‹ Histoire générale de la diplomatie européenneChapitre 10 sur 73 · VICISSITUDES DE L ËMFIME DANOIS · texte numérisé non relu

VICISSITUDES DE L ËMFIME DANOIS

Tous ces aetes lUégaux ou crneb eicitèrent de

telles plaintes d une part, une telle indignation de rautre, qu'Engeibreclit, simple paysan dalécarlien, mais plein de brairoure et d*éner|;ie« et qui avait, à cause de sa rare int^ligence, passé sa jeunesse dans nn monde plus relevé, fit soulever ses compatriotes et se trouva bientôt à la tête de cent mille hommes : c'était en Tout se soumit à lui, et ce Viriathe suédois aurdt accompli peuuétre Tienvre de Tindépendance de son pays, si les grands, jaloux ûv cet homme nouveau, ne lui eussent préféré Cliarles Canutson, grand-maréchal, qui le fit assassiner par le fils d'un sénateur afin d'exercer sans partage les fonctions d'administrateur de la Suède.

NoufeMi paœ fédéral <le Gêimar, 14M.

Ce meurtre déplut au peuple, qui aussitôt se rapprocha d'ÉriC"le-Pomcranien, et à Calmar, lieu consacré par les premiers pactes de fédération, le i*' septembre IftSô, TUnion fut solennellement renouvelée, mais avec les modiflcatiotts suivantes :

I. Le roi Éric promettait de m donner, dans chaque pays, les charges qu'à des nationaux, et même le commandement des forteresses de Nykoping, de Calmar et de Stockholm.

II. En retour, et dans l'intérêt de la maison d'Éric ou bien du Danemarck, on fit, sur la succession et sur la loi électorale, des règlements qui établissaient :

AO LIVRE PREMIfiR.

i* que le clergé* si favorable, comme noui savons, à l*Ubion, compterait autaDt de déimtés que les laïques à la diète électorale, qui se tiendrait à Halmstadt; 2" que la totalité des députés électeurs serait de cent jviogt, répartis également entre les trois royaumes; S* que si le roi Éric laissait un fils légitime, c^est sur lui (jiio ilcvrail tomber le choix des électeurs; /r que s'il mourait saus cufauts mâles légitimes, tout ce (lui avait été stipulé dans V Union de Calmar serait abrogé, et le roi serait tiré de Fnn des trois royaumes unis; 5* que, dans ce cas, pour éviter de DÎcheuses dispiiles, c'est le sort qui désignerait le royaume appelé à fournir le roi; 6" que ce royaume étant une fois connu, si rassemblée générale des élecleurs ne l)()uvait s'entendre sur la personne, le choix serait remis à une réunion moins nombreuse et plus susceptible de s'entendre, à un comité composé seulement de douze électeurs.

On ne peut pas nior que, au point de vue de la durée de rUnion, la plupart de ces dispositions fussent très- 8age& Néanmoins, malgré Tattrait ordinaire des institutions nouvelles dans leur comnmoement, cette première période de TUnion de Calmar avait été orageuse, et elle ne promettait pas à Tœuvre de Marguerite, quelles que fussent les améliorations introduites, un défeloppement tranquille, ni même de longs jours : au-dessus de toutes les réformes, au-dessus de tous les perfectionnements, planait rantipathie jalouse de race, source première et ind^tnictible de tous les troubles et de toutes les agitations.

VICISSITOOES Ot L'ËUeiBk DANOIS. 41

L*iitlit«oi do t'empin daiiilk

La seconde période de l'Union Scandinave, qui va de i&36 au récès de Calmar eo i&8â, oe fut pas plus calme que la première. Les Danois eux-mêmes ébranlèrent le Iragile édifice élevé snrtont en leur laveur. £d ilièS, ils déposèreut Énc-Ie~Poméra- Dieu, dont ils a?aieot fini, eux aussi, par être méconlentSt et ils élirent en ift&O son neveu Christophe 111, comte palatin du Rhin. C'était un seigneur allemand, coiiune autrefois Albert de Mecklemibourgv et. les^ Danois, en Télisant seuls et les premiers, semblaient vouldr imposer leur cboix à leurs confédérés : c'en fut assez pour que les Suédois protestassent, ileurcusement la Norw^ donna l'exemple de l'adhésion, et la Suède, pressée par les agents danois qui partaient au nom de la paix du nord, reconiHit aussi ClirisU>i)iie en 11 n'en était pas

