‹ Histoire générale de la Champagne et de la Brie depuis les temps les plus reculés jusqu'à la division de la province en départementsChapitre 160 sur 232 · BAILLIAGES APPELÉS A DEPUTER. REGRETS DE VERTUS · texte numérisé non relu

BAILLIAGES APPELÉS A DEPUTER. REGRETS DE VERTUS

« d'indiquer les remèdes ». Au contraire, les Etats de 1789 auront pour mission d'assurer l'intérêt du peuple, d'étudier l'assiette de l'impôt, de régler sa répartition : « c'est une convocation qu'on doit a considérer comme la plus importante qui ait jamais eu lieu, a puisque le bonheur et la tranquillité des sujets de Sa Majesté « dépendent de ce qui y sera arrêté et décidé ^ ».

Non moins vive et non moins active avait été la réclamation que, de son côté, Troyes s'empressa d'adresser contre la disposition qui concernait son bailliage.

Grâce aux démarches de ces villes, le roi, u dérogeant... aux « lettres de convocation... et à l'état annexé au règlement du 24 « janvier dernier », par un règlement particulier du 2 mars 1789, réduisit à deux les députations de Reims, et accorda aux bailliages de Troyes et de Vitry une seconde députation 2.

L'état des bailliages de la généralité et de leurs députations se trouva ainsi définitivement arrêté :

Bailliages qui députeront comme en 1614 Nombre Bailliages qui ont acquis

directement indirectement des la députation directe

députations depuis 1614.

Chaumont '"2 Cliâlons 1

Sézaniie Châtillon-sur-Marne. . . 1 Langres 1

( Méi-y-sur-Seine | „ „

Troyes ,, , „. 2 Reims 2

•' 1 JNogent-sur-Seine j

Epernay

, Fismes Vitry

Saint-Dizier

Sainte-Mencliould.

S'il est une ville qui à l'apparition de l'état dut regretter la ruine

' Ai^ch. du départ, de la Marne, iljid., et Documents inédits sur les états généraux, tirés des arch. de Yitry-le-François, où M. Ilorellc a parfaitement analysé la réclanialiou de cette ville, p. o2-ol.

'^ Laon (bailliage de Vermandois) ('-lail aussi compris dans ce règlcnient et obtenait trois dé{)ntalions au lieu de deux. Ainsi le roi se monlra-t-il jaloux de corriger les « erreurs considérables » qui s'étaient glissées dans l'état du 24 janvier. Mais on est étonné do l'entendre ajouter que « sa « province de Champagne aura parce moyen un nombre plus considérable « de représentants aux états généraux »; car elle n'eut ni plus ni moins que onze députations.

ii:)'2 LA i>n()vi.\(:K de champagm:. hsq.

de SCS espérances, c'est celh; de Vertus. Vertus a\ait rêvé et sollicité (28 décembre) l'honneur de nommer des députés aux états généraux. Quels litres n'y avait-elle pas? La ville était aussi vieille que la monarchie; les états de Champagne s'y étaient tenus le 21) avril 1358, et l'on y avait accordé « beaucoup de secours de trouj>es et « d'argent ». Erigé en comté-pairie en faveur d'Isabelh; de France à l'occasion de son mariage avec Galéas Yisconti, le domaine de Vertus comptait à ce titre plus de quatre siècles d'existence, et embrassait un territoire de 3 lieues au levant, 2 au nord, 3 au couchant et 8 à y au midi ; il était « composé d'au moins cent seigneuries et « fiefs, dont un comté (Etoges), un marquisat (Montmort), quatre « baronies (Chapelaine, Conflans, Coiigy, Oger), et plusieurs chàtel- « lentes (Le Mesnil, Soudron, Moymer ou Mont-Aimé, etc.).

« Son bailliage est à l'instar des bailliages royaux, av(!C un « ressort plus étendu que ceux de la plupart de ces derniers, notam- « ment Sézanne, Epernay et Ghâlons qui l'avoisinent ». Enfin « il « supporte de grands impôts : la seule petite ville de Vertus pro- « duit au roi, année commune, au moins 120,000 livres ».

Malgré?tant de considérations triomphantes, la cause avait échoué, et Vertus n'avait pas même eu la satisfaction de figurer parmi les bailliages secondaires.

Le Eetlieloïs réclama, vainement aussi des représentants aux états généraux * .

Conformément aux dispositions du Règlement royal du 24 janvier, les lettres de convocation avaient été adressées au gouverneur de la Champagne, qui les avait transmises aux baillis d'épée, et ceux-ci en avaient envoyé des copies aux bailliages secondaires (art. 16).

Les publications faites par les baillis, et la procédure à suivre notifiée, les trois ordres s'étaient mis en mesure de s'y conformer. Les formalités étaient du reste très simples pour les deux premiers ordres.

Tous les abbés séculiers ou réguliers, les chapitres, corps et communautés ecclésiastiques rentes, réguliers ou séculiers, des deux sexes ; les prieurs, curés, commandeurs et généralement tous les bénéficiers devaient être assignés par huissier royal, sur la requête

1 Arch. départ, des Ardennes, C 54â.

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