‹ Histoire générale de la diplomatie européenneChapitre 48 sur 73 · IV · texte numérisé non relu

IV

Tnité ào Be^prade, 1910.

Le traité de Belgrade, conclu sous la médiation de

la France le 18 septembre 1739, porta : !• la cession de Belgrade, dans l état actuel oii elle était, à la Porte, plusOrsowaetCzabacz; les deux premières de ces villes défendaient le cours du Danube jusqu'à

(1) Laii8ter,Uv. 11.

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Fcndroit où il entre dans la Valachie; la troisième détendait la Save, dont le cours, à partir de Belgrade, devenait la limite des deux empires; 2^ la Servie et la Yalachie autrichiennes étaient abandonnées, et TAutriche ne conservait, au delà du Danube, que le banal de Temcswar; »V quant à la Russie, elle restituait Ghoczim et tous les points occupés dans la Moldavie; elle 8*obligeait à raser les fortifications d*ABDff, dont le territoire devait être inhabité ; elie ne pâmait entre i nu' r i/es flottes ni construire des vaisseaux sur la mer d'Azo// pas plus que sur la mer Noire; elle avait seulement la liberté d'élever une forteresse sur le Kottban, sous prétexte de tenir en respect les Tartarcs, ses secrets alliés. La question du titre impérial était ajournée.

Yoilàfgràceà ascendant que le traité de

Vienne de 1758 avait donné, en Europe, à la France et au cardinal de Fleury, quelle suiio on avait donné au superbe ultimatum do Schaiiiroff; voilà comment, grAce à l'adresse de M. de Villeneuve^ secondé par la négligente précipitation de Neipperg, la France avait fait reculer les Autrichiens et les Russes réunis. Elle les avait forcés non-seulement à renoncer à leur projet de démembrement de Tempire ottoman, mais encore à tontes lenrs conquêtes antérieures, et ils avaient dû souscrire à l'entier rétablisseiiicnl de la Turquie dans ces mêmes frontières naturelles que, du côté de rAutricbe, elle a toujours, ou, à peu de chose près, conservées depuis (1).

(I) Heereo, 1. 1, ii« pcriodo : T nugier, Hitt* 4$ la Poim de Bel^ grade, liv. ii; Scbœll, t. XXXVill, li?. Tin, eh. VU, 6t fiantmer, I. III, liv. m; Eoch, pér. vm*, t. II.

lA mnsit BT comrAimimLB irais piew i*. fti7

lAPologM pfOlhari-eUe de ces gncrres, fomentéei «a gnadt pirtiA pour

elle par la Fraooe.

Si les Polonais iravaieul pas été si divisés, s'ils avaient voulu s^uoir tous, comme le faisaient les Turcs contre les Russes, leurs eunemis acharnés, nul doute qu'avec le soutien fidèle de la France ils n'eussent été aussi licurcuK contre la Russie qu'avaient pu Fétre les Turcs. La France, par la deruière guerre dont nous venons de parler, avait eu Tintention de les débarrasser des Russes et des Autrichiens ; maïs un grand parti, ce lui do 1 anarchie aristocratique, celui du liberum veto, qui s était couronné avec Auguste III, les appelaitet les retenait en Pologne. Pourtant, en i7ôâ, la czarine ÉHsabeth menaça par deux fois ce royaume d'un démembrement. Elle voulait enlever (1) Danlzickaux Polonais; cela aurait dû leur ouvrir les yeux et les engager à ne pas sacrifier ainsi le salut de la patrie à d*aveugies intérêts de castes, k des rivalités obstinées de famille on de partis. II n*en fut pas ainsi : ralliance contre les Russes, proposée aussitôt aux Turcs par Tambassadeur Iraneais, le comte Desalleurs, put seule épargner à la Pologne Texécution de ce précoce projet de démembrement.

Dix ans après, en 1 763, quand mourut Auguste 111

d) Hinmier, t. m, p. S3S.

UVft£ QDATaiÈME.

de Polopjne, les Polonais coiUiuuèrent les mêmes divisions. Ou leur disait d*accorder, pour plus de paix, la liberté religieuse et civile aux dissidents, soit protestants, soit schismatiques grecs; ils s*y refusèrent. La grande et noble famille des Czartoriski leur proposait un gouveruement plus monarchique, plus capable de (aire plier toutes les résistances anti-patriotîqoes; ils n*en voulurent pas. On leur conseillait de s'entendre tous pour appuyer le jeune Xavier de Saxe, dont le Dauphin de France avait épousé la sœur, contre Poniatowski, que les Russes avaient gagné; Us n'écoutèrent rien (1). Soutenu par la confédération catholique et nationale, mais trop exclusive, de Bar, et repoussé par la cabale des Malcontcuts et des Dissidents qui étaient les plus riches propriétaires du pays, Xavier de Saxe eut le dessous. Il fallut que la France, pour préserver la Pologne d'une ruine imiiiiiiinle sous Poniatowski, sous un prince qui d'avance Tavait vendue à l'étranger, lomentàt, en 176â, ime nouvelle guerre entre les Russes et les Turcs, comme elle l'avait fait, en 1737, entre les Turcs et les AuLiichiens. La Pologne fut encore sauvée.

Nous devons nous arrêter ici. Une grande ligure se présente à nous : Tannée même 1765, Catherine II a ceint la couronne de toutes les Russies, et avant d'exposer comment les Russes, sous cette princesse célèbre, posèrent les bases de leur prépondérance continenlîde en Europe, il faut voir comment la

(1) Rnlblère» iliiarvJkwdePofo9ii«,t.IV;deFemDd, Latrùii part, d$ la ^tiofM^ 1. 1.

là. mm ET COHSTAimilOFLI APBÊB PIEItRE I**. 319

France, sous on roi non moins fameux, usa de celle que lui avaient acqnisc, aux dépens de la maison d*Aulrichey les traités de Westphalie et des Pyrénées, dont noas avons fait rhistotre, et comment aussi, après ce monuKine puissant, deu\ prêtres hommes d'Ëtat, continuateurs inégaux de cette série curieuse de cardioanx-ministres, surent, Fun compromettre au dehors le fruit de ses travaux, et Tautre en reprendre c^lorifMiscnRni. iiuilgré les imperfections ou les lenteurs inhérentes à son âge, le développement et la grandeur. Nous allons, en un mot, présenter le tableau général de la diplomatie européenne sous Louis XIV. et, après lui, sous le prudent cl habile cardinal de Floury, en passant par le ministère déviateur du cardinal Dubois. Cela fait« nous reprendrons aussitôt le fll interrompu de Thistoîre diplniiiaiique de la Russie pendant le dix-huitième siècle sons la grande Catherine ii, mais eu la rattachant à celle des autres pays européens. Car la Russie alors ne marchera plus seulement à la tète du nord, elle n inihicia plus seulement sur les destinées de r Europe centrale, elle étendra ses longs bras sur TËurope entière et aspirera déjà à conquérir le monde.

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