CHARLES XII ET PIERRE-LE-G RA ND
vi a Tordre dt s 4 hevaiiers Porte ^laivos. fussent réunis à la couronne ; les biens des la mil les nobles avaient été, contrairement aa droit public du temps, sdiunis à des contributions si fortes que plusieurs maisons en avaient été niîiK^cs (1). Aussi n*y avait-il pas do province où la domina lion suédoise iùt plus à cbarge que dans la Livonie. Et puis les Rosses, sais valoir encore les Suédois à la guerre, n'étaient pas des ennPTïîis à dédaigner. La ÎUissie était une pépiuière intarissable de soldats; le czar Pierre pouvait sacriiier des hommes jusqu'à ce que, à Técole même des Suédois, il eût apfHîs à vaincre, sans crainte de tarir la source abondante où il les puisait.
Déjà au seizième siècle, au temps d'Ivan IV, pendant les premières guerres de Livonie, le Sué* dois Egidius Girs, auteur de la chronique de Jean III, avait dit des Russes : « La valeur avec laquelle ils « défendent les places fortifiées, vient de ce (\n on «les habitue, dès Tenfance, à supporter les plus « rodes travaux et la faim même , et qo*il leur « faut peu de chose pour subsister, de la farine, « du sel et de Teau. ils saveul aussi que, s'ils al>an- « donnaient une ville forliiiée , ils seraient bon* « teusement décapités, fussent-ils en proie à la plus « affreuse disette, ou dans un pays étranger, entourés « dVnneniis auxquels ils ne pourraient pas résister. « C'est pour cela qu ils se défendent jusqu'à la der- « nière extrémité. Tant qu'ils n*en sont pas réduit» • là, ils regardent comme un péché irrémissible la
.1) I^Fesque, t. IV, p. 2Si.
€ faiblesse de capituler, et ils aiment mieux mourir
• en défendant la place que de s'en rendre coupac bles (1). »
Cet éloge qu'ua Suédois avait eu la franctûse d^accorder aux Russes divan iY, les Russes du czar Pierre le méritaient au même degré. Un des plus
grands hoimiies d'Étiit d'Angleterre an dix-scpticiiie siècle^ Robert Walpole, parlant à la lois, dans son Testament politique, et de leur multitude inépuisable et de leurs qualités militaires, disait pour Tinstrnction de sa nation : < Les hommes sont, à proc prement parler, la nwnnaie des czars. Us ne leur t coûtent rien : leur marche n*est point dispendieuse, fl les frais de leur entretien sont peu considérables. « Ils sont durs, sobres et faits a la fatigue; de Tcan, « un peu de suif ef de la larinc de riz forment toute t leur nourriture; ils s*enterrent comme des lapins
• et se battent comme des lions. » Et il ajoutait : « Avec de telles troupes, que ne peut point oser et « entreprendre un chef (il parlait du czar Pierre) qui
• a de riutelligence et qui sait leur faire goûter les i avantages de la discipline moderne (2) ?» Les Suédois ne pouvaient donc baser la solidité de leurs conquèk's siii- la faililesse de leurs eiinemis, pas plus que sur les bonnes dispositions des peuples vaincus.
(i) Chrtmiqim de J§an III^ par Egidius Gîrt« dans Geyor, page sis.
CD TMamentd» RéhêH IFâlpol«»l. II, p. 236; Amsterd., 17S7.