‹ Histoire générale de la diplomatie européenneChapitre 30 sur 73 · LA BUSSIE ET LA MER BALTIQUE · texte numérisé non relu

LA BUSSIE ET LA MER BALTIQUE

« firméce titre; il leur dit ensuite que si leur maître 1 désiraitétre légitimement revêtu d*oiie dignité nou- 9 Telle, il faUait quUt en traitât avec le souverain- 4 pontife^ ainsi qu'a\aieni couinme de le faire les « autres princes chrétiens. Cette observation amena fl les ambassadears nuaes à raconter au P. Jésuite fl que ies empereurs Hmarius et Arcadius avaient % envoyé la coiironne bnpérialc a leur grand-duc c Wladimii\ et que le souverain-pontiie lui avait c confié le titre impérial par rentremifle d*un certain

• évèqne nonuné Gyprien. Possevin leur apprit que c Houorius et Arcadius avaient vécu cinq cents ans « avant leur VVladimir, et il aurait pu ajouter que « TÊtat russe n*existait pas encore; mais la découm verte de cet anachronisme ne les déconcerta pas : « ils répliquèrent que ceux dont ils pai laieiit claieiit t deux autres empereurs coiitemporaius de Wladi-

• mir. » Néanmoins ils ne réussirent pas. Ivan IV ne fut appelé que Magnus Mûscwiœ dux, I1n*est pas possible de douter, après cela, de riuiportaiicetiu'avait le titre de tzar dans la pensée des Ivans et dans celle des puissances, puisque des plénipotentiaires» dans nn congrès solennel, refusent de le reconnaître.

Après ces discussions et bien d autres, la paix fut signée le 15 janvier 1562, etconlirmée par un baiser de la croix, selon Tusage des Russes; puis chaque partie en rédigea nn exemplaire et le signa, et on en fit l'échange, au li^u de prendre de part et (Tautre un même instrument revêtu des signatures de toutes les parties contractantes.

LIVI&E SECOiNO,

Traité de KiTerofA-Borka, ISftt.

Par ce traité, signé à Kiverova-Horka pour dix ans, 1** le tzar céda au roi de Pologne tout ce qu*il tenait en Livonie, ainsi que Witepsk avee'WieUiscb sur la Dwina; 2* le roi de Pologne restitua, de son côté, Weliki-Louki, Newel Sauoloczi, Kholm et les endroits delà province de Pscotf dont il s'était emparé; â*Polotsk ne fut pas nommé dans le traité. Cette tOIc, par conséquent, resta aux Polonais, et reuiplaça Smoleusk qu'ils avaient perdu sous Basile IV.

Ainsi les efforts d*lvan lY, pas plus que ceux d^lvan III, pour s^ouvrir la Baltique par la Liyo-

nie et communiquer immédiatement avec l'Europe, n'avaient pu amener d'heureux résultats. Mais un avantage était c^tenu» grâce aux soins malencontreux de la cour romaine trompée par plus fin qu'elle : la Pologne était détachée de la Suède. Maintenant, comme le trait principal de la politique et du génie russes était une patience qui ne se rebutait pas, une persistance qui ne se démentait jamais, battus en Livonio, les tzai-s vont tenter d'arriver à la Baltique par l'Esthonie, dont les Suédois, moins redoutables par la défection des Polonais, sont encore maîtres : nous allons voir si, jusqu*à la maison de l\onianow, ils obtiendruiU de ce côté tm plus duj aille succès.

CHAPITBB V.

par VWttH^mmàm ci to Omrélte.

Avec le caractère ruMC point do paix assurée pour perMiiao*

Avec un Etat qui, vaincu et désiraot la pai\, se voiriait ttéaiUDoiiis réserver des droits sur ce qo*il eé> dalt, en recherebait artificfeusement et par desdanses perfides sur ce qu'il ne pouvait céder faille do l'avoir jauiais eu, et, dans tous les cas, n'entendait faire qu'un traité décennal, c'esUà-dire une simple trêve; qui, enfin, du sein de ses défaites, élevait des prétentions même sur Toc cidont et qui disposait à son d'une population militaire intarissable pour soutenir toutes ces ambitions; avec un Etat, qui, comme Rome ancienne, ne concluait de paix définitive qu*avec des vaincus, et semblait, rommc elle aussi, se croire prédestiné à la conquête de l'orient et de l'occident, à la conquête du monde, avec un tel Etat il n*y avait pour personne de repos assuré. La Pologne conserva la Livonie, Gotbard Kettler, vassal des Polonais, son

l&O LlVRfc SECOND.

