‹ Histoire générale de la diplomatie européenneChapitre 3 sur 73 · UNION OC CALMAR · texte numérisé non relu

UNION OC CALMAR

rAugieiene en prcsiiicc des autres i:^tals britauuiifues, et que la Caslille devant les autres royaumes de FEspagne. SousTempire de la même situation, les procédés d iiiiioji lurent les nuiiiis dans ces trois |)ays anuexiouistcs : cbacuu d'eux recourut àuu ma-* riagOt et ce furent Cbarles-Quint en Espagne, et Jacques 1*' dans la Grande*Brctagne, qui en recueillireut le fruit; dans le monde Scandinave, ce fui Marguerite de VValdéniar. Les circonstances se prêtèrent admirablement à remploi de ce moyen et servirent même à le suggérer.

En 1318, la dynastie des Inj^lingîens, qui régnait en Norwège, étant venue à s'éteindre, les Norv égiens donnèrent la couronne à Magnus U, roi de Suède, de la race des Folkungicns. Magnus II réunit donc la couronne dt; sorwègcî à celle de Suède, cl il la f^;irvla jusqu'en i;543, époque à. laquelle ses nouveau il sujets, mécontents de son administration, ou peut-être revenant, sous nne génération nouvelle, à leur instinct d iudépendauce et d'anlonomie, voulurent pour roi son (ils Uaquin, qui était le second de ce nom pour la Suède et le septième pour la Norwège. Séparation momentanée, du reste ; car Magnus II n^ayant pas su conserver uou plus le li'ùne de Suède et étaul tombé sous Tattaque d*une aristocratie républicaine, lia* quin rétablit, eu id62, la réunion des deux couronnes sur une niènïe tète, cl les Norwégiens ne le virent pas avec peine, puisqu'ils semblaient cuv-mémes donner un roi à la Suède, rinon par Torigine de ce prince, du moins par la priorité de leur cboix. Quel beau parti pour mie pi inccsse qu'un roi jeune et (jui pou-

LIVKË PBJilIlEB.

vait lui donner, en présent du matin, un double diadème; mais surtout quelle belle occasion s'offrait à Waldémar III pour arriver, à Taide du mariage de sa fille atoée Marguerite, à cette unité acandinaye qu'il rêvait, sous l lugémonie du Daueniarckl Le mariage de Marguerite avec ilaquiu fut aussitôt négocié, et comme U souriait à ramdur-propre de Vm autant (lu'aux vues ambitieuses de l'autre, il fut conclu, et un lils du nom d OldUs ne tarda pas a venir consolider, par sa naissance, les liautes espérances fondées sur cette union.

Waldémar contemplait déjà, dans Tavenir, cet empire Scandinave, cet empire du nord qui devait en résulter, et qui, nécessairement placé sous la prépondérance du Danemardc, ne serait, au fond, que Tempire danois, et perpétuerait la gloire de sa prévoyante politi(|ue et de sou nom. Mais les Suédois et les Danois étaient aussi antipathiques les uns aux antres, qu'en £spagne les Àragonais et les Castillans. Plus mélangée de tudesque> la langue danoise se rapprochait davantage de F idiome germain, et, sous ce rapport, les Danois se présentaient à l'esprit des Suédois comme une branche abâtardie et trop ger^ manisée de la race Scandinave, plus autochtone et mdns défigurée chez eux. A cette fierté d'un sang pins originaire et plus pur se joignait la perepective, eflhiyante pour eux, de dépendre un jour d'un roi commun, qui se tiendrait naturellement dans le Daneniarck, TEtat prépondérant, comme au seizième siècle les suecessenn de TAragonais Ferdinand-le- Catholique, résidèrent en Castllle et devinrent même

UNION DE GALMAB.

