‹ Histoire générale de la Champagne et de la Brie depuis les temps les plus reculés jusqu'à la division de la province en départementsChapitre 143 sur 232 · L'UNIVERSITE DE REIMS · texte numérisé non relu

L'UNIVERSITE DE REIMS

fussent tenus d'apprendre le latin (1743). De telles innovations ne furent pas sans émouvoir les médecins de l'Université de Paris ; mais un édit de 1750 fixa les prétentions respectives des chirurgiens et des médecins, et il fut ordonné qu'il y aurait à Sainte-Cosme une école d'anatomie, dépendante du roi ; les cours devaient avoir une durée de trois ans.

D'autre part, les chaires d'Hébreu et de Chaldéen, d'Ecriture Sainte, disparurent, faute de fonds, dans la seconde moitié du XVm« siècle.

Mais la Faculté des Arts fut par compensation libéralement dotée. Depuis 1661, la ville lui donnait une somme annuelle de 1,500 livres pour l'entretien et la nourriture des professeurs du collège. Chaque année également, elle fournissait 400 liv. pour les prix. Jaloux d'exciter chez les élèves une salutaire émulation, le grand pénitencier eTt recteur de l'Université, Nicolas Frémin, de Montchéri, par actes notariés des 30 janvier et 16 novembre 173.^, vint encore instituer des prix annuels et triennaux pour 1400 livres. L'établissement jouissait, à la mort de Le Tellier, d'un revenu de 32,000 livres. Il ne lui manquait qu'une bibliothèque ; car, plus de 50 ans après, s'il faut en croire un Mémoire historique du séjour des Jésuites à Reiins^ , il ne possédait pas plus de 125 volumes. Aussi les Jésuites partis (1762), l'auteur du mémoire réclame-t-il pour l'Université leur bibliothèque, qui contenait un nombre considérable d'ouvrages, et dont les boiseries faisaient l'admiration des connaisseurs.

Les Jésuites n'eurent point de successeurs ; leur collège de Saint- Maurice avait été trop préjudiciable à celui des Bons-Enfants pour que l'Université souffrit une nouvelle concurrence. Un arrêt du Parlement, en date du 25 jauvi.er 1766, le réunit au survivant, et, le 8 mars suivant, un arrêt royal ordoniiait la vente des biens des Pères : les bâtiments se Irouvèrent ainsi transformés en hôpital et en boucherie. En ces jours-là l'ombre d'Oudart Goquault dut tressaillir d'allégresse.

Cependant les bâtiments du collège des Bons-Enfants menaçaient ruine. Mgr de La Hoche-Aymon, voulant en construire un autre dans la rue du Baruàtre, en fil creuser les fondements, et Louis XVi,

^ Bihl. de Reims, liasse 15 des Jésuites.

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venu à Reims pour la cérémonie de son sacre, en posa, le l'.i juin 1775, la première j)ierre : ce qui l'ut pour les dames de la Congrégation l'occasion de voir h; nouveau souverain « par les fenêtres « qui donnent sur la rue' ». Mais la mort du pridat ;1777) vint tout suspendre.

Pai'lout ailleurs les Jésuites furent remplacés dans les maisons qu'ils étaient contraints d'abandonner. A Charleville et à Sedan ils le furent par des prêtres séculiers, qui entrèrent naturellement en jouissance des biens des religieux auxquels ils succédaient. Ces maisons étaient d'abord de plein exercice : celle de Charleville avait même deux professeurs de philosophie ; mais le petit nombre des auditeurs contraignit de supprimer en 1776 une des deux chaires ; Sedan, cinq ans auparavant (1771), avait perdu la sienne faute d'élèves. Toutefois les deux collèges conservèrent jusqu'à la fin une certaine prospérité ; ils avaient alors, le premier, 13^ élèves, dont 23 pensionnaires ; le second, IGO, dont 20 internes.

Langres remit également à des prêtres séculiers les destinées de son collège ; consumée en 1744 par un incendie, cette maison venait d'être reconstruite sous l'habile direction du P. Mengrin, telle qu'on la voit aujourd'hui. Elle comptait 200 élèves.

Des prêtres séculiers remplacèrent aussi les Jésuites au collège de Ghaumont ; mais, sous l'influence épiscopale, un traité conclu en 1775 avec les Doctrinaires le fit passer aux mains de cette congrégation - .

A Sens, une convention faite, le 18 avril 1762, avec le recteur de l'Université de Paris, disposait que les régents seraient toujours séculiers. Mais les lettres-patentes qui, le 19 juillet suivant, confirmèrent la ville dans la possession du collège, disent que les titulaires pourront être ecclésiastiques ou séculiers, et cet état mixte a duré jusqu'à la Révolution.

Ce fut aussi celui du collège de Chàlons, confié, dès le 1'"' avril 1762^, à des séculiers prêtres et laïques. La population scolaire de

' Ilist. du mo)iastère [man.].

' Le traitù est du mois de juillet ; la prise de possession eut lieu en ocloljrc.

3 L'arrêt du Parlement envoyant le collège en possession des bâtiments et biens de l'ancien collège des Jésuites est du 26 mars 1768.

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