moins vrai que de i/iââ i4&2, il y avait eu pour les uns ou pour les autres, et par la- (aute des Danois, quatre ans d'interrègne. Le titre alarmant d*archi-roi de reiiii)ire danois, que pi il Christophe 111, n elait pas fait pour maintenir le calme rétabli. Aussi ne dura-lil que six ans. Lorsque cet archi-roi, après avoir fixé sa résidence àCopenhai^uc, (|u'il avait achetée de l'évéque opulent de Kuskhild, mourut en 14/i8, les Suédois rompirent l'Union, et, au grand déplaisir de beaucoup de grands et malgré l'opposition de Jônss

OsensUern, archevêque d'Upsal, élirent roi Charles Canutson, Tainbitieitx antagooiste du patriotique

paysau de la Daiécadic.

Charte GiButeon, roi do Suède, Les idées des Hussiies en SuUe. Le» ptoptiMi eeclAiiastiqaee neiwedce» Vive eppoeiUon du cleiié à ce

S^aler l'opposition de FarcheTéque d'Upsal, du primat de la Suède, c'est dire que tout le clergé suédois était méconlent de la rupture de rUoion. C'était l*époqae où les Hussites de Bolième, après' avoir, le fer à la main, promené leurs idées dans toute i'AUemague sous Jean Ziska et Procopele-Grand, venaient de succomber sous le vice ir^ rémédiable de tous les partis exaltés, la division des esprits et l'impuissance d'orgauisatiou. Lu us (){)inioos au sujet des biens du clergé,! étaient que TËUit pouvait s*en emparer, à la charge par lui d'assigner aux prêtres un revenu en rapport avec leur position. Or il paraît que Chailes Cauutson était dans ces idées : en i&ô3, il publia uu édit qui prescrivait aux tribunaux une enquête sur la nature et Torigine des possessions du clergé, et, pour en empêcher les suites, Jùuss Oxenstiern appela los prêtres aux armes et endossa lui-nnême la cuirasse dans la cathédrale d'Upsal comme pour une croisade*

Cette affaire, qui répand beaucoup de jour sur les mobiles divers des hautes classes au point de vue de riiuion, fit le plus graud bruit et aussi le plus grand

ViCiSSITUUMS DË L'fiMPlRK DANOIS» ^

tort à Charles Ganatson. Elle explique pourquoi le clergé, de concert avec ceux des uobies qui étaient jaloux de Télévatioii de ce seigneur, recoouut roi» m lft57, Christian I*' d^Oldeoboorg* le seul descendant de Waldcmar que les Danois eussent pu trouver. Voilà pourquoi aussi Jônss Oxenstieru déposa Cliaries Canutson, que le pape Calixte III, dans sa Iralle, appela ennemi de tÉgUee et tyran du peuple: Enfin , cominc dans la réaction on ne s'arrête pas plus que dans le mouvement qui Ta provoquée, on comprend par là conmieat Ctiristian 1*% imitant les associations an trône chei les Capétiens ou llnstltntion du roi des Romains dans l'empire germanique, réussit à (aire reconnaître de son vivant, par les tiois royaumes unis, son fils Jean pour son successeur, 1&5S. liais la noblesse, qui avait secondé le clergé contre Charles Canutson, ne voulail au fond ni de l'un m de l'autre pour roi. Elle préférait à la royanté une république où elle réglerait seule et avec plusde pouvoir les intérêts du pays. Son répnbUcanisme était égoïste comme celui de toutes les aristocraties. Si elle avait lutté contre Charles Gauutsoo, c'était contre son titre, qui la ûxnssait dans ses ofnmons et ses vues, autant que contre sa personne, dont elle était jalouse; aussi, rentrée en Suède, n'obéit-elle qu'à regret et à travers mille sourdes cabales, au nouveau chef de rUnioa ; et, quasi à Charles Canutson, elle le repoussa constamment Rétabli en lft6/( par les pa}saiLs finlandais et daleearliens, oii cet ancêtre et ce modèle des VYasa trouvait son principal appui, ce prince fut renversé l*annéc stdvante par les grands.