Castillans. 0"^* jçagneraîenl-ils au Uioinplie (ie cette combinaison proloode et politique du vieux roi Waldémar? Le Danemarck reculerait-il pour cela jusqu'aux Belts, et par Tabandon de h Scanie rendraitil à la Suède un pied sur le Sund en même teuip» qu*uDe plus complète possession de ses froulières iiaturélles? Nob. La Suède se lrou?erait saua roi* par Tabsence probablement continuelle des successeurs de Maigueiile et d'Haquin, devenus de véritables Danois, et, loin de bénéficier à la réunion de toutes ces couronnes scandinaYes, elle serait elle-même dé* couronnée et moralement diminuée. Les insli{;alion8 d*une puissance maritime très-considérable et trèsredoutée dans le nord, la Uanse-Teutoolque, venaient encore envenimer tous ces molifo d'opposition, afin de faire échouer les plans alarmants d'un Étal dont la tyrannie douanière sur ie Sund pourrait devenir inébranlable et s*aggraver peut-être par son accrois» senmt Sous Fimpulsion de toutes ces oonsidérations personnelles ou étrangères, les Suédois se soulevèrent couti^e Haquiu, 1 année même de son inquiétant et odieux mariage, le détrênèrent comme ils avaient détrêné son père Magnus, et le réduisirent à sa couronne de Norwège, où le principe d'hérédité, base de la constitution norwégienne, le mettait plus à l'abri du coup qu*il venait de subir dans une monarchie élective. C'est là que Marguerite et lui vinrent recueillir les débris des espérances paternelles, et qu'ils purent commencer à penser que la pierre d'acboppenent pour leurs grands et ambitieux desseins ne serait ni dans la Norwège, restée lidèle malgré rexciu-

12 LIVRE PREMlCIt.

pie dangereux de la rî volntion suédoise, ni en Daaemarck, où llutérèl ualional devait tempérer les siisceptibîlités plus vives des citoyens dans un État également électir, mais en Suède, où rien dans la rniisîilution, rien dans les satisliu lions de l'ariiourpropre ue cou tenait rimpatiente ardeur d'iudépcudante nationalité.

Le vieux Waldémar dut faire aussi la même réflexion, tandis que les Suetluis, pressés de se reconstruire une plus entière aiitonoiuiet et trop dominés peut-être par ce désir, ne craignaient pas d'aller ofTrir le sceptre de leur pays à un Allemand même, Albert de Me( klenibourg, qui ne tenait à la Suède et au saug Scandinave que par sa mère, Euphémîe, sœur du roi Magnus si maltraité par eux, et qui était étranger partout le reste, par la langue, le costume, les mœurs, qui, de plus, s'entourerait surtout de gens de sa nation, plus faits pour le conw prendre, et, au milieu d'un peuple moins avancé que les Germains, pourrait bien aifecterà leur égard les airs dédaigneux d'une orgucillcuije supériorité.

Leur offre ne fut pas vaine, et ainsi, en 1363, Tu* nité Scandinave était remise en question. Chaque État avail son roi : la Suéde, Albert de Mccklembourg; laNorwèf^e, ITaquiu; le Danemarck, Waldémar, l'auteur de l'édifice dont un coup de vent de Suède avait dispersé les ouvriers et arrêté les travaux. Mais les fondements, c\'st-a-dirc le mariage de Marguerite avec Haquin, ce mariage qui avait produit Olatis, un prince tout à fait Scandinave, Fespoir des Norwégiens qui l'élevaienl comme leur futur roi, et dans

UMIO^ DË CALMAT.. IS

lequel les Suédois, plus encore que les Danois, ne pouvaient se refuseï* à voir im ciiiaiit du pays, u'avaient pu être atteints la tempête et restaient debout, donnant de moins proctiaines, mais toujours égales espérances.

Une autre chose (juc les Suédois n'avaient pu détruire non plus, c'était le génie actif, vigilant, poli* tiqoe et plein d'énergie de Marguerite, ce génie qui, a d( laut de son père, dont Tâge avancé ne promettait plus de longs jouts, ne devait n^llger aucune occasion de laire valoir les droits de sa naissance ou de son union, saurait les faire triompher, et sans tremhU'ï devant une épée, lesniainlenir au besoin par les armes. On le vit bien eu 1375, à la mort de VValdémar, quoiqu'elle n'eût encore que vingt-trois ans. Dès qu'elle apprend cette nouvelle, que la politique al tendait, sinon Ja piété fdialo, elle? aceourt en I>anemarck avec sou liis, et, dans un pays qui partageait rambition de ses chefs, elle n*a pas de peine à procurer à Thérltier présomptif de la couronne nor- \M i^ienne les suHVages de la nation. Cinq ans après, iâ^, par la mort d'Uaqiiin, Norwège et Danemarck n'eurent plus qu'on même roi, un roi enfant, mais protégé et gouverné par sa mère.

