‹ Histoire générale de la Chine et de ses relations avec les pays étrangers depuis les temps les plus anciens jusqu'à la chute de la dynastie mandchoueChapitre 24 sur 265 · Mailla, VII, p · texte numérisé non relu

Mailla, VII, p

Tandis que Sun Fang-Icien et ses frères Sun Hing-yeou et Sun Fang-yu réussissaient à chasser les Tartares complètement de la Chine et à leur reprendre toutes les places que leur avait données le fondateur des Tsin, Li Cheoutchen, gouverneur de Hou Kouei, songeait à s'emparer de l'empire ; il fomente une rébellion et T'oung Kouan est pris ; les généraux impériaux Young Hing et Foung Siang se font battre dans le Ho Tchoung; pour pacifier cette province, l'empereur envoie Kouo Wei ; celui-ci, sur le conseil de Foung Tao, s'applique à gagner le cœur de ses soldats par sa mansuétude et ses largesses. Kouo Wei divise ses troupes en trois corps qui, par Chen Tcheou, Toung Tcheou et T'oung Kouan, doivent se réunir à Ho Tchoung.

Kouo Wei bloque Li Cheou-tchen à Ho Tchoung, tandis que Tchao Houei assiège, dans Foung Siang, Wang Kingtsoung qui a passé aux rebelles ; le prince de Chou vient au secours de Foung Siang; battu dans une première rencontre, dans une seconde il défait Tchao Houei qui réclame des renforts qu'amène Kouo Wei, trop tard, car les Chou s'étaient déjà retirés (948). L'année suivante Kouo Wei force les portes de Ho Tchoung : Li Cheou-tchen se brûle dans son palais avec sa femme et ses enfants. Cependant Tchao Se-wen tenait toujours dans Tch'ang Ngan dont il s'était emparé en 948 pour le compte de Lieou Cheoutchen; sur le conseil de Li Sou, il fait sa soumission à l'empereur qui le nomme gouverneur de Houa Tcheou. Tchao Se-wen ayant hésité à abandonner Tch'ang Ngan pour gagner le nouveau poste dont le titre de gouverneur lui était apporté par Kouo Tsoung-yi, celui-ci, avec l'autorisation de Kouo Wei, le met à mort avec 300 de ses partisans. Des trois rebelles, il ne restait que Wang Kingtsoung qui incendie son palais et s'ensevelit sous les ruines, tandis que Foung Siang se rend à Tchao Houei. Kouo Wei revient triomphant à la Cour (949). Ces succès devaient avoir une influence néfaste sur le caractère de Yin Ti qui se livre à la débauche et éloigne de lui toutes les personnes sages.

Les Tartares, repoussés au delà des frontières, conti-

nuaient néanmoins à faire des incursions sur les terres de l'empire et Yin Ti nomma Kouo Wei généralissime des troupes du nord avec des pouvoirs très étendus. Se Houn'G- TCHAO et Sf)U FoLNG-Ki entrèrent en lutte au sujet du nouveau chef dont le premier aurait voulu voir augmenter les attributions et le second les restreindre. D'autre part, Yang pin, par sa franchise, avait excité la colère de l'empereur, attisée par les mécontents, en particulier par Li Ye, frère de l'impératrice et ses favoris Nie Wen-tsin, Heou KouAXG-TSAX et Kouo Yun-mixg; malgré la désapprobation de l'impératrice, la perte du ministre fut résolue. Yang pin et Wang Tchang étant venus au palais suivant leur habitude, furent assassinés. L'empereur entrant dans les vues des conjurés donna l'ordre de se défaire également de Kouo Wei et de Wang Tsiun et envo}^a des courriers à Kao Hing-tcheou, Fou Yex-King, Kouo Tsouxg-yi, Mou JOUNG Yen tchao et Li Kou pour leur enjoindre de revenir à la Cour occuper les postes rendus vacants ; il confia la direction des affaires privées à Sou Foung-ki et le gouvernement de K'ai Foung à Lieou Tchu qui exécuta avec la plus grande cruauté les ordres contre les familles de Kouo Wei et de Wang Tsiun. Sou Foung-ki eut la sagesse et l'humanité de s'abstenir de prendre part à ces sanglantes exécutions. Un autre fonctionnaire, Li Houng-kiex, montra également moins de zèle dans les ordres qu'il avait reçus pour agir contre la famille de W^\xg Yix, officier dévoué à Se Houng-tchao.

Kouo Wei, que ne pouvaient atteindre les assassins, réunit ses officiers ; laissant son fils Kouo Joung en charge de la défense de Ye Tou, il marcha sur les provinces méridionales et entra à Houa Tcheou; Heou Yi est envoyé contre lui ; il est rejoint par Mou joung Yen tchao qui, battu à Li Joung, est obligé de se sauver à Yen Tcheou. Les troupes impériales désertent en masse ; Lieou Tchu se tourne contre son souveiain; le malheureux Yin Ti qui s'était rendu à l'armée, obligé de fuir, se cache chez un paysan chez lequel il périt sans gloire, tué par les rebelles qui ne le reconnaissent pas; il n'avait que vingt ans (950). Sou Foung-ki, Yen

Tsin-king et Kouo Yun-ming se donnèrent la mort pour ne pas tomber aux mains de KouoWei. Le vainqueur entré dans la capitale K'aï Foung demande à l'impératrice de faire choix immédiatement d'un nouvel empereur : elle recommande Lieou Pin, gouverneur de Wou Ning, né de Lieou Tsoung, mais fils adoptif de Kao Tsou, qu'on va chercher à Siu Tcheou. Kouo Wei fait exécuter Lieou Tchu, Li Houng-kicn et leurs partisans ainsi que Wang Yin.

Mais les troupes de Tch'en Tcheou proclament empereur Kouo Wei; Lieou Pin est conduit à Ta Leang; pour lui sauver la vie, l'impératrice le déclare déchu du trône et le fait duc (Koung) de Siang Yin (fou de Tch'ang Cha, Hou Kouang), du 3^ ordre, et elle nomme Kouo Wei régent de l'empire, puis le reconnaît empereur l'année suivante (951), s'apercevant qu'elle avait intérêt à se donner le mérite de ce qu'elle ne pouvait empêcher.

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