‹ Histoire générale de la Champagne et de la Brie depuis les temps les plus reculés jusqu'à la division de la province en départementsChapitre 70 sur 232 · MONTANT DES AIDES · texte numérisé non relu

MONTANT DES AIDES

Ainsi, d'autre part, lorsque Louis XI, par l'édit d'août 1465 et la déclaration de 1467, eut restreint l'imposition du sol pour livre à la vente des vins, du poïssoti de mer, du bétail à pied fourché, des draps et de la bûche, quatre généralités continuèrent à être soumises à la contribution du vingtième sous le nom de droit de gros : ces généralités étaient celles de Paris, Chàlons, Amiens et Soissons. Plus tard, les cinq espèces furent, par l'édit du 8 novembre 1668,réduites à quatre, savoir : les vins et autres boissons, le poisson de mer, le bétail à pied fourché et le bois. Comme la première de ces espèces était de beaucoup la plus importante, l'impôt qui la frappait prit naturellement le premier rang parmi les droits généraux des aides, et de là vint que ce mot finit par s'entendre presque exclusivement de l'impôt sur les boissons.

Du reste, dans le système de simplification des lois de finances que s'était proposé Colbert, et dont il poursuivit l'application avec tant de courage au milieu de tant de difficultés ' , les faveurs du ministre n'allaient point au commerce des vins : s'il eut à cœur de diminuer les droits du sel, « parce que », disait-il à l'intendant de Chàlons, le 6 novembre 1681, « c'est une denrée nécessaire à la « vie », il jugeait qu'il n'en devait pas être « de même du vin, parce « qu'il n'est pas nécessaire à la vie d'en boire ».

De leur coté, les intendants de Paris et do Chàlons - signalaient la fabrication de la bière comme funeste « à la subsistance des « peuples et à la nourriture des bestiaux et volailles » par la consommation qu'elle fait d'une grande quantité de blés et orges, qui seraient bien plus utilement employés en pain, surtout dans les temps de disette. Aussi regardaient-ils tous deux comme « de plus « en plus nécessaire » l'interdiction de cette industrie ^ .

I Lctiro (lu () iiuvciabre ItiSi à rititeiKhuil d(! Cliàlous.

- Mémoire de l" Irdeadant de Paris, p. -11 C), ot Correspondunee des Contrôleurs (/êaérau.c, 10 uovciubro i()98.

■^ Il ne se biassail pas, il y a vingt ans, dit en i7UU l'Intendant de Paris, pour 100,1)00 livres de bière dans la généralité, « et en KiOl) il en a clé « fait i)Oiir jijiis de 1,^00,000 livres... 11 l'audrait la .-liargcr de droits « punr en désaceoutuniei- les peuples ».

194 LA PROVINCK Di- Cil A.MI^ViJM'.

JjOS aides inoiilrrriil, Ciii 1()97, poiii' les <''lc(li(»iih de

Reims, Chàlons, Ste-Menehoiild, à la soiiiiik,' de;. 'i81,U0() liv.

Troyos 185,000

Vitry, Joinvillo, Bar-sur-Aube 155,000

Laiigros et Chaumont 98,000

Rclhel 58,000

Epcrnay cl Sczanne 14;{,000

1,123,000 liv.

Dans la généralité de Paris, un état de Kii))} indique pour les

élections de Meaux (après 221,327 livres (pii avaient été

perçues en 1091-161)2) 111 ,081 liv .

Joigny (après 40,053 livres qui avaient été

perçues en 1691-1692) 42,448

Rozoy 25,387

Provins 26,244

Coulommiers 21,941

Sens (après 72,293 livres, perçues en 1691-1692) 48,630

Montereau (après 27,895) 26,802

Nogent (après 59,499) 38,939

Tonnerre (après 63,962) 49,669

Saint-Florentin (après 13,445) 9,808

Vezelay 2,000

402,955 liv.

Ce qui donne en totalité 1,525,955 liv .

et avec les 504,474 livres déjà perçues 2,030,429 liv.

Domaine et droits joints. — Le domaine est l'ensemble des biens qui étaient jadis la propriété de la couronne, qui sont aujourd'hui celle de l'Etat. Ici l'action des intendants était moindre qu'en matière de contributions directes ; car, tandis que le recouvrement de celles-ci se faisaient pour le compte de l'Etat, par des agents qui lui devaient leur nomination, les droits domaniaux étaient, comme les aides, perçus, pour le compte des fermiers généraux, par des employés qu'ils commissionnaient et que l'Etat se bornait à agréer. A cela près, l'organisation de ce personnel, au XYIII^ siècle, ressem-

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