PoUtjqae de Mai^ucrite de \\'nld<'mnr fn f!x>-o. de la Suède. Sa rivulité

avec Albert du Mcckltiubouig.

À cette époque, le prêtre et docteur anglais WiclefT . tonnait contre les propriétés ecclésiastiques : toute

r Église s*en était émue, et dans la Scandinavie, où

availpii retentir lYrho bruvant de s( s prôdicalioiis, le clergé tremblant diercbait partout un soutien contre Tesprit rationaliste, dont ce professeur ardeot et considéré avait fièrement relevé le drapeau. Marguerite oiTrit cet appui nécessaire, et, par un contraste adroit avec les idées des novateurs, non-seulement elle maintint TÉglise des deux royaumes unis, Norwège et Danemarck, dans ses droits politiques et dans ses biens, mais elle renchérit sui* ce qui existait, et fit bénir, pour ainsi dire, aux membres du clergé, les vains dangers qu*on leur suscitait, puisqu'ils amenaient pour eux de la part de l'État un surcroît iualteudu de richesse et d'honneur. EUe pouvait en retour fonder sur leur juste et reconnaissanle influence le succès désiré de ses plans de force pour la Scandinavie et de grandeur pour le Danemarck : car eu Suède même, où elle n'avait pmnt d*action, mais où le maladroit Albert de Meckiembourg, trop livré aux conseils d*une noblesse jalouse du corps sacei dotal, ne s'inspiiait pas autant d'un intérêt pourtant Identique, il n'y avait pas un évè* que qui ne souhaitât en secret de vivre de nouveau sous un gouvernement plus fermement protecteur.

Mais, ô malheur! le piiuce dans la personne duquel devaient se réaliser tous ces grands projets, fut moissonné en id87 à la fleur de son ftge, et toutes les espérances qui reposaient sur sa tète, semblèrent s'évanouir avec lui. Margueriie en lut accablée, et comme mère et conune reine. Cette mort, en effet, la laissait seule en Norwège et en

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Danemarck. Daos cbacnn de ces pays, sa position

[lolKkfuo pai'aissrul iinitiucuieiil lojiirà IVxistence de soB mah ou à celle de son eofant : incertaine de Yy conaerver, coaraieiit penser qu'elle pourrait Tétendre à la Suède elie-mème, où elle était moins inflnente et plus étrangère ? Elle l'espéra pourtant : un salutaire seutiment de oonfiauce en elle-même et dans sa po- Mtiqœ, la soutint au milieu de Tabandon apparent de toutes ses chances, et lui fit croire encore à la possibilité du succès. N avait-elle pas cherché, pendant la maladie de son ûls» à tout prévoir, à tout lier à elle, à tout disposer en sa faveur? N*avait*elle pas (1 abnid tenu sa mort secrète, jusqu'à ce que la majeure pai lie des suilrages lui fût assurée en Norwege et en Danemarck» ot ne sa?ait*elle pas quelles sympathies elle esdtait en Suède, parmi une classe pub* santé par son caractère et par ses biens, et dont sa disparition pourrait compromettre au plus haut point la sécurité? £nlin, ridée de l'unité scandinaTe n*a- ▼ait-ellepasun peu fait fortune, et ceux qui en étaient partisans ne regardaient-ils pas Marguerite eonime la personnification même de ce système, comme [Indispensable instrument de sa réalisation? Aussi, à peine eut-elle dévoilé la fin prématurée d'Olatls, que les états de bcanie, dont les principaux députés lui étaient dévoués, par une heureuse initiative, la proelamèrent à Lund, près de Malmoé, régente du Danemarck, et, ajoutant à cet honneur une marque plus significative et inouïe de sympathie et de con<fiance, ilsdéddèrent qu'on n'élirait un roi que sur sa demande expresse, et que le pouvoir serait inamo-

