‹ Histoire générale de la Champagne et de la Brie depuis les temps les plus reculés jusqu'à la division de la province en départementsChapitre 145 sur 232 · LES PETITES ECOLES · texte numérisé non relu

LES PETITES ECOLES

si heiiroLisement travaillé à la propagation des écoles, ne ralentit pas son zèle, au XVIII% en face de l'indifférence de la royauté et de l'hostilité des philosophes'. Aussi bien l'œuvre de La Salle, après avoir eu l'approbation des évèques, fut-elle honorée, le 7 février 17;24, de la sanction de la papauté, et des lettres-patentes de septembre suivant reçurent-elles la bulle de Benoit XIll. La faveur ne pouvait manquer dès lors de s'attacher à l'Institut des frères. M. de Bissy les établit à Meaux le 7 mars 1729 ; Mézières en reçoit trois en 1732 ; Charleville les accueille en décembre 1703, Sainte-Menchould en 17G7 ; Sedan avait, en 1776, trois écoles tenues par ces religieux. Les libéralités de trois chanoines de Saint-Mammès les introduisent à Langres en 1787. A Beims, leur extension rencontre des obstacles : ils sont un moment obligés de supprimer leur 3^ classe, et même de ne tenir plus que deux écoles ; mais, en 1777, des lettrespatentes, enregistrées, le 26 mai 1778, ayant été accordées pour les écoles de tout le ressort du Parlement de Paris, bientôt une fondation particulière (1782) multiplie celles de Beims : en 1789, cette ville possédait cinq écoles et un pensionnat tenus par les frères. Ce fut tout le contraire à Troyes : après y avoir eu six écoles qui recevaient sept cents enfants (1770), ils n'en possédaient plus que quatre, neuf ans après, et en 1789 ils étaient réduits à trois ; les encouragements ne leur manquaient cependant pas, non plus que les subventions de la municipalité ; un vénérable chanoine de Saint-Pierre leur constitue même une rente, « persuadé que l'ignorance et l'oisi- « veté sont la source des vices, et que toute bonne administration « doit chercher à les tarir '^»

L'instruction des filles n'est pas plus négligée que celle des garçons : sans rappeler les anciens établissements ^ , de généreuses

^ « Le Inoii de la société », dit f^a Ciialolais dans son Plan d'études pour la jeunesse, « demande qne les connaissances du peuple ne s'étendent pas « plus loni que ses occupations. » Et Voltaire lui répondait : « Je vous « remercie de proscrire l'étude chez les laboureurs... Envoyez-moi sur- « tout des frères igiioranlius pour couduin^ mes charrues et pour les alle- « teler », etc., etc.

2 Boutiol, t. IV, p. îiS'.i. — A (pielle cause rapporter la décadence de l'œuvre des frères? La population Iroyenue aurait-elle vu eu eux, connue La Clialolais (ii)id.), « les rivaux et les successeurs des Jésuites»?

•^ Nous voyons dans les annales de la Congrégalion de ileims ([ue la

m) LA l'KOVINŒ 1)1-: CIlAMPAdNK.

londations la dévclopix-iit en <lolaiit d'rcolos (\v nombreuses localilés. Grâce à ces londalions, les sœurs du Sainl-l^nfanl-Jésus s'établissent à Rocroy (1717), à Cormicy (1719), à Suippes (1720), à lîraux (1720), à Mareuil (1750), à (îrandpré (1774) ; les sœurs de Saint-Charles de Nancy, à Saintc-Menehould (20 juillet 1731) ; les filles séculières de la Providence, à Rumigny (1742), à Signy-le- Petit (1704), à Avenay (1788) ; les sœurs de Sainl-Vincent-de-Paul, à Thugny (1740), etc.

Les curés, de leur côté, pourvoient dans les communes rurales à l'instruction des enfants, et il n'en est presque pas une où celle-ci ne soit assurée. Ainsi, dans le diocèse de Chàlons, les procès-verbaux des visites épiscopales établissent, par exemple, qu'en 1717, sur 37 paroisses le doyenné de Bussy-le-Chàteau a 32 maîtres d'école; qu'en 1730, sur 32 paroisses, le doyenné de Sainte-Menehould a 33 maîtres d'école ; qu'en 1747 celui de Chàlons en a 38 pour 40 paroisses ; celui de Coole, 2o pour 20 paroisses ; qu'en 1748, celui de Possesse a 30 paroisses et autant de maîtres d'écoles ; qu'en 1751, celui de Joinville a 07 paroisses et 09 maîtres d'écoles, et en général que les enfants des paroisses sans écoles reçoivent l'instruction dans les villes ou les villages voisins: de sorte que, avant 1789, sur 397 paroisses ou annexes dont le diocèse se composait, 379 possédaient un ou plusieurs maîtres d'école (Saint-Alpin de Chàlons, 2 : Sainte-Menehould, 5 ; Vertus, 2; Joinville, 2 ; Wassy, 2) ; 13 envoyaient leurs enfants aux villages voisins ;

2 ne fournissent aucun renseignement ;

3 sont données comme n'ayant point de maîtres d'école \ Ajoutons « 95 écoles gratuites de filles servies par plus de 120

« religieuses appartenant à quatre congrégations différentes (Ursu- « Unes, Sœurs de la charité, Congrégation de Notre-Dame, Dames « régentes) ; plusieurs maîtresses laïques; six écoles que nous « pourrions appeler écoles normales, servant à préparer des

pension des élèves pensionnaires, qui avait été jusqu'en 1740 de 150 livres, dut alors être élevée à 160 à cause de la cherté des vivres. Plus tard, en l77o, « tout augmentant de prix », on la mit à 200 livres, et elle y resta jusqu'à la fin.

' Y. Y Instruction primaire dans l'ancien diocèse de Châîons-sur-Marne, par M. l'abbé Puiseux, p. 322.

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