hh LIVBB PBBHIISB.

el après sa secoude resiauratiou, eu 1467, c'est lui-Hiéme qui, connaissant les vraies causes de ses

chutes, conseilla au moment de sa mort, en 1470, à Sten Sture, désigné par lui aux suflVages de la nation, de ne prendre que le titre républicain é'aéministraêemr de la SiMe^ afin de donner, pendant quelque temps du moins, à la faction des nobles, unr régime qui fût plus de leur goût. Ils s'y rallié* rent avec emiuressenient, et, grâce à leur actif concours, les Danois de diristian 1*' furent battus par Sten Sture, et leur étendard iàalioaal, lo fameiix Danebrock, malgré le courage des cinq cents nobles préposés à sa défense, tomba au pouvoir du vainqueur.

Cbrialiiii I". L&Sletwick el te Rolateio déoltrës fitsto d'ompirc, W^.

11 parait que Christian ne s'elfraya pas beaucoup de ce revers. L*UBage des armes h feu n'était

pas encore très-répandu en Suède; la supériorité pouvait donc revenir aux Danois, (jui s'en servaient depuis plus longtemps. Les Suédois d*ailleurs n'avaient pas de plus grands ennemis qu'eux-mêmes, que leurs haines de classes et leurs anlipaihics d opinion. Gtuistiau V les laissa tianquilies, et, en attendant, s'occupa d'autres affaire^.

Héritier, comme roi de Danemarck, du Sleswick et du llolstein, par la mort d'Adolplie Vlll, de la maison de Uolslein-Scbaucmbourg, décédé sans pos-

¥<GISSITUI>E.S l>E L* EUflRB. DANOIS. 45

lérité eo i&ô9» il fit régler par rempereor Frédéric III, son ami, le régime sous lequel ces deux pays devraieut vivre à TaveDir. * L'empereur sigua, le

• 18 février iklkt un acte par lequel il réunit le « SIeswick et le comté de Holsteio avec le canton de « Stormarn, en un seul corps d'Étal, en y joignant le « pays des DiUuarses, peuple vivant sous uu régime < républicain et ezcilant par ses brigandages con- « ttnnels, les plaintes de ses voisins. Ces triHs pays « réunis furent érigés en un duché, fief de Tempire, « dont les ducs recevraient toujours Tinvestiture au i nom de rempereur» mais par révéque de LnbecL € Par un autre diplôme, antérieur de cinq jours, Pré-

• déric m avait accoidô à Christian V\ p^iii ses « comtés particuliers» le droit de mti evocando, ou > de justice sans appel, comme aux électeurs d* Alle- « magne eux-mêmes, et, de phis, Texemption de tous « les péages qui seraient établis par la suite en Alle- « magne (i). » Ainsi le SIeswick et le Hoisteia étaient constitués États d^empire, et le Danraiarck, pour ces duchés, entrait dans la société germanique avec séance et vote dans les diètes. Bientôt, sous rcmpereur Maximilten» il sera classé dans le cercle de Basse-Saxe.

Pour dresser ce règlement, Christian l" avait fait une visite ollicielle à Frédéric III, en 1474. De Vienne, il continua son voyage jusqu'à Rome, comme ravait fait autrefois la plus noble illustration de sa

race, Cauut-lc-Grand ; et la, celle année même, le

et) Sdiœll, If Ml. duÈtm cMrop., t. XXU, p. 909.

àO LIYBE PREMIER.

pape Sixte IV, yonlant favoriser ce royal pèlerin, lui accorda le droit de patronage sur totis les bénéfices ecclésiastiques de Sitède et de Daoemarck, ce qui fit que le de^ de ces deus royauines se serra encore plus fortement autour du trône protecteur des rois danois : d'autant plus que Chrisliau i*"'^ ne s'occupait pas seulement des biens temporels de T Église ; il prenait soin aussi de défendre la religion contre Tesprit d'innovation que IcsHussites avaient soufflé partout. Dans ce but, il avait institué la Confrérie de la Trfnité^ de la Panion de J.-C. et de la Sainte-Vierge^ répondant à tout ce qui avait pu être attaqué par les novateurs. Dans ce aussi, et comme un résultat précieux de son voyage d'Italie, il louda en 1475 r Université de Gopeniiague, où renseignement Uiéologlque marcha de front avec celui des lettres^