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vîble entre ses mains. Avec la comnîiiiiaalc de pensées et de désirs qui unissait les Danois et Mui'guerile, Icssafirages du Danemarck n^étaieiit pas douteux. On ne se préoccupait que des dispositions de la Scanie, ()rovince libre quoique conquise, importante par son etcadne ei par sa situation, et toute d'origiue suédoise, la décision de l*asseniblée scanienne une fois connue, celle du Danemarck ne se fit pas attendre : elle remettait aussi à Marguente le sceptre de Waldcmar, avec le soin d* accomplir ses vues.

Forte de ce premier succès et pouvant se présenter avec le prestige de reine déclarée du principal État Scandinave, Marguerite rcloia iiu clicz les Norwégiens poui' avancer d'un pas de plus Touvrage si heureusement x^epris. Soit habitude, soit raison, soit torpeur statlonnaire d'esprit, assez ordinaire aux peuples pauvres, les Norwégiens n aimaient pas changer de maître ; ils restaient là où on les avait placés. Marguerite les avait gouvernés jusquelà pendant la minorité d*01aOs ; ils lui continuèrent les nu'Uies pouvoirs, avec le même privilège et la même durée qu'eu Scanic. Organe anticipé de la nation« le sénat n*eut qu*à parler ; son décret favorable fut celui des états assemblés. Ainsi la mort d*01atls n'avait rien détruit; la dualité, prélude de IVutière réunion des couronnes Scandinaves, était maintenue.

Restait la Suède à gagner, ou plutôt Albert de Mecklembourg à renverser. Pour cela il n'y avait qu'à favoriser le plus possible le dévelop[)emenl de^ germes de mécontentement que ce prince avait apportés dans son origine et ses pr/^jugés allemands. Il s'en fallait

que, avant même son entrée en fonctions, il plAtàtout

le monde; et rettc aiiiij iiiiîe de f|i5plques-uns ne fit que s'étendre, quand on le vit ti^uiler les Suédois d*igDorants, de grossiers, n*aimerqueles Allemands, ne prendre conseil qoe de céux-ci, et oITenser à la fois r^i iiioîu'-propre et les justes susccplibiliics de la nation suédoise. L'aristocratie ecclésiastique surtout, moins en crédit auprès de lui que la noblesse, ne pouvait le souffrir et servait font antre que lui parmi le peuple et les p;i\sans. Le ridit nh» qu'il versait sur Marguerite eu 1 appelant ia servante destiwinesel roi sans culoue^ en lui envoyant même, dit-on, une pierre pour afQner ses aiguilles et aiguiser ses ciseauv, ne faisait qu'envenimer le mal jjarmi les prêtres, ne le guérissait point parmi les masses, et n'était qu'un in* direct et imprudent défi jeté à une reine qui était capa* ble de relever le gant et qui attendait seulement, pour en finir plus tùl, que rinjurieux monarque ciU comblé chez lui la mesure et s'offrit lui-même à ses coups.

Il sut que Marguerite, pour tonte réponse, intriguait ajiprès des Suédois de toutes les classes et de tous les rangs, et qu'elle préparait une guerre où le rôle spécieux de libératrice viendrait légitimer et consacrer en quelque sorte son ambition, 11 voulut la prévenir pom n'avoir pas l'air de la craindre, et dans sa déclaration il prit le titre de roi de Norwège et de Danemarck, comme pour confisquer à son profit les grands desseins des Danois et intéresser h sa cause 1 ambition de ses sujets. Excellente mesure, si, peu après, il n'avait commis une faute qui, en lui aliénant les chefs de la noblesse

iS LIVRË PREMIER.

suédoise t devait géDéniUser sou impopukrilé, lui

6ter en Suède son principal point d appui, et reudrc sa perte certaine.

ni.

L'ancien drott de Suède, B6Joiis8on-Grip, et ses liériUer».

