‹ Histoire générale de la diplomatie européenneChapitre 14 sur 73 · LIVRE PRI-MIEU · texte numérisé non relu

LIVRE PRI-MIEU

livré, coniÉè iiousravoD8<ttl^ aax conseils d* une Hol* hndaise, naturelleineût ennemie des Hanséates. 11^

n'en fallut pas davaiilagc pour iiTiler Lulx i k, qui aussitôt suscita à Christian li uiictoniiidai)leopiK)siti(Mi.

Ën iô2i , un jeune liéros, un littérateur, un yifittimr < fies victimes du 8 novemlune et victinH^^oméme', (iuslaveWasa, sonl( im pai elle, s'échappa fui livemeiit d*onire les mains des Dauois, et après uiili&4£avesi6es et mille dangers, après des traliisons impuissantes, des actes de perfidie qui ne purent l'atteindre , il parut dans la DaiécarJie, souleva ces braves et libres paysans d'Engelbreclit, battit avec eux quelques détachements danois, ralluma tout d^un coup dans sa patrie un feu (jui ne faisait que couver sous la cendre, et, le T\ aoi1t 1521, nouveau Stcn Sture, ou plutôt nouveau Charles Ganutson, Tun de ses ancêtres^ il fut prochimé administrateur de la Suède, rendue de nouveau à elle-même. Oh! alors, ( hiistian. senuuît le besoin de trouver un point d'appui eu Daneoiarck contre la Suède qui lui échappait, se radoucit, et, au légat J. P. de Polentia, envoyé pour informer sur le massacre de Stockliolm. où deux évôques avaient péri, il accorda la disgrâce de Beldenack et de Gustave Troll, qui pourtant conservèrent encore leurs siégesépiscopaux, etcellede Slaghœck.quî fut même ju^(^, dégradé et pendu. 11 retrancha aussi (l(^ sa loi ecclésiastique tout ce qui n'était pas d'un catholicisme rigoureux. Mais il était trop tard. La noblesse et le clergé étaient décidés à le perdre. Dans des réunions secrètes, le projet en avait ( le an ct«\ On avait un homme tout prêt à favoriser le mouvement, Fré-

FIN DE L'EMPiRE DANOIS. Oi

déric I", doc de SIeswick-Hobtein, Ponde néme de

^ Christian. T.e clergé se fourvoyait ; car la noblesse ne 'Tecourait à Frédéric que parce qiiMl était un luthérien eteiiét et que, sous lui, elle espérait, comme Taristo- (ÉfiMnàHemande, s'enrichir h son tour des dépouilles de l'Église. Mais on berça le clergé de belles promesses, et se laissant jouer, s' inspirant trop d*uii resiHgtHHlÊ^' qui Taveuglait, il entra dans nn complot qd devait lui être funeste autant qu*à Christian Iniinème, et dont les eHVis devaient même lui faire regarder Christian i^miue le protecteur le plus intelli- , gent, le plus prévoyant et le plus sincère des biens de rÉglise et du catholicisme danois. Des bourgeois et des paysans furent à peu près les seuls partisans de Christian en Danemarck. Aussi, malgré le dévoûment et riiabileté de son amiral Norliy, perdit-il tout en Suède, Abo, Gahnar, Stockholm, qui étaient les deb du pays ; et, pour comble de malheur, il apprit que Gustave Wasa avait été, en 1523, proclamé roi par acclamation. U ne pot rien faire pour réprimer cette révolution triomphante, et chassé de la Suède, il ne se maintint pas non plus en Danemarck où il tomba, la môme année, sous les coups de la double opposition que ses actes liiiéraux et réformateurs, mais taxés alors de tyrannie, avaient fatalement soulevée.

VU

LutbëmiiioieeiiSttèdeeteii Duenarck.

Christian II était Tenncmi commun de Frédéric eldc ( lustave Wasa. Ces deux rois, issus 1 un el 1 autre

62 LIVRB fREMlEB.

d un ijiouvemeul uational dont le même prince avait été l'objet, ne pouvaient pas se combattre et devaient au contraire se concerter et s*entendre pour empêcher une restaiiiation. l'rédéric I" tint Iclc à (Christian II, qui ne fut pris et eniermé dans le lugubre donjon du château de Saenderbourg qu*en 1532, avec un vétéran d^abord, puis un nain pour toute société. Gustave Wasa, de son côli^, privait d'avance une contre-révolution en Suède de tout moyeu de succès» en supprimant les drcnts politiques du clergé, en alwlissant les propriétés ecclésiastiques, que la diète de Vestéras, en 1527, abandonna à l*État, et enfin en instituant un clergé luthérien qui reconnaissait le roi comme chef de la religion à la face du clergé eatholique qui s'était montré trop fidèle aux Danois. Deux prêtres, deux frères, OlaUs Peterson et Laurent, élèves Tuu et Taulre de ï Université luthérienne de Wittemberg, 1* avaient puissamment aidé dans ce changement, et Tun d^eux, Laurent, était devenu le premier archcvê([uo réfonnô d'Upsal, 15^27 à

Au milieu de rélormes qui semblaient n'avoir que riudépendance de la Suède pour but, Gustave Wasa ne s'oubliait pas lui*mème. Dans une nouvelle diète de Vesléras, celle de l^/i/i, qui sam tionna la nouvelle organisation religieuse du pays, il se fît accoitler Tbérédité de la couronne suédoise, jusqu'alors toujours maintenue élective, et il fut dit que les filles mêmes, à défaut d*enfanls màlcs, seraient aptes à succéder.

