RÉFORMES DE PI BRRE-LE-GR ANO
élargir eu faveui da plus grand nombre possible d'étrangers, les cadres de Taraiée, il porta à douze mille hommes le chiffre de chaque régiment. Les grades, les costumes et les tenues militaires étaient les mè* mes que dans les armées européennes. Ainsi V Europe, dans toute sou étendue géographique, allait offrir, à côté des diversités de religion, de mœurs, de langage et de lois, une grande unité, Tunité militaire, toutes les puissances, même les plus reculées comme la Bussîe, se mettant sons ce rap])ort à T unisson, et d'autant plus qu'elles se mêlaient davantage.
Mais, dans cette armée, ceux qui étaient Russes appartenaient presque tous aux classes inférieures, comme rindiijiiait, dit Lcvi s(|iio, la terminaison de leurs noms en olf (1 ) ; la noblesse russe y était peu représentée. Cachée dans les campagnes, elle fuyait le service militaire, qui ne devait pins lui procurer d'emblée les postes éminents. Une loi sévère lui rappela son devoir, et elle vint s'enrôler sous le commandement du feld-maréchal Gordon, qui était à la tète de Tannée de terre. Pour encourager les soldats, Pierre I" déclara que tous ceux qui parviendi aient au grade d*officier d'état-major seraient anoblis à perpétuité, et que les simples officiers auraient, leur vie durant, les privilèges de noblesse. Par cet ukase, les serfs (jui, s'ils avaient des connaissances, de la conduite et de la capacité, avaient droit comme les autreSi aux grades supérieurs, pouvaient espérer de gagner leurs titres de noblesse. Une récompense mi-
(I) Lévesque, p. 257, t. IV.
198 LIVRE QUATRiÈMË.
Htaire devenait ainsi une réforme politique. Pour
donnor à la Uussic, sons ce i apporl, uu aspect plus européen encore, il iustilua Tordre militaire de Saint- André» premier apôtre des Russes, à rinstardessou*verains de TEurope, et Avtenom Golowin fut le premier que Pierre 1" décora de cet ordre.
Il irv avait qu'une chose à faire pour introduire dans les milices russes une complète uniformité, c'était de casser le corps des Strélitz, qui, i)ar jalousie contre ks régiments d'élite de Pétrobrajcnski, montraient le plus mauvais vouloir, appelaient les costumes militaires nouveaux des costumes hérétiques et répugnaient à toute innovation. Leur révolte en 1698 décida de leur perle et de celle de la princesse Sophie, leur instigatrice. Les réginieiils tles gardes, qui remplacèrent ces Janissaires de la Russie, foimèrent une inianteric de trente-deui mille hommes; et, avec le reste des troupes, Pierre I*'eut bientôt une armée de deux c€!iit mille hommes, divisée en ciinjuniiie-cinq rép:imeuts, p<Hirvue de trois cents canons légers et de quatorze mille canons de gros calibre, y compris les mortiers, obtenus en grande partie, comme Tatteslc PioiM'e I" lui-même dans son Journal, en faisant fondre les cloches des églises et des couvents de rempire, en Tan 1700 (i). U y avait, poinrcetle artillerie, un grand dépôt central et trob dépôts parti* culiers, voisins des Turcs, des Suédois et des Polonais, des trois peuples dont les possessions gênaient
{l] J ournal de Pierre I", in-4", p. 33. Ségur« Hist, de Pierre I'% liv. VII.
RÊFOnUEâ D£ PlË&UE-L£-GRAIf0* 199
la Russie dans le libre développemeul de ses tendances, de ses destinées et de sa grandeur.