L*ancien rot Magnos s*était plu à élever un sd*

gneur appelé Bô-Jonsson-Grip, qui, en toute circonstance, et principalement dans une guerre contre la régence de Lul>eck an sujet des douanes du Sund, lui avait montré le plus inaltérable dévoftment. Durant cette lutte, qui se termina en 1370 par le traité de Stralsuud, et qui procura pour quinze ans à la Uanse-Teutonique la possession de la Scanie, c^esl-lhdire le portage de la doninatlon du Sund, Bô avait prêté à Magnns des sommes considérables, l^ar reconnaissance et par délicatesse de loyal débiteur, Magnos loi avait donné en gage la Finlande, Ton des greniers de la Suède, plusieurs places fortes et la ville d'Upsal, domaines immenses et qui représentaient une valeur bien supérieure à Targent emprunté. Lui ayant ainsi fourni le moyen de remplacer bientôt le capital prêté, sans pourtant en faire aucunement rabatuion, et d'en retirer même des intérêts énormes, il voulut en outre le combler d honneurs. Au moment de sa déchéance il le nomma drost, ou lieutenant du roi en Suède, fonction éminente et qui en faisait couiiue un maiic du palais.

Il n'y avait donc pas dans tout le royaume, de seigneur plus ricbeque Bô,il n'y en avait pas d*aussi puis-

UNION DE CALMÀR.

saut. All)erl l'avait ménagé, et, quand il déclara la guerre a Marguerite, c est à lui qu il donua le poste de confiaDcequ'aprèsMagnuset pendant la courte durée de rinterrègne il afadt déjà rempli. Ce n*est pas quHI ne hii enviât le ti <)[) riche gage dont il elait nanti, et qui, eu portant uu rude coup aux finances de TÉtat, mettait le roi dans la perpétuelle nécessité d'emprunter, même en teropsde paix, sans aToir de quoi répondre, sans avoir un su (lisa i) t ( redit. Mais il n'osait se mesuiwavec Bô,quiéiail un persouna^'(^ trop considérable en Suède, et qui de plus était aimé de la noMesse« dont il défendait, à la fayenr de son titre de drost, comjiie autrefois les maires du palais clu z les premiers FrancSt les privilèges et les droits* B6 étant venu à mourir en iââ6, avant le commencement de la guerre, il crut que la position de ses héritiers, quelque nombreux et importants qu ils fussent, ne lui commandait pas les mêmes ménagements, et pressé d'ailleurs par les besoins de la Intle procbaine, il révoqua tous les domaines aliénés par ses prédécesseurs. S'il n'avait fait que reprendre les terres ou villes que Blagnus avait engagées à Bô, beaucoup de seigneurs, jaloux de la fortune de ce favori, auraient vu sans peine cette mesure ; mais annoncer qu'on allait faire main basse purement et simplement sur toutes les aliénations domaniales des règnes précédents, c'était attaquer et indisposer tout le corps de la noblesse, provoquer des défec lions, des trahisons peut-être ; c'était renoncer à tout appui suédois et se réduire au seul secours du Mecklembourg ou de la Hanse, secoursallemand, secours odieux, qui redou-

20 LITRE PHU.\li£U.

blait les haines de la nation et ses chances de perte.

On viî aussitôt les hériliors de R6, aeconii)ap:ijés des exécuteurs teslameiilairesdecc seigneur, au nombre de douze, quitter la Suède, se réfugier ou phitôt se rendre auprès de Marsnerile, et, d'accord avec le sénal siu'dois avait promis de nii i'icr leurs actes, lui offrir la courouiic de leuj* pays moyennant rengagement de respecter leurs droits. Ce n'était pas national, et Fégoîsme de caste se faisait terriblement sentir dans colle ikuiarclie. Mais qu'importait qu'Albert de Mecklembourg représentât mieux que Marguerite la nationalité et rindépendance suédoises, rofTre de la couronne suédoise n'en était pas moins faite et acceptée, l'aristocratie n'en était pas moins sauvée, et Albert de Mecklembourg était perdu. Le dévouement des Mecklembonrgeois, dont le commerce était plus favorisé en Suède sous Alherl, et quelque argent des Lubeckois, vexés de ce que Marguerite, à l'expiration du traité de Stralsund, en 1385, leur avait repris la Scanie, ne pouvaient suppléer à l'abandon pres(|ue complet des Suédois. Il marcha pourtant contre Marguerite, jurant, à la manière des chevaliers de son temps^ de ne pas mettre le bonnet, qui était la coiffure suédoise, qu'il ne fût vainqueur de son ennemie. Avec lui marchèrent beaucoup d'Aileuiauds cl des Suédois de V^ssociation des chapeaux^ formée sous son patronage et dans son Intérêt. Sur mer, il devait être secondé par les Vilalieit.s, j>iraU'> uieckleinbonrtïeois qui iufcslaient les côtes de la Scanic et du Danemarck et fournissaient des vivres aux Allemands de Stockholm. Zèle