Il ne paraissait donc pas s^iiujulétcr beaucoup de la question suédoise. 11 savait que les buédois n'étaient jamais moins à craindre que lorsque la guerre ne les occupait plus an dehors ; qu*en temps de paix ils se divisaient, ils subissaient les conséciiK nccs de leur constitutiou trop républicaine, et qu'alors ils préparaient eux-mêmes le triomphe du IXinemarck. Ses prévisionsne ftirent pas trompées.

Après avoir, par une louable émulation, fondé r Université d'Upsal en un an après celle de Copenhague, Sten Sture trouvant son pouvoir d'administrateur trop gêné, offensa doublement la noblesse. 11 appela aux étals Tordre des villes et celui des paysans, qu'on avait jusque-là négligés, et s'appuya sur ce tiers-état, définitivement constitué.

VlCiSSl i UDkh Dt l'EMPIBL DANOIS. h7

contre les grands. Puis il laissa loiiibcr le sénat, en ue iKMiuiiaiit pas aux places vacautes.

Jean l*', son fils, élu en Suède par Iw Inutcs elniiM nécooleote» éb la politique démocratiqufi det inccesseurs de CharlM Caoutaon. Analjne dn BéctedB Calmar, MOsJwii I*,

Que résulta^-l-U de ces tendances, soit libénlest soit anti-sénatoriales? G*est que, après la mort de

Chrisliaii 1" en lft81, malgré Sien Slurc, les hautes classesen Suède élirent roi, coBibnnément, du reste, à rengfagement précédemnent pris, Jean I*', son fils. Elles le firent en l/i83, moyennant une Capitulation que Jean I" voulut bien signer, et qui, dans un intérêt suédois et aristocratiqae, modifiait de nouveau le pacte primitif : c'est ce qu'on appelle le Réeès de Calmar de 1483.

l** Jean l""' s eugageait à rendre à la Suède Tile de Gothland. 2" Gomme on n'était pas content de la manière dont s'employaient les reyenos de chaque État, il était dit qu'on établirait dans chaque royaume une trésorerie perticnlière : à Kallundborg pour le Danemarck, à Stockliolm pour k Suède, et à Berghen pour la Norwège ; que là seraient déposées les recettes de chaque État, au lieu de l'être dans une môme trésorerie, et que deux sénateurs, Tun laïque, Tautrc ecclésiastique, seraient, en qualité de gardiens de ces trésoreries particulières, comme de véritables ministres (Itis linances pour chaque État. Ainsi était réglée la (|uestion délicate de radmiuistrdUou ceu-

traie Ooaocîère. 3* AlterDadvement le roi devait résider un an dans chaque royaume, et pendant soaabseDce, les autres royaumes devaient être adEuioislrés par un conseil de régence composé de qaatre sénateurs. &* Un article pins important et très-sage au pointée vue de TUnion, consistait dans la créaliuii d*uae cour supérieure, composée d'un évèque et de deux sénateurs de chaque État, pour terminer les dilTérends entre les royaumes unis. C'était tout à fait ce que Leibnitz, au dix-sepliènie siècle, aurait voulu qu'on établit, après le traité de Westphalie, pour le maintien de la paix de T Europe.

Ces articles étaient dictés par Tintérêt même de rUnion. Les grands cherclièrt^iu à en faire passer d*autres qui n'avaient pas ce caractère et n'étaient inspirés que par un intérêt de caste. Ils voulaient : 1* que le roi ne nommât sénateur aucun laïque qui ne fût noble et qui n*eAt été agréé par le sénat hiimème, absolument comme si Ton eût accordé au sénat le droit de se recruter lui seul ; ^ que la noblesse fût autorisée à construire des châteaux sur ses terres et qu'elle y exerçât sur ses hommes les mèuies droits que le roL Cette dernière demande eût été Tintrodttction de la féodalité dans les États Scandinaves; niais le roi s'y opposa constamniciit, et le premier de ces deux arlicies fut seul adopté (1).

