‹ Histoire générale de la Champagne et de la Brie depuis les temps les plus reculés jusqu'à la division de la province en départementsChapitre 96 sur 232 · COLLÈGES GRÉÉS OU RESTAURÉS · texte numérisé non relu

COLLÈGES GRÉÉS OU RESTAURÉS

enseignaient gratuitement aux jeunes gens intelligents de Revin et de Fumay les humanités, la philosophie et la théologie ' .

A Sa irde-Meri ehould on installe les classes latines, le 5 novembre 4714, dans la belle maison de Saulx attenant à l'hôpital, et dont les jardins s'étendaient jusqu'auprès de la rivière d'Auve. Il n'y avait eu jusque là qu'un seul régent ; on en créa pour lors un nouveau, et le 13 juin 1715, à la suite d'un exercice public, le nombre croissant des élèves décida à en nommer un troisième. Ces régents étaient des ecclésiastiques séculiers.

Avenay, de son côté, acquérait, le 15 décembre IGoo, de la générosité de M, Henri Berrand une prestimorrie, dont le titulaire devait préparer tous les enfants du lieu à leur première communion, en leur faisant deux fois par semaine le catéchisme, et enseigner gratuitement aux enfants-des pauvres la lecture, l'écriture et, « autant « que faire se pourra, les premiers principes de la langue latine, c( en sorte qu'ils puissent être dans le cours de leur vie duement « instruits des articles de la religion- ».

Al/, en octobre 1693, recevait de M. Brice-Fagnier, greffier au parlement de Metz, une rente de 300 livres destinée au traitement d'un régent qui enseignerait le latin aux enfants, et dirait chaque jour la messe à l'église paroissiale. L'archevêque reçut la fondation le 12 avril 1696, et favorisa le succès de l'œuvre.

Les autres diocèses de la Champagne ne s'intéressaient pas moins que celui de Reims au développement et au progrès des études secondaires, il n'existait dans le diocèse de Chàlons qu'un seul collège de plein exercice, celui de la ville épiscopale. Celle-ci, qui en avait confié la direction aux Jésuites, n'épargnait rien pour en assurer la prospérité. Dans son impatience d'y fonder un cours de philosophie^, dès 1622, elle votait pour la construction de la classe

' Quant au coUcgc des SS .-Apôtres de Rcviii, il l'ut fondé au couvent des frères Prêcheurs par actes des 9 et 16 septembre 1778.

* Hist. de V abbaye d' Avenay, p. 519 à 52^. — La prestimonie était une fondation particulière pourvoyant à l'entretien d'un prêtre avec telle ou telle charge, l'.iie dliïérail du bénéfice ordinaire eu ce ([ue celui-ci était toujours à la collation de raulorilc ecclésiastique, tandis fprelle restait de \>ieiii droit à la disposition de son fondaleiu'.

'^ V. ci-dessus, t. 11. p. iî2i), n. .").

^>74 i-\ l'Uovi.Nci': i>i<: ciiampagnk.

uncsoimnc(l('40Uliv.,oUr)0l. puiii r<iilicli<'ii «lu pruIVsscurchuigr de renseignement. Elle votera plus tard (iJG juillet 1059) 3,U0U 1. pour aider à bâtir l'église'. Grâce à la bonne harmonie qui régnait entre la ville et les Jésuites, le collège voyait croître sa lorlune «. Jaloux de développer la prospérité du leur, alors que la ville prenait un ftcooissement rapide, que ses draperies et ses tanneries se multipliaient, et que sa population s'élevait à li^,OOU âmes environ, les bourgeois de Vitry prolitent de la retraite de M. Garnier, qui, pendant près de 50 ans, avait administré l'établissement avec honneur, pour en confier la direction (17 novembre 10413) à des religieux, et le remettre aux Minimes établis parmi eux depuis 1020. Mais la ville, bientôt pressée par mille nécessités, se voit incapable d'acquitter les engagements qu'elle avait pris, et les Minimes se retirent (1051) pour faire place aux PP. de ['Oratoire, qui, sous l'empire de la même considération, ne tardent pas à abandonner la maison (1005). M. Vialart était alors à Yitry « depuis ce deux mois ou environ, pour y faire une mission célèbre » ; il avait eu occasion d'apprécier « le mérite, la suffisance et la pro- <( bité » des Pères de la doctrine chrétienne, institués par César de Bus, chanoine et théologal de Cavaillon, pour arrêter les progrès du protestantisme par l'enseignement chrétien donné à la jeunesse : il propose aux habitants d'établir les doctrinaires au collège, et leur offre en même temps un précieux secours. Les religieux devront être au moins neuf, et ils enseigneront non seulement les humanités, mais encore la rhétorique et la philosophie. L'évêque les entretiendra de ses propres deniers. L'assemblée générale, d'une commune voix, accueille avec reconnaissance la proposition (29 mars 1005), et Yitry jouit de l'avantage de posséder un collège de plein exercice. Il y avait quatre ans que les bons Pères y étaient établis, enseignant avec succès et gardant vis-à-vis des élèves pro-

i Comptes de la ville, CG 116.

2 Le conseil de ville se plaisait à encourager chez les religieux les progrès de la science : il donnait, en 163-2, une gratification de 30 1. aux Cordeliers de Châlons pour une thèse ([ue le P. Poiret lui avait dédiée, en 1671, 200 1. aux Jésuites pour leurs thèses et pour les frais de leur chapitre général ; en 1678, aux Jacobins 100 1. pour une thèse [Comptes de la vUle).

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