INFLUENCE DE LA RUSSIE
mer (1) quia fait connaître ce détaU : il lui fut répondu que la Porte ne reconnaissait que deux empereurs, celui desRoiiiains et celui des Ottomans. Gela ne Tempêcha pas, eu 1721, après la signature du traité de Nystcedt, de se le faire donner solennellement à Saint-Pétersiiourg.
Le czar Pici i e avait créé on réformé en Russie deux institutions politiques : premièrement, la chancellerie d*État, sorte d'inquisition politique aussi terrible que celle de Venise, en 1698. Il l'avait établie en vue des conspirations (juc les partisans des wStrélilz et de Tancien ordre de choses pourraient tramer. Cette cour a existé jusqu*en 1762. £n se-- ' cond lieu, il institua un nouveau sénat, seulement consultatif et composé de ses créatures au nombre de sept ou huit. II le substitua au conseil de législation ou ancien sénat russe, composé de soixante-sept boyards, de cinquante-sept Juges et de trente-huit conseillers, et présidé par le czai\ Ce conseil était trop puissant; il en voulait un qui fût h sa dévotion (2). 11 se satisfit; et c'est de ce nouveau sénat, assisté du synode ou concile permanent de Russie, qu'en 1721 il reçut le surnom de Grand, de Père de la patrie et d empereur. Immédia leuient il procéda au couronnement de Catherine 1'* en qualité d'impératrice, et il fit connaître la résolution où il était de lui laisser Tempire après lui, comme étant la personne la plus capable de maintenir son œu-
(t) Haromer, L III, p. 396.
(2) Schcen. t. XXXV, p. l&O.
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vre (4). Sans retard» il fit notifier aussi aux puissances le nouveau titre qu'il prenait; et comme il
les avait pour la plupart disposées en sa faveur dans son dernier voyage, il obtint de promptes adhésions.
Les Provinces-Unies, la Prusse, le Danemarck et
la Suède, alors gouvernée par Frédéric de Hesse- Cassel, par celui qui avait si^né îa paix de Nystœdt, furent les premiers à le reconnaître. L'empereur d'Allemagne fit le plus de difficultés ; mais on lui rappela la lettre par laquelle Maximilien V% dès le quinzième siècle, avait donne le titre d'empereur au czar Yasili-Ivanowitz (2)* D'ailleurs, le litre de czar était donné, dit Scbœll, par les Russes, aux monarques élevés au-dessus des rois, par exemple aux empereurs grecs, tandis qu'ils appelaient simplement les rois deToccident korolion krauL Et Lévesque ajoute que les souverains de Moscovie avaient joint déjà au titre de czar celui de paveditcl, qui signifie littérale' ment empereur, du verbe povclct, qui correspond au verbe latin imperare (3). En sorte que Pierre-le- Grand ne faisait qu*uu changement de mots, en quittant le titre de paveditei pour prendre celui d'empereur. H aimait mieux exprimer la nième chose par un nom laiiu que par un terme de la lan^'ue russe. Cétait une ressemblance de plus avec l'Europe» Mais l'empereur d'Allemagne ne vit pas là une rim-
(1) Geyer, liv. XII.
(2} Schcell, I. XXXV. p. 118.
(3J Lévesqiic, !. V, p, 8o.
i£4FLUË&G£ i)£ Là RUSSIE. 27S
pic querelle de mots ; il y vit une tendance, une intention, une ambition alarmante. C'est pour cela qu'il se refusa à reconnaître au czar le titre d'empereur. La France, rËspagne, la Grande-Bretagne eUMnéme, naguère si empressée (1 ) , et la Pologne, montrèrent la même répugnance. L'adhésiou olïicieiiedc ces puissances n'arriva que de i7à'2 à 1764* M. de HamuDei* ne nous dit pas que la Tuninie» dans cet intervalle, ait donné la sienne.
Princif es n^pablicains maintcnuâ en Pologne.
Mais pour conserver, surtout en Allemagne, celte inlliienre si puîssanle (|ue l'iene i ' y avait acijiiise, il était un point sur lequel il fallait veiller avec soin, c'est que le tr6ne de Pologne fût constamment occupé sinon encore par les czars de Russie, du moins par leurs créatures, afin que le dicmin de rAlleuiague et de l'Europe par terre ne leur fût jamais fermé. De là Fimpérieuse nécessité de veiller au maintien des principes républicains de la constitution de Poloiîne, le liberum veto, rélccti<Mi des rois. Pierrele-Grand n'y manr[ua pas, même contre son protégé Auguste II. Celui-ci, en effet, après Pultawa, tendait à rendre la couronne de Pologne héréditaire daussa maison et à fonder son pouvoir souverain sur
(I) Schœll, l. XXXV.