‹ Histoire générale de la Champagne et de la Brie depuis les temps les plus reculés jusqu'à la division de la province en départementsChapitre 147 sur 232 · GAZETTES. — ALMANACHS · texte numérisé non relu

GAZETTES. — ALMANACHS

quand, le 6 janvier 1772, lui arriva de Reims le premier numéro d'un journal intitulé : Affiches-annonces et avis divers de Reims et généralité de Champagne. Le rédacteur était M. Havé, avocat au parlement de la ville. Chaque numéro éluit d'une demi-feuille in-8", et paraissait tous les lundis. Il arrivait à Troyes le lendemain. On n'y traitait guère que des intérêts locaux, mais on n'en écartait pas toute question historique et littéraire ; on y fit même à l'histoire de la province une place d'autant plus large que les Affiches de Reims, transformant leur nom, s'intitulèrent, à partir du l^"" janvier 1781, Journal de Champagne '. Mais, l'année suivante, l''"" janvier, Troyes n'en accueillait pas moins avec bonheur la naissance d'un organe spécial de ses intérêts, intitulé : Annonces, affiches et avis divers de la ville de Troyes, capitale de la Champagne, lequel avait pour auteur Edouard-Thomas Simon, littérateur distingué, appelé à devenir membre du tribunal- .

Plus abondants en renseignements historiques sur la Champagne, et partant plus intéressants, étaient les almanachs. Celui de Reims, qui fit son apparition en 1752, sous le simple titre d'.l^manach de Reims, auquel il devait, l'année suivante, substituer celui à' Almanach historique de i?ems, eut pour rédacteurs des érudits, comme les Bidet, les Félix de la Salle, les Anquetil, les Fournier, les Hillet, qui, occupés de recherches tant sur la cité que sur les principales villes de la province, ont confié à cette publication populaire quelques-unes de leurs découvertes. Vient ensuite, en décembre 1756, « un bel almanach curieux de Chàlons qui contient « bien des belles choses; dans l'article Mariages de l'année dernière « y est fait mention de celui deM"«Morel [qui eut lieu le 1<"' juin 1756]. « Il est composé par M. Suicer, curé de Fagnières et secrétaire de « V Académie: c'est tout dire^ ». Cet almanach si intéressant — pour le président Morel,et sans doute pour beaucoup d'autres aussi, est intitulé : Tablettes topographiqnes, historiques et physiques de la ville et du diocèse de Chàlofis-sur-Marne. Hélas ! il ne vécut

' Ce lilri! tlovail vive (■()iu[>l(''li'', à partir du 1!) juillcl jT'.lll, par les mois : co>itprcnant îcs dàpartcinonts de lu Marne, de la liante- Marne, de VAube et des Ardennrs.

- Le Ji)ii,r,inlisiiu; à Troi/e.s, par i'ànilc Sdcanl, iii-S", 1877.

•"' Correspondance du jjràsldent. Morel. icitrc du M drociultrc

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que deux ann(''es (1757 et 17r)8), moins heureux (pie ralinanach de Ueims, qui n'eut de 1752 à 17*,);"), qu'une intcniqdiùn de liuit années (1759-17(57). En 1757 môme, paraissait celui de Provins, publié chez la veuve Louise Michelin, avec cette épigraphe : MulAion utile mullls (moult utile à moult gens), et après lequel la société philanthropique de la Lanterne, établie dans cette ville en 1770, en donna un curieux en 1780 et 1781. — On trouve ensuite l'almanach de Meaux, qui, édité d'abord en 1771, par la veuve Charles et son l'ils, sous le titre d'Etat ecclésiastique, civil et politique dic diocèse de Meaux, prit, deux ans plus tard, celui d'Almanach historique et géographique du diocèse ; — enfin, en 1776, VAlmanach de la ville et du diocèse de Troyes, capilale de la Champagne, imprimé à Troyes, chez la veuve Jobelet, imprimeur du roi, Grande-Rue, et où l'on s'est avant tout proposé « de donner un « tableau fidèle de l'état annuel de la ville, de son régime tant « ecclésiastique que civil, des juridictions qu'elle renferme et de « celles qui dépendent des différents districts qui relèvent de ces « mêmes juridictions... »

C'était là un almanach savant, dont \e,?, Ephémérides trogennesàc Grosley pouvaient avoir inspiré l'idée à son auteur, l'estimable Courtalon. Mais d'autres almanachs d'un caractère plus populaire l'avaient depuis longtemps précédé à Troyes ; car, sans parler du Grand Kalendrier et Compost des Bergiers, imprimé en 1497 par Lerouge, et réédité en 1521, par Jean Lecoq, dans des conditions qui le rendaient inaccessibles aux petites bourses, les Oudot, au commencement du XVll^ siècle, et les Garnier, qui leur succédèrent en 1760, avaient publié et répandaient à milliers d'exemplaires' des almanachs et des calendriers que recommandaient à l'avidité publique, avec les conseils, les prédictions et les pronostications des astrologues aux gages des éditeurs, les anecdotes, les bons mots, les recettes et les facéties de tout genre qu'ils renfermaient.

1 « A la veille de la RéA^olutioii, dil M. Gustave Carré dans son intê- « ressante Histoire populaire de Troyes, ils tiraient jusqu'à cent cinquante « mille exemplaires tant du Dieu soit béni que de VAlmnnach des Bergers. « Le siècle précédent avait eu déjà le Berger de la Grand' Montagne : « c'est que ces petits livres à bon marché allaient principalement aux « campagnes, pour qui ils étaient autant d'oracles. »

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