseil de ville au 2.') juillel, el aux deux autres dates (hi 1"" juillet el du ,'{ mars.

•* Des 49 conipag-uies (jui prirent part au tir i^éiioral de l'ar([nehiise à Cliâloiis en 17o4, 11 seulement avaient des drapeaux de eouleurs unies ou variées ; ceux des autres étaient blancs. [liccucil Amoiild, I. H.)

368 I.A PHOVINCE \)K CIlAMI'AdXI-:.

los armes do Franco an iiiilicii, (.'olni des Tioyons los armos do la ville.

Los arislocratiqiies compagnies de rjiniiiehiise conliiinaienl de se dispuler le prix de riiahileh' dans les r<''iinions fi;:én«''raIos auxquolles los conviaient tour à lonr los villes qui avaient sollioilé et obtenu la laveur de rendre le bouquet on gage W armes. Elles étaient toujours soutenues par la libéralité des conseils municipaux dans les dépenses de déplacement ou do réception que ces réunions leur imposaient. Des tirs généraux ouveits à Meaux (17 juin 1717-1778), à Provins (1724), à Troyos (1727), à Châlons (17o4), le premier et le dernier sont ceux qui ont eu le plus de retentissement. Meaux n'avait rien négligé pour attirer dans ses murs le plus grand nombre possible de chevaliers, et 83 compagnies dos provinces d'Ile-de- France, Champagne et Picardie, répondant à ses emphatiques invitations, lui avaient envoyé 591 tireurs. Les prix étaient au nombre do 80 ayant une valeur totale de dix mille livres, y compris une belle montre estimée 5,000 livres, don du prince de Rohan- Soubise, gouverneur de Champagne et Brio, qui vint faire l'ouverture du tir.

Mais diverses circonstances concoururent à donner à la réunion de Châlons un lustre particulier. Le roi de Pologne, traversant Châlons, devait passer à Sarry la nuit du 10 au 11 septembre, et les arquebusiers avaient supplié l'évêque d'exprimer à S. M. le. vœu qu'Elle daignât mettre pied à terre au Jard pour y tirer le coup du roi. Tout ce que put leur accorder Stanislas, ce fut d'y passer en revue toutes los compagnies de l'Arquebuse, et vraiment ce fut un beau spectacle, dont il se montra satisfait, que celui qu'elles lui offrirent avec leurs drapeaux de couleurs variées, et leurs costumes plus riches et plus éclatants les uns que les autres*. Quelques heures après, le son joyeux des cloches appelait les chevaliers à la cérémonie religieuse qui allait inaugurer les fêtes du

^ Celui de la compagnie de Châlons se composait d'un habit bleu à parements rouges, d'une veste écarlate à boutonnières et galons d'argent et d'un chapeau bordé en argent. — La compagnie de Reims portait un chapeau bordé d'or. — Celle de Troyos, un habit rouge à boutons d'or, une veste blanche également à boutons d'or et un chapeau bordé d'or avec plumet blanc.

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