INDUSTRIE AGRICOLE
(•prouvée par le rigoureux hiver de 1784 et la disetie de fourrages de 1783 ; car elle avait perdu « dans les 2,225 communautés dont la « province de Champagne est composée », 15,880 chevaux, 16,845 bêtes à cornes et 209,898 bêtes à laine, et un grand nombre de paroisses n'avaient pu fournir l'état de leurs pertes, « qui peuvent « être évaluées par approximation, dit l'Intendant, à un 8*^ en sus « des quantités cy dessus dénoncées ».
En cet état de choses, nous voyons l'intendant provoquer, en 1769, un édit (mars) qui, pour protéger les terres de la Champagne contre les inconvénients du droit de parcours, abolit ce droit et autorise tous propriétaires, cultivateurs et autres sujets de la province à clore de fossés, haies vives ou sèches ou de toute autre manière les terres qui leur appartiennent ou qu'ils cultivent. Sa Majesté espère faire disparaître ainsi « le plus grand obstacle à « l'amélioration des terres, à l'établissement des haras, à la mul- « tiplication des bestiaux..., et ouvrir de nouvelles sources de « richesses » aux populations'. L'intendant accueille en même temps avec intérêt les soumissions qui lui sont présentées pour l'achat de taureaux et de génisses de race suisse, de béliers dcM'ace espagnole- . Il envoie tantôt aux curés, tantôt aux agriculteurs des graines de plantes fourragères, telles que betterave, turneps ou gros navet ^, dont on doit faire l'essai et enrichir l'industrie agricole. Une pépinière royale établie à Troyes ne fournit pas seulement des arbres aux routes, mais encore aux particuliers qui en font la demande. Trois essences y sont cultivées, le noyer, le frêne et l'orme; la première y compte, vers le milieu du siècle, 18,040 sujets ; la seconde, 4,000 ; la troisième, 9,200. Le noyer, comme on le voit, est l'arbre préféré : l'intendant en recommande la propagation'* . Cette pépinière n'est du reste pas la seule qui existe en
' Recueil des anciennes Lois françaises, 1. XXII, [t. 480.
■^ Arch. de VAube, C 298. — Il fut aciietè, en 1788, on Espayno, par les soins (le la Conimission internu'iliaire nn lioupeaii de 2.") ix'liers el Hl brebis, dont Taelial et l'envoi coùl('renl 11.488 léanx et 12 niaravédis. Ces aniniaux riiiciil répartis entre les princi|>aux ctillivali'iirs de la Cliaiiipagne. (Arch. dcfart.,C 2878).
3 Id., C 1176.
'• /(/., C 10117 el 1842.
41(3 i.A l'i'.ovi.N'ci'; \)i: (:iia.mi'.\(;m;.
Chainpa^MU". l*ar airvls du conseil, icndus les II) juin IT'i't, 17 sfp- Iriiil)!»' i7()^('l i?7 juin I7(»S. il en a ('-h' ('•l;il»li pour- les roules de la piinince (huis les \illcs de (lliàlons, Liui^res, iiethel, Rieux et Joinvillc, et les derniers baux passés en 1780 [)ar l'Inleiidant, [)Our \]\\c [)ériodc de dix années, avec les jardiniers de ces pépinières, fixent à la l'ois à 6 sous le prix de chaque arbre à livrer, et à 50,000 le nombre de ceux que devra fournir, pendant les dix années, la pépinière de Chàlons' ; à 40,000 celle de Troyes ; à 00,000 celle de Langres; à 40,000 celle de Rethel : à 20,000 celle de Joinville, et à 50,000 celle de Rieux.
Le développement el ramélioralion de la i-ace chevaline sollieilent tout particulièrement l'attenlion de rautorih'. 1! y a dans la (^liam- |)agne, en 1787, quatre cents gai'de-(''lalons, six garde-haras et deux inspecteurs'. L'intendant Le Pelelier ne dissimule pas que « le peu de prairies qui se trouvent dans la province ne sont pas c( favorables aux haras en général ; que l'élection de Joinville pource rait seule les faire prospérer ^ )). Néanmoins, il ne néglige rien pour doter sa généralité d'étalons de choix : « J'ai pris le party, « écrit-il à M. de Maurepas, de les faire venir d'Allemagne, et je « suis certain qu'ils en sont tous. Ils sont d'ailleurs très beaux. « Plusieurs des derniers qui m'ont été fournys pourraient être « vendus 50 et 00 pistolcs '• . )> « L'intention du roi, écrit à son tour c( Rouillé à ses subdélégués, est de s'assurer d'un fonds de chevaux « de trait destinés à former au besoin les équipages des vivres et « de l'artillerie. » Et il ajoute que, dans l'intérêt de l'agriculture, « Sa Majesté s'est déterminée à faire répartir un certain nombre de « ces chevaux chez les cultivateurs qui voudront s'en charger pour « les employer,.... sous la seule condition d'en tenir un pareil « nombre, d'âge et de taille convenables, à la disposition de Sa « Majesté ^ ».
^ Elle était située sur le territoire de Saint-Menimie et possédait, en 1788, 86,035 pieds d'arbres {Arch. départ., G 2875).
'^ Rapport à l'Asseinl^lée provinciale. — Chaque garde a un étalon sous sa garde, pour lequel il consigne une somme plus ou moins forte de GOO à 1,200 livres.
^ Arch. de la Marne, G 476.
* Id., G 438.
s 7fZ.,C 438.