Cette armée considérable et si bien équipée comptait un excellent corps dHngénieurs, surtout un corps d*artilleurs extrêmement capables, et dont la pliiiKii I étaient, comme on le pense bien, Européens. Dauâ ces régiments eux-mêmes, c'est extraordinaire comme on voyait d'£uropéens dans les grades supérieurs. Dans rénumération des régiments existant vers Tan l(i99, et consignée dans le jouiiiai déjà cité, nous trouvous dans la division du général A\ teaom Goiowin, cinq colonels étrangers, allemands ou anglais, sur buit, les frères Treydel, Bolmann, Fliwerk et Bilce; dans la division du général Weyd, sur huit autres colonels qui en commandent les huit régiments, un seul est Russe ; tous les autres, lesl'rèi^cs Delden, les frères fiaik, Yaunger, Yerden et Alexandre Gordon, sont aussi AUemands ou Anglais, et le général lui-même est un étranger; dans la division du général prince Ilepniu on peut iaire la même remarque, et il est probable que dans les régiments de dragons de Scbnewentz et de Goultzo, qui sont mentionnés (laiKs k uième tableau, au-dessous de ces deux colonels on deviût v^û* beaucoup d'oQimers également d'^irigine européenne ; enûn le corps de troupes <fui se trouvait à Novogorod, avait pour commandants deux étrangers, dont l'un, Romain Bruce, était Anglais. On le voit, le personnel était euref»éeo, comme la manière de combattre, comme les armes, comme les décorations, comme Tunifonne. Il n'y avait pas jusqu'à Tusage de se faire la barbe,
200 LIVR£ QUATRIÈHIÎ.
que Pierre-lc-Grand ne \oulûtiiiU oduire en Russie à la place des longues barbes asiatiques; il n^y avait pas jusqu'au tabac dont il ne tolérât Tusage, malgré une loi formelle de rOulojénie (1) qui punissait Tiroporta* tioii de cette plante il II knout, delà torture, de la fente des narines, de la perle du nez, suivant le nombre des contraventions; malgré aussi Topposition et les imprécations des prêtres russes, qui se plaignaient que les soldats, f iiniours novices et mal appris, venaient iumer jusque dans les églises* £n un mot, tout ce qui faisait plaisir aux Européens, tout ce qui pouvait servir à les retenir ou à les attirer, avait immanquablement son approbalion. Lue guerre nvec une puissance européenne, avec la Suède, par exemple, qui fermait comme on sait à la Russie la Baltique, pouvait éclater maintenant, la Russie était prête*
Première mArine rueie.
La londation d'une marine européenne avait marché parallèlement avec la formation d*une armée de terre. Pierre 1*' avait été frappé, dès qu^il avait pris lui-même le timon des affaires, de Tisolement commercial de la Russie en Europe. Cela tenait à deux causes, d'abord à ce que la Russie manquait de vaisseaux, ensuite à ce qu'elle n'avait encore d'autre port qu*Arkangel, situé sur une mer la plupart du
(i) SchoiH, t. Y, liv. Tii, ch. xviu.
BÊFOllMËS J>£ PlERRfi-LE-GRAMD. 201
temps inaccessible. Pierre I*% dans rinipossibflité de forcer (Micore la barrière suédoise de la Inillique, voulait essayer de nouer des relations de commerce avec l'Ëurope par la mer d'Aioff et la mer Noire, et pour cela il projetait la conquête d^AsolT, alors au pouvoir des Tarlarcs de la Crimée que soutenaient les Turcs eu vue des Russes. A la vérité, il pouvait opposer à cette alliance turco-tartare le concours assuré du chef des Cosaques du Don et de TUIcraine, le fameux Mazeppa ; mais ce n'était pas assez: il fallait, pour pouvoir preudre celte place maritime, au moins un commencement de marine.
Un jonr qu*ilse trouvait anbourg d'IsmaHoff, ilaperçut, en visitant uu magasin, une vieille chaloupe qui ne ressemblait pas à celles qnMl avait pu voir jusque- Jà. Son maître de fortifications Timermann, qui raccompagnait, lui apprit que c*était une chaloupe anglaise. Il voulut aussitôt que tout ce qn*i1 pourrait construire de vaisseaux fn( Tait dans les fornics et les règles de la constnu lion anglaise, qu'il trouvait supérieure à celle des Uollandaiseux-mèmes (i). On chercha de tous côtés Cartons Brandi, qui était revenu à son métier de menuisier; on le découvrit, et on lui ordonua de radouber cette chaloupe. Pierre V\ avec Brandt, navigua d*abord sur Tlaouza, puis de cette rivière sur un étang. Satisfait de ce premier essai, 11 engagea Natal ie, sa luère, à transporter sa eour à Pcreslaw-Zaleskoï. Là, Brandi dressa sou chantier et construisît, d* après la forme anglaise, deux frégates et
(1^ Lévcsquc, t. iV.