UNION DE CâLMAR.

inutile et concours iofructueux : Marguerite, qui a?aît des intelligences jusque dans son camp, le Tainqoit à Falkoping, en iSS9, et Albert, oontrairement

à son serment, mit le bonix i suédois, non vainqueur, mais vaincu, nou iibi e, mais prisonnier, non spouta* nément, mais par ordre de Marguerite, non au milien des siens, mais sous les yeux de sa Hère et dédaigneuse ( iiiu'inie, qui voulut le voir coiffé de ce bonnet dont les Allemands, partisans du ckapem^ s'é* talent tant moqués, et du plus grand qu'on put trouver. Enfermé ensuite dans le château de Lindholm, en Scanie, il n'en sortit (}u ( n 1390, lorsque les dames duMecklembourg eurent payé sa rançon en vendant leurs bijoux» Mais sept ans s'étaient écoulés, pendant lesquels Marguerite avait achevé l'expulsion des Allemands, piirp:é la Baltique des pirates vita- UenSf et facilement consolidé le résultat de sa victoire an milieu d'un peuple dont les circonstances avalent chant;é les sentiments et qui l'avait appelée. Albert de Mecklembourg ne put donc recouvrer ce qu'il avait perdu, et, tranquille, Marguerite s'occupa de perpétuer après elle, en foveur de quelqu'un des siens, la réunion des trois couronnes Scandinaves que le vœu des populations et le bonheur de ses armes avaient placées sur son firont.

L'UnioB de Calmar en 1397. Son caractère, ses clianccs de duré*',

■es impiïrrectioiM*

Elle avait un petit-neveu, appelé Éric>le-Poniéra-

XIVBE pbbhikh.

Oiea, d^ime £9ijQ|iiJe uon p^s allemaucie, luais slave, 4Mnme le sont les familles pominuiieiinest £Ue le 0t d*abord élire roi de Norwège et de Danemarck, pramettanl, sur la demande formelle des états de ces f»1St qu'elle 9eMle gouvernerait jusqu'il sa mort au nom de son royal protégé, qui ne serait là que comnie la reconoaissancc anticipée d'un principe (1). Puis, ep 1396, saus perdre un moment, elle le présenta 9m (Mat^ de Suède, qui, sans trop se faire pner, Tagréèrent aussi dans les mêmes conditions «t le proclamèieiit dans la piairie de Mora. Ainsi r iipii^ yjindiBaveau profit du Dauei narck avait chance de vi^re deux lègnes. Mais Marguerite lui vonliMt une plus longue durée, et ce qu^elle venait d*obteDir n*élait, à ses yeux, que le premier anneau de perpétuité qn'^e rôvait pour sou système. L'atLilude de qqirtqilM mimbres de rassemblée suédoise, principalement parmi la noblesse, Tavertissait de ne pas perdre de tCMipi^, lu ( l ainie que celte majorité, qm reQthousiasme 4 UD^ révolution désirée lui procurait, ne se cbange&tj par la réfleuon, en une impuissante minorité. Vite donc elle se mit à Fœuvre avecsei» cousciiiers habîLucIs, ïnhhc de Soora. Abraham fiifûderpson et Algot Mousson ; ensemble ils préparèrent un projet d*un]09 Scandinave, où Tsimbition du Danemarck et sa réelle domination furent couvertes le mieux possible du palliatif de Tindépendance administrative pour chacun des royaumes unis; ensemble aussi ils ne nc^gligèrent aucune oc-

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