‹ Histoire générale de la Champagne et de la Brie depuis les temps les plus reculés jusqu'à la division de la province en départementsChapitre 126 sur 232 · ECOLES MILITAIRES DE LA NOBLESSE · texte numérisé non relu

ECOLES MILITAIRES DE LA NOBLESSE

eux l'équivalent de la croix de Saint-Louis pour les officiers catholiques, et de celle du Mérite militaire pour les officiers étrangers protestants.

On avait, d'autre part, créé pour le Génie une école, qui avait été établie à Mézières(i748), et d'Argenson (1743-1747) avait pourvu à l'éducation militaire des jeunes nobles, en fondant à Paris une école militaire destinée à former des officiers instruits et disciplinés (janvier 1751). Pour arriver à triompher sur ce dernier point de l'apathie du roi, il n'avait pas fallu moins que la persévérance du ministre, alliée au crédit de Paris-Duverney, l'inspirateur du projet, et à la faveur de Mme de Pompadour, qui en avait pris à cœur l'exécution. Mais l'institution devait être modifiée après Louis XV.

On n'entrait à l'école militaire qu'à la condition de faire preuve de pauvreté et de quatre quartiers de noblesse ; on en sortait avec le grade de sous-lieutenant. Louis XAl, « voulant améliorer et sim- « plifier l'éducation qu'on y donnait, en même temps que la mettre « à la portée de la jeune noblesse pauvre de son royaume », crut devoir (28 mars 1776) répartir les 600 élèves que comptait l'école dans dix maisons de province ^ « tenues par des ordres religieux ou « des congrégations ecclésiastiques ». De ces dix maisons, qui devaient à l'avenir porter inscrit sur leur porle principale le nom (!^ Ecole royale militaire, deux appartenaient à la Champagne : c'étaient, au diocèse de Troyes, le collège de Brienne, administré par des Minimes, et dans le diocèse de Meaux, celui de Rebais, dirigé par des Bénédictins. On y était admis de huit ans à treize ans (titre II, art. 2). L'P^tat payait pour chaque élève une pension de 700 livres, « moyennant lesquelles les supérieurs se chargeaient « de loger les élèves, chacun dans une chanibre st'parée, de les « nourrir, de les habiller d'un habit uniforme,... de leur enseigner « et faire enseigner l'écriture, les langues franeaise, latine et alle- « mande, l'histoire, la géographie, les mathématiques, le dessin, « la danse, la musique, l'escrime en fait d'armes ; de les entretenir « sains et malades (titre 1, art. 0),... et de leur donner pour hnirs « menus plaisirs vingt sous par mois jusqu'à douze ans, et ipia-

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« ranic sous à partir do cet âge » (art. 7). L'éducation terminée, les éirvos (levaient subir un concours pour rire placés dans les régiments en qualité de cadets gcrdilsliomvtcfi, cl ce concours avait lieu « dans le collège de Brienne en Champagne, qui se trouve le plus w au centre du royaume » (titre IV, art. 1). Ceux qui échouaient au premier examen devaient en subir un second Tannée suivante, et s'ils n'étaient point du collège de Brienne, ils y restaient jusqu'au nouveau concours (art. 22). Cette disposition faisait de l'école de Brienne un établissement plus considérable et plus important qu'aucun des neuf autres ' . D'un autre côté, les élèves les plus avancés dans les mathématiques et le dessin devaient être envoyés à l'école du génie dc^ Mézières- ou à celle d'artillerie de la Fère (art. i;3).

Cependant, le 18 octobre 1777, S. M. créait et établissait dans l'hôtel de rancienne Ecole royale militaire de Paris une conipagnie de cadets genlilshommcs, où l'on enirail de 14 à 1() ans, et dont on sortait comme officier, après avoir étudié « uniquement les langues « vivantes, l'histoire et la géographie, les mathématiques, les forti- « fications et le dessin, la danse, l'escrime et l'équitation » 3. On sait que, nommé, en 1777, « élève du roi à l'école de Brienne », où il ne devait entrer que le 23 avril 1779 * , Napoléon Bonaparte, après y avoir passé quatre années^'' , mérita par ses succès en mathématiques d'être admis, le l'*'" septembre 1784, à l'école de Paris et au nombre des élèves entretenus par l'Etat.

^ Recueil des anciennes lois françaises.^ t. XXllI, p . 605.

2 Cette école fat transférée à Metz en 179i.

5 Recueil des anciennes lois françoÀses, t. XXV, p. 143. — Les élèves ordinaires payaient une pension de 2,000 livres ; ceux qui dans les écoles de province s'étaient signalés par leurs mérites étaient entretenus aux frais de l'Etat. Cette création n'eut qu'une durée de dix années, après lesquelles (1787) les élèves de l'Ecole royale militaire furent répartis dans les collèges de province.

^ Né le 15 août 1769, il n'avait pas encore dix ans.

^ 11 y eut pour professeur un des Minimes du couvent de l'Epijie, le P. Berton, qui, ayant échoué dans la mission qu'il avait reçue de traiter avec la ville de Sainte-Menchould de la direction de son collège, était passé à l'école de Brienne. A l'époque de sa toute puissance, Napoléon le nomma proviseur du lycée de Ileiins.

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