quelques yachts, surlesquels Pierre et ses conipagiioas reçurent les premières leçons de Tart nautique. Les manœuvres eurent lieu, non pins sur une rivière ou surunélang, mais sur un théâtre un peu plus vaste, sur lelacClet'hnin. 1 Ls s v exercèrent pendant quelques années, jusqu'à la mort de Natalie, qui eut lieu eu 1693 et qui le laissa plus libre de se livrer à des goûts dont la tendresse d*une mère s'effrayait parfois. Voulant alors, comme toujours, se déployer sur un plus grand théâtre, il se transj>oile à Arkangel, y fait construire un ou deux vaisseaux, et se lance avec eux sur la mer Blanche, que les czars n*avaient pas vue jusqu'à lui, à la suite d'un convoi de bâtiments anglais et hollandais (4). Tout le monde était dans la crainte et la stupéiaction : il revient sain et sauf, après s'être mesuréavec un élément dont il veut faire la conquête pour la Russie, suivant ses paroles : « Ce n*est pas la terre, dit-il, qui manque à la Russie, cV st la mer. » Puis, sansperdrede temps, dès rannéel695, il court attaquer Azoffet par terre et par mer. Lefort a été nommé amiral, le Vénitien de Luna, vice-amiral. Le titre du premier est purement honorifique, le second est le véritable chef. Chein et (iordon, onrnre deux étrangers, commandent Tarmée de terre (2). Quoique pas assez nombreuse, la iotte s'empara de deux tours qui défendaient le passage du Don ; mais sur terre on n'eut pas le même succès. Pierre l" n'avait alors qu'unbon ingénieur, qui était T Allemand
(1) Schœll, I. \\\V', liv. vu, ch. xviii, el Lcvesque, l. IV.
(2) Scbœtl, sect. m, p. 15a el 6uiv., U XXXV.
Jacob. Cet homme babile et dont on ne pouvait se
passer, futmallrailô, et aussitôt il encloua les canoDS russes, entra dans AzoIT et sauva la place (1).
Ce qui caractérisait Pierre \*% c'était une persévérance opiniâtre qui ne se décourageait jamais, qui méditait sur les causes d'un premier c^clicc, y portait remède, <*t se relevait par ses propres revers. Il vit que ce qui lui a \ ai t manqué pour réussir devaut Azoff, c'était un nombre suffisant d'ingénieurs et de vaisseaux. Des ambassadeurs furent envoyés aussitôt à rélecleur de Braiulcboiirs:, à rempereui d Ailenin^iie et aux Hollandais, ({ui lui cédèrent une vingtaiue d'artilleurs et d'ingénieurs avec lesquels, sur le chantier de Yoronesch, il fit achever vingt*trois galères qui étaient déjà t oiiiiiu lu ee^, dt tix galéasses et quatre brûlots, ce qui, avec les deu& vaisseaux de guerre ({ii ou possédait, forma une flotte assez respectable. £ile descendit jusqu'à la mer Noii*e par le Dniéper et entra dans la mer d'AzofTpar le détroit d'Iénikalé. C'était en 1690. Cette fois, le succès couronna i entreprise : Azoff capitula le 28 juillet de cette année, et le traitre Jacob y fut pris. Lefort, Chein et Gordon rentrèrent à Moscou en triomphe. Le czar Pierre, n'ayant pas encore de rang dans l'arniée, suivait derrière et à pied ces trois illustres étrangers. Tel autrefois un roi barbare, qui avàtt dominé sur la Grimée et sur les lieux oii s*était élevé Azoff et de là avait aussi porté ses vues sur Foccident, Mithridate-le-Oraiid. pour honorer les ofliciers rouiaius que Sertoritis, sou allié, lui
(1) Levesfiue, i. IV.
iOh LIVRE QUATRl&HE.