Ainsi se rompaient, malgré quelques mécouteotements qu'on eut à réprimer parmi les paysans, tous les liens religieux qui pouvaient rattacher la Suède à

piii DE l'bhpiiie danois, 63

GhristiaD IL La même révolutiou, pfépai*ée par la ^niode tolérance de Frédéric 1*% s*acoompU8Mdit« eo 1555, en DaDemarck, sous le règne de Christian IIL

son lils : une lutte lui ieiisc, soutenue par les évèques, trop laid revenus de leur méprise, ainsi que par le peuple, et dirigée par le brave Ciiristophe comte d'Oldenlwttig, lutte appelée Guerre du Camie^ ne put en empêcher le succès, qui fut complet en i^'M]. Ce lut une nouvelle raison pour que Christian 111 et Gustave Wasa se rapprochassent Aussi furent-ils unis jusqu'à leur mort, qui eut lieu en pour le roi danois, et en 1500 pour Théroïque et habile loudateur de la dynastie des Wasa en buède.

Histoiie de Ift paix de Stettiii entre lee nouveaux rôle de Suède ei lee nooveanx tottrenii» da Danemarekt 1370.

Mais, on le conçoit, il y avait des questions nombreuses à décider entre les deux royaumes qui s'étaieut séparés en renversant celui qui les réunissait, Christian IL Les rois de Suède, comme s*ils voulaient devenir à leur tour et à leur profit, par une sorte de représailles, rois de T Union, porlaient dans leur écusson les armes du Danemarck et de la Nonvège, comme les rois danois le faisaient pour la Suède. De plus, ils avaient des prétentions sur Gothland, que Christian 11 leur avait repris, sui' la Scanie, etc. , etc. Ils voulaient affranchir tout le continent suédois» Une nouvelle difficulté survint Les chevaliers Portegidive de Livonie furent attaqués par Ivan IV, tzar

6h LITRE PREMIER.

de Russie, et Maguus, duc de Holstehi, ii]s de Ghristiau III, qu'avaient ap])clé la plupart des villes livo-

uiennes, iatervint. La Suède voulut avoir sa ])arl drs dépouilles des chevaliers. De là des démêlés qui firent de nouveau éclater la guerre entre elle et le Danemarck, sous Teiitravagant et emporté ÉrîcXlV, fils de (.ustavu Wasa, de 1560 à 1568, et sous Trédéric il, lils ainé et successeur de Christian Ili. Le Danemarck était mieux gouverné, plus uni à son roi, plus riche à cause des péages du Sund, plus fort par sa marine et par le concours de la Norwcge, ton joui's fidèle au traité de Calmar, et il pouvait, eu ouLre, contrebalancer Talliance de la Hanse avec les Suédois par celle de la Hollande, d*une puissance alors en décadence, par une puissance en voie de progrès; ce fut la cause de sou constant succès. Heureuse la Suède d^avoir à son service le Languedocien Ponce de la Gardie, à la fois diplomate et général et qui sut empMier sa ruine. Au lien d apporter tous ses soins et toute son attention à cette importante aifaire, Ëric XI Y, dans un accès de folie plutôt que de jalousie raîsonnée, s'occupa de poignarder de sa uiaiii un seigneur du nom et de la maison de Sturc. Ou se fatigua de lui; on le déposa en 1568. Jean, sou frère, époux de Catherine Jaghellon, fille du roi de Pologne Sigismond II, fui élu roi à sa place, et c'est sous ce prince que, l'année uième 1568, un congrès se tint à Aoskbiid pour poser les hases de la paix. On discuta, on délihéra; mais toutes les clauses, dont on i)ul convenir s'étanl trouvées iiiiiijtieinent favorables au Danemarck, Jean ne voulut pas les ra-

FIN DE i/i^MtMBK DANOIS. 65

tifier; il en appela de nouveau au sort des armes

qui se décida encore pour le Dancniarck, el alors fiii arrêtée, après les plus longs débats, sur les bases drs premières stipulations de Roskhild, la paix de Stettiu, en 1570. Elle fut condue sous les yeux et la média^ tion des envoyés de rcnipereur Maxiiiiilien 11, du roi de France Charles IX, et d'Auguste, électeur de Saxe, gendre d*Éric XiV : car, à cette époque, le nord Scandinave se remuait depuis si longtemps et aspirait à tant do ^ratulcnr, que les principales puissances européennes tinrent a iuterveuir dans ses affaires, afin de les régler de manière à garantir Tavenir contre toute f&cheuse éventualité. C'est Dancc*". niiuistie de France en Dancniarck, qui lut le plus aciil médiateur de la paix de Stettin. Que disait-elle?

