VICISSITUDES OE L'EMPIRE DANOIS
grand et laborieux ouvraf^e. Le procès de BrAdersson
fut exploité plus lihreiiient par les adveisaires de r Union, sous un prince qui, par la grandeur de l'esprit, n'exerçait pas le méaie prestige et dont Tadmioistration très-réprëhensible excitait un mécontentement qui a attendait qu'un prétexte pour éclater. Il laissa quelque temps vacants les offices de drost et de grand-maréciial , et il fallut que les Suédois vinssent exiger qu'il fit cesser cet abus. Le chapitre d'Upsal avait élu pour son archevêque OlafHarsson; Ëric n'en voulut pas. Les charges de gouverneurs dans chaque État ne devaient être confiées qu'à des nationaux , Éric pourtant, dans la Westmanie, dont la capitale était W esteras, et dans la Dalécarlie, dont hi principale ville était Falun et dont les riches mines de cuiyre et de fer occupaient une multitude nombreuse et très-remuante de mineurs, m mi ma gouvenieur un Danois, Josse Ericsson; et pour ajouter à Todiense illégalité d'une telle nomination, ce gouverneur, d'après le témoignage des historiens danois eux-mêmes, traitait les Suédois avec d'autant plus de cruauté que son origine étrangère lui donnait moins de droits à leur docile soumission. Les commandants de plusieurs forteresses étaient aussi Danois et n'étaient pas moins oppresseurs.
Du reste, le roi lui-même donnait aux grands fonctionnaires de l'État l'exemple de la dureté, de la barbarie. Il avait horriblement maltraité sa femme, Philippine d'Angleterre, fille de Henri IV de Lançastre, une princesse héix>îque, que Marguerite lui avait fait épouser, que Marguerite avait formée, et
3S LIYHE PREMIER.
qui a\;iit so» courage, sa grande âme, son aclivilé, sa préseuce d'esprit. Les Hanséaics de Lubeck avaient armécontreleDanemarck. Us voyaient avec une peine extrême la prospérité croissante de Copenhague , dont les marchands pouvaient fournir les choses de première nécessité aux Suédois; ils étaient irrités de la construction du fort de Flynderiiorg,à Tendroit le plus resserré du Sund, et du drdt d*étape accordé parTÈric à une ville nouvelle alors, mais appelé(^ ii uu grand avenir» à Ëlsencur, avec une immunité de dix ans pour quiconque y construiraK une maison de lioiSt et de vingt pour ceux qui y bâtiraient une maison en pierre. Dans celte guerre, c'est Philippine qui, cileméme, elle seule, avait sauvé Copenbague attaquée par les Lubeckois pendant un voyage d'Éric en * Suède ; c^est elle aussi qui, sans consulter Éric, avait équipé soixanle-quinze vaisseaux, et qui, par une détermination hardie et jusqu'alors sans exemple, avait Goum sur les villes continentales de la Hanse, et, dans la rade de Stralsniid, avait hrùlé ou disperse* beaucoup de leurs bàtimeuts : elle s'en serait même retournée avec un immense butin, sans des vents contraires qui Favaient retenue près de Stralsund et avaient permis à des flottes de Lubeck et de Wismar, plus nombreuses que la sienne, de venir l'écraser sous le nombre. Sans teçir compte de cette circonstance, indépendante de sa volonté, ni de ses exidoits antérieurs, Éric, à son retour, s*était emporté contre elle et était allé, quoiqu'elle fût enceinte, jusqu'à lui donner dc^ coups dont elle n'avait pas tardé à mourir dans le couvent de Wasthéna,