avait envoyés d'Espagne et qui inlioduisaieiil dans ses milices la stratégie et les armes romaiues, leur donnait toujours le pas sur lui-même. Plutarque l'atteste dans la vie de Sertorins : t Lorsque Marcus « Varius, dit-il, précédé des faisceaux, entrait dans « uDc ville, Mithridate le suivait et prenait de lui- • même le second rang, comme sHI jouait auprès de « ce Romain le rôle de courtisan (i). »
Maître d'un port considérable et autrement bien situé qu'Ârkangei pour ses vues sur Toccidcut et sur Gonstantinople en particulier, Pierre i*' ordonna que dans trois ans Brandt, avec une foule de charpentiers venus des Pays-Bas ou de Venise, lui construisit une Hotte de cinquante-cinq vaisseaux de guerre. Les frais de construction et d'équipement furent répartis entre l'État et les classes les plus aisées. Pierre l*' en paya seul neuf des plus grands, de soixante canons et pouvant chacun porter ciiKi cents hommes. Le patiîarche, à lui seul aussi, eu fournit sIj^ de cinquante canons et de trois cent soixante hommes.
YL
Preinier voyage de Pierre I** en Europe, 1607.
£n attendant que cette flotte, si importante pour la Russie de ce temps, fût achevée, lui-même, incognito, sous un habit allemand et avec le nom roturier de Pétré MichaïlofT, ayant Fair d'accompagner MenchikolT, Golowin et Lefort dans leur amhassade simulée au-
(1) Plutarque, Vù de Sertoriut, ch. vit.
R£rOBME8 DE PIE RBE-LB-GItANO. 206
près des cours de l'Europe, il voulut aller étudier Fart nautique sur les lieux mêmes où il était le mieux
entendu. Le prince Féodor Romanowitz tint sa place en son absence, et Patrice (i iKlou couniiamia les armées et veilla sur lesSlrélilz, qui uc lurent cassés qu*à la suite de ce voyage. Il avait avec lui deux ceota personnes, toutes habillées aussi à Tallemande (1). Il partit en 1097. Il alla didit a Aiiisiordani, <roii il se reudil aux chantiers de baardaïu. Là, il travailla de ses propres maius à la construction des vaisseaux ; et Lévesque, qui avait composé son chapitre sur Pierre-le-Grand en Russie, dans le palais des Menchikoir et dans la chambre même où le czar venait souvent dîner avec ce favori, dit avoir vu, dans le cabinet de TAcadémle des Sciences de Saint-Pétersbourg, son lial)it de matelot et ses p^ros bas de laine, dont les mailles étaient eu partie cachées pai'les re-prises qu'il avait faites lui-même (2). £t remarquons bien qnUl travailla non pas en amateur, mais comme ouvrier ; ([u'il était inscrit comme tel dans le chantier de Saardam, et que, de plus, pour mieux cacher Tiucognito, il vivait comme s*il était de cette classe» poussant Tégalité jusqu'à faire avec ses camarades de dégoûtantes orgies (3). Les loisirs que lui laissaient ses travaux, il les consacrait à étudier Tanatomie chez le célèbre Boerhawe, et T histoire natiurelle dans le muséum du bourgmestre Witsen.
Il ne resta pas longtemps à Saardam. La vue de
(1) Lévesque, t. IV, p. m. (2) Ibid, p.
(3) Scbœll, i. XXXV, sci'l. m.
200 UTRE QUATRIÈME.
quelques vaisseaux anglais de haul-bord lui duuua renvie d'aller promptement étudier la constructioD anglaise, quMl avait toujours admirée. 11 arriva à Londres en iOOH. En Hollande», daus une république, il n'avait pas voulu se l'aire connaître ; il se lit connaître en Angleterre, dans uoe monarchie. Lesavautévèque dé Salisbury, Burnet, qui nous a laissé une histoire très-estiniée de son temps, fut chargé par Guiilaunje 111 et Mario de salislaire la curiosité du czar sur les matières politiques et religieuses qui pourraient Tintéresser. Guillaume III lui donna le spectacle d*un combat naval et lui fit présent d'un yacht richement orné, noniuic Royal- V ru iLHpori, sur lequel ce roi avait coutume de passer en Hollande 1). De Londres, Pierre i*' alla se loger à Deptford, dans une maison située près du chantier royal, et c*estlà (|u'il apprit la construction anglaise, d api es un plan et des proportions mathématiques ('2). Les résultats qull obtint le transportaient d*une joie telle, qu*il regrettait tout le temps passé en Hollande, et qu'il disait souvent que s'il n'était pas czar de Russie, il voudrait être amiral anglais. 11 lit connaissance avec Tamiral Thomas Osborne, qu*il vit souvent; il connut aussi un habile architecte nautique, Antoine Dean, dont il attacha le fils à son service. Fergusson, bon géomètre écossais, et John Pcrry, habile ingénieur anglais, consentirent aussi à le suivre. Avec eux se trouvait une foule d'ouvriers, qu'il avait vus à l'œuvre et qu'il avait recrutés partout où il était passé,
(1) Lcvcsquc. ibid, p. 261. (2) Schœll, md.
