‹ Histoire générale de la diplomatie européenneChapitre 16 sur 73 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

Igor lui-même vient réclamer te tiibut promis» It

était sur le point de prendre Constantinople, lorsque, par uuc prudence diûicile à expliquer daus un peuple aventureux et avide, les vieiUai*ds i*arrètèreiit dao5 la victoire en lui faisant entendre que les Russes* sans organisation, sans gouvernenieDl stable, étaient bien capables de piller Gonslanlinopie, mais non de ]a garder après Tavoir conquise» Voilà du moins ce que dit le chroniqueur Nestor, 1* historien des origines russes.

Les empereurs, conlormémeut aux traditions de la diplomatie byzantine, les prennent alors à teur solde pour les opposer à d^autres barbares, aux Bulgares de la ilirace, et se sauver eu x-niènies cnuu luini aux prises les uns nvec les autres leurs divers ennemis. Mais Sviatoslatf, après Igor, trouve le pays superbe* « Ici, envoie-t-il dire à ses compatriotes de Kieff, ici « on m'apporte ie pin et les fruits de la Grèce; la « Hongrie me fournil di s ( hevaux, la Russie du miel, « de la cire et des esclaves. Que me manque-t-ii? Je « m*établirai à Preslau. » Cette ville était Tancienne Marcianopolis. 11 arrive mômejusqu'à Andrinople, et, trouvant le pays de plus en plus beau, il tente deux fois de s'y fixer, de quitter le dur climat du nord pour le climat plus doux et le sot plus fertile du midi ; et il fnlhil, poiii fnire ajoin'nrrce précoce établissèment daus les provinces danubiennes, le courage persévérant de Jean Zimiscès qui re|»it Preslau, et la diversion opérée par la grande tribu sarroate des Pctchenègues (}ui assiégèrent Kieffà rinstigaliou dos (■recset forcèrent les Russes à rentrer chez eux. Cela

r.A RUSSIE ET CONSTANTINOPLK. 73

flura de Dôô à 973, c*est-à-dire ({ue Sviaioëlaff épouvanta GonsiantiDoplc pendant pins de vingt am (!]•

Polilique des Rustn dans leur conversion et dans les mariages de leurs

dkefs, au dixième siècle.

Sous WiadimiHe*GraDd, les Russes se décidèrent à abandonner le culte sanguinaire de Peroun, leur

dieu, dont des rapports Wqiients avec les Grecs leur avaient révélé la mauifesle absurdité ; ils résolurent de suivre les conseils pressants d^Olga, venve de Svialoslaff et mère* de Wladimir, qui, à Constan* tiiioplc, s était convertie au christianisme avec cent Russes de sa suile. Mais, politiques avant tout et en tout autant que rapaces et entreprenants, entre tous les cultes mahométaii, judaïque, catholique, grec, (iontles ministres se disputaient leur conquête, ils délibèrent ensemble sur le choix à faire ; ils cherchent le plus utile à leurs vues sur Torlent, à leur constante ambition. C'est pour cela que, en 980, ils se prononcent pour le sdiisme grec, avec lequel ils espèrent se faire accepter un jour plus facilement par les Grecs subjugués (2). £t aussitôt, pour joindre au droit du plus fort, toujours leur unique droit, (|uelques droits véritables sur Constantiuople, de Théodosie et de Cherson où ils sont déjà campés, des mêmes lieux oh Catherine II mettra plus tard cette inscrip^

U) ScbœU, i. XI, p. 116.

(2) Chronique l Uêse dt Ncêtor*

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