(f) FaffeDdorir t. IV el V; ScImbH, t. XXII, cb. istu, De$ Roffmwin du nord ; Eyrîès, p. 100 à 199, HitU du DQnmwt€k; Kocb, t. période 5«. p. 274, S75, et période S*, p. 381 cl buiv.; Mallel, Jf ùf. duikmemarek, t. Y, p. M et suiv. i Vcrtot, Rénol de SvMe, p. 54 à 6S; Geyer, Bitt de Suide^ ch. v et vt.

TlCiSSITUDES 1>E t'SMPIBE OâlIOIS. 49

Voilà les luodiiications à Taide desquelles on espérait maiDteDîr encore quelque temps 1* Union Scandinave. Mais, en Suèik, le peuple et la petite noblesse n'en voulaient à aucun prix. Ils soutinrent encore Sten Slure quatorze ans, jusqu'en 1497, époque à laquelle il perdit sa dignité d'administrateur. Rien donc, comme on voit, ne faisait présager, pour PUnion de Calmar, de plus paisibles destinées que par lepa^.

UUAPITRi m.

Fin de rcmpire danois par 1» pmi%, de MeiiUi» eu 1690.

Les Suédois ne. veulent plus de Jean I". liivalité de la maison de TroU ou du defgé et de celle de ^fe et ito la aobtene. Affaire de la fart e t e i i e eccMeiastiqne do Stoke.

Avaot d*ètre encore et défioitireinent rompae, rimpossible Union devait être, non pour les Nor^

\?é^ens, (fui acceptaient toujours la postérité de Marguerite ou de Valdémar 111 comme représentant le droit héréditaire, mais pour les Suédois qui la repoussaient, une occasion de bien des maux. Quatre années a peine suOirenL pour dégoûter les Suédois du gouvernement de Jean P% qui n'avait été reconnu que dans un moment de mécontentement passager et non de réelle sympathie. Dès l'aunée 1 501 , on revint à Steu Sture, et après lui à Suante Sture, son parent et son ami, qui gouverna la Suéde pendant oDxe ans avec le même titre que son prédécesseur, et auquel succéda, en 1512, son propre fils, Steii Sture II, ou le Jeune. Le clergé avait alors mis sur les rangs, pour les fonctions d^administrateur, Éric

Flff D£ l'êUPIAK DAKO».

Ôl

Trull, pèi*e de Gustave Troll, archevêque iripsal. 11 espérait, sinon qu ou pourrait, sous cet administrateur, préparer le retour des Suédois à rUnioo mieux que sous uo Sture, du moins que ses biens et privi* léges seraient mieux sauvegardés. La candidature d^Éric Troll ne put réussir. La Suède, avec Sten Stureie-Jeune, fut plus que jamais séparée du Danemarck» et les évéqnes, comme il le prévoyait, faute de youluii lenoncer à leurs vieilles sympathies pour les Danois, furent surveillés, furent même inquiétés par une aristocratie jalouse et en ce moment dominante. Sten Sture II, ainsi que la noblesse qui marchait a?ec lui et était par lui toiite-pnîssante, s\n pritaui forteresses que le clergé suédois possédait et qui lui donnaient deagaranties solides, des centres de réristance et raspectd^un État formé dans rÉtat. Celle de Stœke, qui dépendait de 1 archevéciié d'Lpsal, Tul conquise sur le primat Gustave ïroU, qui y fut fait prisonnier; et c'est à un jeune sdgnenr qui Inentôt Ta jouer un r61e brillant, et qui déjà, sur la question des biens ecclésiastiques, uiauilestait ses opinions, que Ton devait ce succès. Au pmnt de vue de la rup* ture de l'Union, ces attaques, cette captivité du primat de la Suède, étaient bien inipolitiques : on irritait un corps qu'il fallait sv rattacher; oo tournait contre soi rÊglise romaine elie-méme, qui, sous ces attaques, apercevait très-bien des tendances d'une autre nature et voyait avec crainte que les prédications de Luther, qui, à cette époque, venait défaire entendre en AUeinagne sa terrible voix, avaient de Técho en Suède parmi les seigneurs, comme en avaient eu déji.

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