I* Le roi de Suède cessera de porter dans son

écusson les armes du Danemark k et de la v\ (îge;

2" Les deux rois pourront ajouter les trois couronnes à leur écu, mais sans prétendre s'arroger aucun droit sur les États Tun de Tantre;

o La Sue (le renonce à ses prétentions sur la \orwege, sur Aland, la bcanic, la Blekingie et Tile de Gothland ;

Le roi de Danemarck, de son côté, renonce à la

Suède;

5' La Suède restitue au Dancniarck le Juthland, le Heriedal et la forteresse de Warberg. A son tour,

le Danemarck rendra la place d'Elfsborg. En un mot, les limites seront les mêmes que du temps de Gustave Wasa et de Christian lil;

G6 LIVRE PREMIEH.

6* Les sujets respectifs des deux rois, qui oot pu

émigrer , pourront rentrer sans crainte dans leur pays, de la Suède en Danemarck et récipnxjiiement;

T La Suède» outre le Jutliland et le Ueriedal, rendra les vaisseaux et les canons dont elle a pu s^enoparer ;

8" La place d'Elfsborg, rendue à la Suède, est censée représeutcr une valeur au-dessus de tout ce qui est restitué au Danemarck. Ën conséquence, la Suède paiera aux Danois 150,000 tfaalers pour le rachat de ce district; et cette somme indemnisera en outre le Danemarck d'une trêve qui avait été accordée uaguères à la Suède, et qui avait été très-pr^udiciable aux Danois à cause des pays qu'avaient retenus les Suédois ;

9° Les prisonniers de part et d'autre seront reudus sans rançon;

10* La régence de Lnbeck avait beaucoup i)erdu dans le nord Scandinave depuis quelque temps; mais c'étaient les Danois qui en étaient cause. Néanmoins la Suède seule était obligée de Tindemniser, par le paiement de 775,000 thalers;

il" Omni à l'établissement du prince danois Magnus de Uoistein dans la Livooieetla Courlande, où il était assez aimé des populations, effirayées des Russes, il était dit que Tempereur, avec fempire, en (Icciderait. Nous exposerosis, du reste, cette dernïéxQ alFaire dans les chapitres concernant Tbistoire diplomatique de la Russie (i).

(I) sonrc rs que dans le chapitre préeéàenW plttStDn*

mODi, Corpt cl»!»/., 1. 111.

PIN De l'empire danois. 67

Voila ([iic'l était Je trailédebicUii). Celte reiionciation des Danois à la couronne de Soède* les Suédois rachetaient par bien des sacrifices qui maintenaient au DaiU'UiarcL une pof>ilii>ii (orinidiihic. <iui laisaient que, par la Norwège, la Scauie et le Suiid, l'île de Gothiand, et enfin par quelques acquisitions qui pouvaient s*airemiir dans la Lî?onie, te Danemarek serrait encore de pics et de tons cùlts la Suède, et Tenlaçait pour ainsi dire de ses bras longs et toujours puissants. Une seule question était décidée pour les Suédois, celle de leur indépendance, celle de la rupture en leur laveur de TUnion de Calmar. Mais c'était le point essentiel. L'autre question, celle qui consistait à afiranchir leur situation en faisant reculer le Danemarek, comme la France avait cliercbé déjà à se déîrajîer d'eii[('(' U-s jiossessioiis r'spatïnolos, celle question, ils pourront bientôt travailler à la résoudre, et nous verrons qu'ils le feront avec plus d'éclat encore et plus de succès.

Mais aupat avant, occnpons-nous un pendu monde slave, et en particulier de la Russie. Plaçons ce formidable État en face du double objet de sa persévérante ambition, Constantinople et TEurope, Torient et l'occident. Dans sa marche progressive du nord au sud, il rencontrera, il heurtera aussi les États Scandinaves. Nous aurons alors occasion de reprendre Thistoirc diplonialique de ceux-ci, et de voir lequel d'entre eux aura tenté de refaire à son profit Tœuvre qui vient de se briser dans les mains des Danois.

Ouvrons donc les annales de la Russie : aussi bien ce ne sera pas, pour ainsi dire, quitter la Scandina-

livub prkmieb

vie; car les premiers conquéi^nls russes sorlaient de la Suède, et, du moins par TacUvité inquiète qui les dévorait et qu'ils ont transmise à leurs descendants, ils ressemblaient aux peuples divers dont nous avons exposé jusqu'à présent les rapports diplomatiques, les entreprises et les desseins. Mais avant de tourner leursvues et leurs eflbrtsdu c6té de TEiut^pe, du côté de l'occident, c'est vers Gonstantino])lc, vers l'empire rouiaui d'Orient, qu'ils dirigeront leurs paii envahissants; ce sont leurs premièi*e8 relations avec cette grande et importante dté, dont nous présenterons d'abord le rapide tableau.

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