R&FOBU£i D£ PISARl-Lfi-GRAMD. 207
après avoir constatt^ leurs talenls. Celle colonie ouvrière, ii la lit aussitôt traus{)()rler au port d'Arkangel par le Hayal-Transpart. Biimet nous dit, daos son histoire, quMl tenait du czar Pierre que tons ses eflTorls tendaient alors vers uu seul but : il voulait construire une flotte immense sur la mer d'AzolT. et chasser, à son prolit, de T Europe, le mahoinétisme ottoman comme il avait achevé d*en expulser le mahomélisme tartare (i). Mais, chose remarquable, Burnet ne le croyait pas capable de mener celle entreprise à boune ûn. En Angleterre, comme plus tard en France, le grand homme échappa; on n*aperçut pas le génie qui civilise une nation et qui fonde des empires, sous les iiKinicres brusques, sous le ton pou distingué et la simplicité toute militaire de rillustre voyageur. < Il paraissait, , dit Burnet, destiné par la « nature plutôt à être charpentier de vaisseaux que « grand prince. » Burnet sans doute lui aurait prêté un esprit plus élevé, s'il avait su qu'au uionienl de quitter Moscou, il avait fait partir pour l'Italie Boris TcbérémétiefT avec de jeunes boyards, leur recom* niaiid iiit de s'instruire dans celte patrie des arts, à Venise, ou TchérémétielT quitta le premier, de luimême, la longue robe russe pour prendre le costume européen, à Rome, à Naples, à Malte enfin, où le grand-niailre lui donna la croiv de son ordre; s'il avait su que ce voyajçeur aux rudes niauieres allait à la rencontre des nobles russes, Golowin, Dolgorouky, qui revenaient, plus éclairés, de quelque
1) Buruel. Hn d« m<m Ttmps, t. tl.
205 UVB£ QUATRIÈME.
grand voyage en Europe, et les faisait monter à c6té de lui dans sa voiture, disant publiquement qu'il voulait honorer en eux, à la [acv de toute la Russie, le savoir, les lumières, la distiuclion (1) !
ContinumUoii d« m étaUlHemento mariUmei apièt md retour.
De retour à Moscou, il iie tarda pas à fonder, nou loin d*Azoff; le port de Taganrolc; ensuite, mais beaucoup plus tard, il créa pour les jeunes nobles une école de marine appelée Técole des ca* iets de marine, 11 acheva la ilolle en conslrucUou et il l'augmenta : il eut trente vaisseaux de ligne, un nombre proportionné de frégates et autres bâ* timents, et des matelots expérimentés. Parmi ses marins, plusieurs iiiènie étaient Russes, coiiime Apraxin, qui, après la mort de Lefort eu 1713, fut fait amiral: en sorte que Pierre P' pouvait espérer que la Russie, formée par les étrangers, pourrait un jdur se passer d'eux, et ([ue les instituteurs des Russes seraient décidément remplacés par leursélèves (2). Cette flotte imposante, il la réunit à Azoff et il se tint prêt à marcher sur Gonstantinople, sur Tancienne
Tzarayrad Mais auparavant il fallait achever
une guerre qui avait éclaté dans le nord et qui exigeait le concours de toute Tarmée de terre. 11 fallait forcer aussi les portes delà Baltique. La flotte, même
(i) Ségur» Hisl* dt Pû/ne-U^Grand.
(S) Scgur, iba, et /ottmaf de IHerre^lê-Grand.
BÉFORMES DE Pi£RR£-L£-GR ANO.
à sa naissance, avait fait ses preuves devant Azoff et avait de ce côté ouvert la Russie à l'Europe ; il M-
lait que Tannée de terre iit ses preuves à son tour et conquit sur la Baltique la place où, pour un empire transformé, devait s*élever une capitale nouvelle et pins européenne, Saint-^Pétersbourg.