duché héréditaire de Courlande^Magnus Tile d^CËsel et Pilten; et tous ensemble, appuyés sur un traité»

et, ce qui valait mieux encore, sur le vainqueur (rivan IV, Etienne Bathori, fermaieul de ce côté la Livonie aux Russes. Mais dans rËsthonie, qui avait appelé les Suédois en 1560, et particulièrement dans ringrie et la Cai L'lie, ([ui, depuis la chute des Porteglaives, étaient au premier occupant, ne pouvait-on pas s*ouvrir une issue pour arriver à cette limite si enviée de la Baltique? Ne pouvait-on pas, là, faire valoir le droit du plus fort ? C'est ce que leiUa, non pas Ivan lY, qui ne survécut que trois ans à la paik de Kiverova-Horka et qui, d'ailleurs, depuis la mort d'Aoastasie Romanow, qu*il aimait tant, se conduisait avec rexlravap:ance capricieusement cruelle d'un fou furieux, mais sous son fils et successeur Féodor Ivanowitz, sous lequel gouvernait nn homme ambitieux, mais brave, d*^un esprit élevé, ardent ami de la civilisation européenne, i^oris Godounoir, iôbk»

Vtisf« empire de la Suècle dans le nord an seuièmc Mèclf. T.t^s (lusses cherchent à le démembrer pour avoir la rroatiàre <ie la lialtique.

A cette époque, la Suède s*étalt agrandie beaucoup

dans ces contrées, et sa vaillante population, commandée par Ponce de la ( .ardie, semblait déjà vouloir fonder, comme autrefois le Danemarck, un empire dn Nord. En 4570, époque du traité de Stettin, reconnue indépendante par les Danois, ses anciens du-

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mioateui-s, elle ae s'était pas eontentée de cel avantage, elle avait en outre demandé au roi de Dane-

inarck Frédéric H, que les possessions awxqiicllos prétendait Mafçnus du côté de la Lîvonie, lussent divisées. Magnus n'avait conservé que TUe d'CËsel et la ville de Pilten; toute la partie continentale de révêché d'Œsel, c'est-à-dire Hapsal, Pernau, Leal et Lode, plus llevel, le cuu\ent de Padis et la cominanderie de Sonoenbourg, étaient abandonnés au roi de Suède Jean IIL II est vrai qu*il était dit dans le même traité, que ces villes et ces propriétés ecclésiastiques, si Ton payait au.v Suédois les frais de la guerre, seraient remises par eux aux mains de Tempereur, qui, suzerain depuis Tépoque do maître-provincial Walter de Pletteûbcrg, en investirait le Daneniarck. Mais les frais de la guerre ne furent pas remboursés et la Suède conserva ces domaines di* vers quelle ajouta à TEsthonie.

Deux ans après, 1572, quand Ivan IV, avec son protégé Magnus, envahit si terriblement la Livouie, et que, profitant de Tanarcbie de Pologne à la suite de rextittction des Jagliellons arrivée cette année-là même, il y mil tout à feu et à sang, Ponce de la ( iardic étendit encore davantage les possessions des Suédois sur la Baltique. Vainqueur des Russes^ qui n'entendaient pas la guerre aussi bien que lui, il s^empara de la (^arélie, de ringric et de la ville de Xarva, petit port assez actif dans cette dernière province. A la vérité, les choses changèrent un instant de face bientôt après. En Suède, le roi Jean 111 ne s'était élevé an trône, en 1570, que par la déchéance de son frère -

iht LIVBE 8SC0ND.

Éric XiV, dont les extravagaBoes et les cruautés avaient irrité particulièrement la Doblesae, et en 1577

ils était fait autoriser par les sénateurs et par quelques membres du clergé à se défaire (f Éric XI Vau moyen d'un potage empoisonné ^ à le sacrifia en un mot au repos de l'État Libre alors de ses actions et pressé par le P. Tussevin, qui après le traité de Kiverova llorka fut euvoyé eu mission en Suéde, ei par sa femme Catherine Jagbelion, fille de Sigismond-Auguste II, roi de Pologne, Jean III es8a3fa de rétablir le catholicisme dans ses États. De là des troubles doiiL profita Féodor Ivanowitz, ou plutôt Boris GodounoiT, pour tenter ce qui n*avait pas réussi aux Ivans, de s^ouvrir directement la Baltique. Boris fit d'abord offrir à Jean 111 de l'argent en échange de Tlngrie. Jean rciusa ; et aussitôt une armée russe, commandée par Boris, alla, malgré la résistance de LaGardie, faire la conquête de la province en 1590, ce qui causa un tel chagrin à Jean 111 qu'il en mourut deux ans après, en 1592. Des dissensions politiques que sa mort occasionna et qui vinrent compliquer les troubles reli* gieux, favorisèrent encore les armes déjà si heureuses des Russes.

