‹ Histoire générale de la Champagne et de la Brie depuis les temps les plus reculés jusqu'à la division de la province en départementsChapitre 134 sur 232 · INDUSTRIE AGRICOLE · texte numérisé non relu

INDUSTRIE AGRICOLE

Pour lier et autres royes d'été, aux femmes et aux enfants, avec la miche 10 sous .

Les ouvriers ne feront, depuis la Saint-Martin jusqu'à la Saint- Vincent, qu'un repas d'une heure ;

De la Saint-Vincent à Notre-Dame-de-Mars, ils feront deux repas d'une heure chacun ;

De la Notre-Dame à la vendange, trois repas d'une heure chacun.

La journée de travail durera, toute l'année, du lever au coucher du soleil.

Point d"eau-de-vie ni autre chose qui puisse enchérir les journées'.

Sans avoir pour le commerce du vin de Champagne le même intérêt qu'aujourd'hui, l'industrie de la verrerie mérite une mention. Les plus importantes verreries étaient établies à Bligny (Aube) et à Couru, au Four-de-Paris, dans les environs de Sainte-Menehould. Un riche marchand et propriétaire de cette ville en avait construit une en 1723, à l'extrémité du faubourg de Verrières ; mais la revendication par un autre marchand de la propriété du teirain qu'il avait choisi, l'opposition des verriers du Clermontoiset l'appui donné à leurs réclamations par le prince de Coudé en sa qualité de seigneur du comté de Clermont, le contraignirent de fermer ses fours (arrêt du 15 mai 1724). — La verrerie fondc'-e par Louvois à Montmirail avait disparu en 1721, «vu l'extièmc diflicullé des che- « mins ». Revit-elle le jour en 17(51, ainsi que le demandaient MM. Guillebon ? Il ne le paraît pas - ,

L'intendant, qui encourageait toutes les entreprises industrielles, ne pouvait refuser sa protection à une industrie qui iuqjoric essentiellement à la prospérité nationale. Aussi bien avons-nous vu éclater en plus d'une circonstance sa sollicitude pour l'(i(jricul(tt)\' et les agriculteurs ; mais elle devait se manifester encore par plus d'une entreprise et d'une inslilulion.

' llist. d'Epenuni, (. 1'"'', [>. iM.").

2 Arch.de la Marne, C iiSii.— Arc/i. de rAi'.lje,C 400, 'i07. Le proiliiit ^'o la verrerie de Bligny étail évalué à l.<S()() livres; l'iinliisliie des dix verriers qu'elle employait, à 80 livres.

414 LA PROVlNr.K DR PII AMPAIINK.

Sur une siiporl'icif totale de 4,i;U),l>ir) ai pfiils (incsiirc (Je Paris), laCliainpaj^iK! coin|)lait, en 1787, avec 2,8'J(),8ii8 arpents de terres labourables, 275,703 arpents de marais ou de terres restant absolument incultes. On s'occupe de réduire la quantité des terres incultes, soit par le dessèchement des marais ' , soil par la création de ces irrairics arlificielles' « qui constituent [)eut-être, dit M. d'Arbois « de Jubainville, le plus grand des progrès laits par l'agriculture « en Champagne depuis un siècle^», (juant aux terres labourables, on constate qu'elles rendaient à peine trois pour un de produit net en Ironient, en orge ou en sarrazin ; qu'elles rapportaient, deux et demi |)Our un en avoine et un peu plus de deux pour un en seigle. Aussi c'est avec douleur, disent les procureurs-syndics à l'As- « semblée provinciale, qu'on voit le malheureux recueillir de si « faibles dédommagements du fruit de ses sueurs et de ses trace vaux », alors que la généralité est excédée d'impôts, puisque, tout en ayant 600,000 âmes de moins que celle de Bordeaux, elle supporte pour le faix de la gabelle et des aides, une augmentation de charges de 7,000,000 de livres; puisque, d'autre part, tout en n'étant que d'un cinquième plus considérable en population que la Franche-Comté, elle paie au moins six cinquièmes de plus. Il y avait là assurément de quoi émouvoir le cœur du roi et appeler en particulier sur les laboureurs les sympathies de l'administration, surtout si l'on considérait que l'impôt non-seulement absorbait, en 1787, le revenu de toutes les propriétés, mais en excédait le produit, estimé 19,000,000, d'une somme de 2,504, 75(î livres, non compris les octrois des villes et les contributions du clergé. L'agriculture, qui, en 1774, présentait 120,717 chevaux, 248,163 bêtes à cornes, et 712,758 bêtes à laine, avait d'ailleurs été cruellement

1 MM. Boucher, maîlre des requêtes, et Lheureux ont l'entreprise de celui des marais de Saint-Gond (173!2. Arch. de la Marne, C 476}. — M™*^ de Morviile fait procéder à celui des marais de Crency (1758), qui est poussé jusque près du Pont-Huhert. — M. Musson dessèche ceux de Montangon. Vers 1780, on entreprend de dessécher les marais de Montier-la-Celle, et cette opération amène la création d'un nouveau canal dit la Nouvelle- V^ienne ou canal Berthelin, en souvenir du maire alors en exercice {Hist. de Troyes, t. IV, p. 5137).

- Arch. de l'Aube, G 1176.

3 Administration des intendants.

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