LIVRE PREMIER
au ([ Il iiizièmc siècle, celles de Jean Huss. Par là ou s'exposait à l'excommumca lion, qui, en effet, en 1519, Alt lancée par le paj^ Léon X contre Steo Sture U ; par là, enfin, on permettait au Danemarck de donner
à une nouvelle guerre contre les Suédois le caractère d'une croisade.
Christian II. Sa politique, libérale pour gagner les hatan cUttaas, et tolénoite poor gagner la noUesBe, favorable à la réfonup.
Pour |)oiiv(Mr impunément agir ainsi, il aurait Fallu que le Danemarck fiU gouverné par un roi incapable. Insouciant, maladroit. Mais il n'en était pas ainsi. Jean r% après aipofr, avec son amiral Norby, abaissé les marchands ambitieux de la Hanse, avait frayé le chemin du trône à son ûls Christian H, qui, en 151â, an an après l'élection de Sten Sture II en Suède, fut élu roi de Danemarck.
Or, Christian II était un prince d'une grande ambition et d'une étonnante habileté. Il vit aussitôt ce qu'il y avait d*beureiUL pour lui dans la situation de la Suède. D'abord il afficha des idées très-libérales, tout pour les bourgeois, tout pour les paysans, et c'est pour eux qu'il abolit le droit de varech ou droit de naulhige, principale source des revenus du roi et des évéques eux-mêmes.» Plus tard, on le vit défendre aux nobles de Sééland» de Falster, de Lollaud, de Mœn, de vendre leurs paysans comme des bestiaux, et il accordait à ceux-ci, dans le cas oh ils seraient
FIN uK l'empire danois. 5S
iujustemcnt uialtraités, le droit d'émigier, comme cela avait lieu dans la Scanie, le Jutbland et daos Ttle de Fionîe. On le vit aussi établir une cour de justice supérieure, semblable ati conseil auiitiue de 1 empire germanique, accompaguant le roi partout et pourvu de la liante juridiction dont jusqu'alors avait joui le sénat. Ces tendances, toutes despotiques qu'elles étaient au fond, devaient pourtant plaire à la classe moyenne et au peuple en Suède, parce qu'elles avaient un caractère profondément anti-aristocratique. Une chose non moins agréable, c'est qu'il veillait à ce que la marine de TÉtat loiiruitaux Suédois le sel et le houblon, qu'ils tiraient ordinairement deLuiieck* D*iin antre c6té, tont en berçant le clergé suédois de l'espoir d'avoir en lui un [iroleclcur, il n'était douteux pour personne que, imitant les Sture et flattaut les passions anti-cléricales de la noblesse suédoise, il avait Fintention, petit à petit, d'introduire la Réforme en Danemarck et de conlisquerce mouvement, au moins pour la question des |)ropriétés ecclésiastiques, au profit de la royauté. L'on savait positivement, parexemple, qu'il était fatigué, qu'il s'inquiétaltmème de voir l'évéque de Reskliild, entr'auiies, posséder seul trente ûefs. Ou u' ignorait pas non plus dans le public qu'il correspondait avec Luther, qu'il invitait Garlostadt à venir à Copenhague, et qu'il voulait ménager au clergé danois, trouvé trop ignorant, l'occasion de conti o verses qui le lissent sortir des ténèbres intellectuelles où il vivait 11 laissait parler librement, en 1549, Pierre Lille, en latin Petrus Parvus, Pierre Petit, plus cojuiu sous le uoui de Rosefoutanus, Ro-
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seloutaine, mol qui est la Iraiiuclion de Roskhild. G^était UD gentilhomme de Roskhild, fort imbu des idées nouvelles. 11 accordait la même liberté d'écrire et de parler à Paul Éliason ou Éliœ, prieur des Carmes de Copenhague et en même temps professeur de théologie à r Uoiversitéf autre partisan de la réforme. Enfin, il fit venir de Wittemberg le prédicant Bfartin Reiuhard, auquel il permit de prêcher dans l'église Saint-Nicolas, à Copenhague même (1).
Que pouvait dire» que pouvait faire le clergé, lié à rÉtat par ses privilèges politiques et par ses immenses propriétés (lu il craigiiail de compromettre en uioulrant de rhumenr contre le roi? D'ailleurs, si cette tolérance de Christian II Talarmait, le mariage de ce prince avec âisabetb d*Aulricbe, sœur de Charles-(Juiut, de celui qui déjà était roi catholique des Ëspagnes et était devenu, depuis 1519, le chef laique de la chrétienté, semblait lui donner des garanties qui contrebalançaient ses alarmes. Ainsi Christian 11 avait de (pioî contenter ou inquiéter loul le monde, suivant le côté qu'on envisageait
La fruitière lioUaiidaisc SigeUt itte Villius. Sa vie, son influouce
politique
Mais ce qu'il pouvait faire d'agréable à certaines clàsses était gâté par le caractère peu honorable de
fij On jirui voir, pour tous ces ii«iail8, Eyriés, HitLd$ DoM' marck, rcgDC de Ghristiao II, et ScliœU, t. XXII.
FIN DE I.'LMriBK UANUlb.
son entoanige, par la détestabie réputation des ml* nistres et des confidents qui le conseillaient et qui en
Taisaient le Louis XI du Daaeiuai ck : c'était une ancienne fruitière d* Amsterdam* naguère maîtresse d'hôtel à Bergben, en Norwège, nommée Sigebritte Villius, femme sans mœurs, mais intrigante de premier ordre et femme d'État supérieure; c'était la jeune Dy vèke, que cette même Sigebritte, sa mère^ avait livrée à Christian, espérant peut-être qu'il l'épouserait et que la pauvre marchande d'Ainslordam deviendrait la belle-mère d'un roi; c'étaient trois ou quatre personnages sans foi ni loi, dont Sigebritte avait composé, en quelque sorte, le ministère de Christian II : Hanz Mikkelsen, bourgueniestre de Malmoë, Clans Host, maître Godskalk, et enfin Didrik Slaghœck^ ancien barbier westpbalien, devenu docteur en droit canon à Rome et puis ordonné prôtre. Slaghœck et un autre prêtre, Beldenack, évôque d Odcnsée, étaient les hommes de confiance de Sigebritte et méritaient cette honteuse faveur. On peut ajouter à ces ministres ou conseillers intimes, Éric Walkendopp, aiclievèque de Drontheim et chancelier du roi. 11 se prétait à ses idées de réforme, et en Norwège, où il avait le même rang que l'arehevèque d'Upsal en Suède, c'est lui qui avait eu le mérite de faire connaître D^vèke à Christian IL
Avec un conseil ainsi composé, ni la noblesse de Suède, ni même le peuple, n'attendaient de Christian rien de bon. Ces appréhensions ne se réalisèrent que trop. D'abord, en 1519, après des ouvertures
LIVUK PBEMIER.
d'accommodement avec Sten Sitire*le*Jeuiie, il s'empara perfidement de la personne de Gustave Wasa et
remmena prisonnier en Dancmarck. Puis, avec quatre mille fantassins allemands et deux mille Français que loi envoya François P' moyennant quelques avantages commerciaux faits à la France, et que commandaient Gaston de Brézé seigneur de Fouquarmont, avec le baron Gondrin et les capitaines Saint- Blimond, de Préfou et La Lande, il vainquit et blessa mortellement à Bogesuud, eu 1520, Fadministratcur Sten Sture.