Un fds de Jean 111 et de Catherine Jaghellon, Sigismond 111, devenu roi de Pologne par élection, réclama le trône de Suède par droit héréditaire. Quel empire n'aurait pas formé, un instant du moins, la Suède réunissant pendant le règne de ce prince, et, si les Polonais ne s*y opposaient pas, peut-être après, les États de Pologne ! Mais Sigismond III éuit catlioliquc et il devait naturellement favoriser la

LA AliSSlK KT LA «£B BALTIQUE. lé$

réaction qui déjà, sous Finflueiice de sa mère et de quelques Jésuites, s'était manitestée du temps de Jean 111 en fafeur du catholicisme. A ce titre, le» partisans de ta religion étabMe, c'est-à-dire de la re* ligioi) luthérienne, qn! étaient en majorité dans la nation suédoise, repoussaient Sigismond lîl. 11 iut pourtant, à caose de certains engagements qu'on lui fit prendre dans Tlntérét du hithéranisBie, reconnu roi ; mais son oncle Charles, duc de Sudermanie, zélé protestant, fut nommé administrateur.

A la faveur de toutes ces dissensions, les Russes, on le conçoit, firent plus de progrès dans les possessions suédoises. Ivangorod, lambourg et Koporie étaient tombées au pouvoir des Suédois : elles leur furent reprises. Le C4>nm]andant Charles Honi, tout brave quHl était, capitula dans Ivangorod.

Paix de TeariD, I5f9.

Charles de Sudermanie condut alors avec Fëodor

Ivanowilz, en 1595, le îrai(é de '['rnsiii, a])i)(^li' iiussj traité de Narva à cause de la proximité de ces deux localités. Charles aspirait au trône avec le secours du parti protestant, et il avait besoin de la paix pour préparer le succès de son ambitioi). Par ce traite, FEsthouie, avec Narva, était rendue aux Suédois et on cédait aux Russes Tlngrie et la CaréMe avec la ville de Kexholm. LesBussesayal ent enfin ce <piMts désiraient, des communications immédiates avec la Baltique (1).

(0 T. XXII, ch. XXII, p. 180, dans Schœll, et PnflendoHr» t. VI, p. 100-lOS.

iàà

LlVli£ SECOND.

Anardiifl en Ilassie.

Malheureusement, à la mort de Féodor Ivanowitz, en 1598, raiiiiée du traité de Vervins, de Tédilde Nantes et de la monde Philippe 11 d'Espagne dans rocddem» s'éteignit la dynastie de Rurick; et les Russes, ne sachant qui élire tzar, ou un Boris ou un Romanow, parent de Tilluslre Anastasie, furent livrés à tous les tiraillements des ambitions rivales et des goaTernements électifs. Ils eurent successivement pour tzars, mais toujours au milieu des plus grands troubles, Boris GodouiiolTet son fds Borissowilz, puis Ghouskoi, puis un roi de Pologne, Wladislas* fils de ce Sigismond 111 dont nous avons parlé ; et» de plus, trois ou quatre faux Démétrius, qui se faisaient passer pour un frère de Féodor IvMiiowit/ assassiné par rambitieuiGodounoif etqui se nommait Démétrius, vinrent compliquer encore les embarras de la situation. Pendant quelque temps, à la vérité, cet état d'anarchie ne fit rien perdre aux Russes de leurs récentes acquisitions, car la Suède avait aussi ses troubles, je veux dire la querelle entre Charles de Sudermanie et Sigismond 111.

Charles de Sudermanie s'etant lait proclamer roi en 1600, la rivalité entre deui personnes se changea en une guerre internationale. Ce prince, outre les considérations reliî^ienses, avait fait valoir au\ Suédois que la Suède serait samfiéc à la

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