LIVRE SECOi\D
LA BUS$i£ ANCIENNE El CONSTANTINOPLE.
GHAPIiaE PA£M1ËA.
KuMnlc eu faee de t'oui^lMiitàiiople , dcpiilii M»» «ris i ne |uM|u*i»a •elxlème •lècle»
I/w RuasM dcTaiit Coristaaùnople, di» Tan S50 apr^ J.-CL
Ce li est pas d'aujourd Imi que les Russes ont jeté uo œil d'euvie sur Fantique cité de Constaoïin. Le^ ?aefl ambitieuses* les tendances |>ersévéraotes dont FEuropeen ce moment se préoccupe ets^eflTraie, on les relruuse chez eux dès leur origine iiJcaie.Versl an^jôo après Jésus-Chrisi, pendant que des bandes nombreuses et bardies de pirates northmans pillaient tout sur rOcéan et la mer da Nord, TAngleterre, Tempire car^ lovingien, d'autres Noi llimans sortis de la Suéde et appelés Russes^ Ruricks ou enfants de Buriek, leur cber, mais surnommés WarègueB ou pirates, traversent la Balti^e, et vont chez les Slaves de la Sarmatie
70 LIVRE SKCOND.
foBder par conquête, à Novogorod-la-GraDde, ie premier noyau de Tempirc russe. Aussitôt* ayant entend u parler de Tzaragrad, de la ville des Césars, coamie ils appelaient Coustaulinople, et voulant partager, dans rorient, le bonheur et la gloire des fiariMires qui avaient conquis l*ocddent, ils prennent la route du Dnieper, s'emparent en passant de Kieff, arrivent sur les bords de la mer Noire, et, pendant que les Grecs, sous Michel 111 Tlvrogne, se disputent, se battent pour leur schisme, ils paraissent subitement devant le port, jettent Tépouvante dans la ville, et les Grecs, divisés et allaiblis, n'en sont quittes qu'en leur donnant du vin, du blé, de Fbuile, des épiceries de Tlnde, des tissus en abondance, moyennant quelques esclaves et quelques fourrures qu'ils reçoivent en retour (1).
Ëxdtés par ces marchés avantageux et attirés par tous les récits qu*on leur fait des merveilles et de la magnificence de Constantinople, d'autres Warègues ou Russes accoururent bientôt sur les pas des premiers, montés sur des troncs creusés de chêne on de bouleau qui leur servaient de bateaux, et cette fois s'emparent du porl même de Tzarai;i a(L menacent de prendre la ville à la faveur des mêmes troubles, et il faut une effroyable tempête pour les forcer à se retirer.
Depuis, la rr)iiî( dit connue, elle lut tracée; les llusses, sous les successeurs de Rurick, ne manquèrent pas de la suivre. Tels, leurs anciens compati) LRYCM|ue ei iîaraiu»iu, Ifwl. ûe Rnuie, 1. 1.
LÀ ftUSSlK fit CONâTANTKNOPLfi.
triotes, les Northmans français, lorsque, à partir de I au 1000, ils s'écoulèreut comme un inépuisable torrent dans la rlcbe Italie méridionale et ne se reposèrent qu'après avdr fondé le royaame des Deux- Siciles; on tels rncorc les Northmans danois, (|ui, à la même époque et après d'incessantes invasions, parvinrent à oonqoérir 1* Angleterre saxonne qui passa ensoite anx Northmans français.
I.e caractère normand, une cupidité insatiable, une aiiibition riisee, une soif pcrscyrrunto d'ctablissonieiUs et deconquétes, se retrouve partout, eu Angleterre, en France, dansles Deux-Sidles, en Russie* Suivons^ le développementdanscedernier pays. Tous les faits sont curieuxà notcrdaus la [)owrsuite d*fin btUquelcs l'uisses, toujours ardents, temporisant souvent, ne renonçant jamais, cfierchent encore àatteindre aujourd'hui.
En 90/i, après la mort de Rurick, Oleg, onde et tuteur d'Igor, reparaît devant Constantinople ; mais, cette fœs, le Bosphore est détendu. Yain obstacle : il transporte ses frêles embarcations par dessus Tisthme, comme fera plus tard le sultan liahonu't II pour ses loiirris vaisseaux, et, le premier, rend Léon-le-Philosophe, un successeur de Constantîn-le-Grand, tributaire des Russes, d'une bande de pirates triomphants (1 ) .
I^^or lui-mêni(\ en ^)V1 , pciidanl i\ui^ les forces navales des Grecs sont aux prises avec les Sarrasins, et qu'à l'intérieur Constantin VU et l'habile général Lecapenus ensanglantent Tempire de leur rivalité.
(I) Schdsll, Hm. én tiaii twrop., t. XI. ch. xxv.