‹ Histoire générale de la diplomatie européenneChapitre 49 sur 73 · ÉTUDE COMPLÉMENTAIRE · texte numérisé non relu

ÉTUDE COMPLÉMENTAIRE

DE PONGË m LA GARDIfi

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J*ai retracé la marche générale de la diplomatie slave et scaûdinave jusqu'à ravéïiemeui de Catherine Ih jusqu'à répoque ok rinterveDtioo politique de la Ruade en Europe va derenir mdTerselle et où commence réellement pour elle le dix-huitième siècle. Je voudrais a présent m'arrcter un peu plus que je n'ai pu le faire dans un tableau d'ensemble, sur une curieuse physionomie gasconne^ établie dans la Péninsule Scandinave au temps du roi de France Charles IX, sur Ponce de La Gardie, devenu, comme diplomate et comme général, le fondateur d*une des plus grandes et toujours des plus émînentes familles de la Suède. Les détails que je donnerai sur ses guerres et principalement sur ses négociations en Russie, en Allemagnet en France, dans les Êtats-Romains» dans le royaume de Naples, seront puisés en aujeure partieà roumge d*uncon-

temporaiii qui. en sa qualité d'historiographe du roi \ . de Suède Charles IX , eut à sa disposition les archives de rÉtat, et auquel Magnas-Gabriel de La Gardie^ alors chancelier de Suède et petit-fils de Ponce de La ' Gardie, pcM iuil de iouiller dans tous les pa]>iers de son illustre aieul (1). Grâce à Tautorité de cette source abondante, à laquelle Puffendorff, Fryxel, Geyer, de Thon et Méseray lui-même viendront ajouter quelques faits pai ti( ulicrs ou leurs propres réflexions, j'ose espérer que je n'aurai pas réuni un instant sans quelque profit les enseignements plus qiéciaux de la biographie aux leçons plus générales de l'histoire. On en connaîtra mieux, dans tous les cas, Télat de la Suède dans ses rapports aveciaRussie et même avec TEurope au seizième siècle. Peut-être au»rî, en intéressant un pays ami, réveillerai-je quelques sympathies dans la France moderne^ (pii oUre encore, notamment dans les d'Hautpoul, d'illustres parents des La Gardie, et qui, grande à nosyeoi par les héros qu'elle a gardés dans son sein, ne Test pas Tiioins aux yeux des étrangers par ceux qu'en tous les temps elle leur a fournis.

Dans la seconde moitié du seizième siècle, à Tépoqaeoii les calvinistes étaient, sous les noms divers de Puritains, de Gueux, de Huguenots, poursuivis par les gouYcrDcmeuts catholiques d'Ecosse, d'Espagne, de France et même par l'anglicane ÉUsabetfa, le lu-

(I) Vùa iUmUrittimi hmnt PonH iê La Gardiê^ par Gaode Arrbenius Œnilnelin, hisioriograpbe de S. Jl. JIT. 5.*; 1 wûh bi*4*. Lctpflidt, ISSO. Pré&ce.

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tliéranisme, quoique religion doimuante et vouiant régner, montndt dans tons les £tats scandioayes des Idées moins exdosives qne partout aiUénrs. Pour lui.

dans ces pays, le calvinisme nVtait, sous iiiio nuance diiTérente, qu'un nouvel enfant de la Réforme et avait droit à la même liberté. La religion romaine seule était Tobjet de ses persécutions, parce qu'entre elle et lui tout pacte était impossible; et s'il n'yavait ])as néanmoins et à proprement parier d'unité religieuse réelle dans la Scandinavie, tous pourtant se rangeaient sous le même drapeau de la libre interprétation, non de la morale, mais de la foi chrétienne. Attirés par Fappât de c( tic tolérance assez logique, sinon tout à Mt juste et pbilosopbique, beaucoup de calvinistes, pendant les guerres religieuses, aliènent cbercber dans le nord s( andiiiave la sécurité que Marie Stuart,^ Philippe il, Heuri il ou Charles IX refusaient à leurs personnes à cause de leurs doctrines.

'G*estàla Suède sortontqueles calvinistes français, qui ne purent ou m \ oulurent pas courir chez eux les chances de la guei re, demandèrent asile. Un traité d'alliance défensive, conclu à Calmar en avec Gustave Wasa, pa|;le ministre français Richers, au nom de François I", et suivi bien lot après d'un traité de commerce, devait naturellement attirer leurs regards vers cé pays (1). Ils y accoururent donc dès le règne de Henri II, et de ce nombre furent Denys Beurré, qui en ïdoo devint le précepteur d'Éric XIV, lUs aîné de Gustave Wasa, Charles de Mornay et

(1) Dumûût, Corps diplom,^ t*IV, p. 22S*

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Claude Collarl, qui tous les deux furent en Suède des officiers distingués et commandèrent souvent avec saccès les troupes suédoises (i). G^est par le second de ces réfugiés que Ponce de La Gardie fat introduit à la cour de Suède, où il prit aussi du service, et, plus avisé que lui, sut devenir le chef d'une grande nnisott.

Originaire du petit cbfttean de La Gardie, situé entre Castres et Alby, dans ce coin de la France qui a produit les Lapeyrouse, les bouit, les Rociiegudey les d'Hautpouly des généraux, des amiraux, des navigateurs renommés, et qui a formé depuis le ridie et pittoresque département du Tarn, il était destiué par son père, Jacques de La Gardie, seigneur de La Gardie, de Russol et d^Homazons, et par sa mère, Catherine de Saiote-Colombe, à Tétat ecclésiastique, et on r avait cnvové dès son adolescence au couvent de Moutolieu, dont son grand-oncle, Guillaume de La Gardie, était abbé, et qui est encore aujourd'hui une assez importante école monastique, liais son goCit pour le métier des armes Tayant emporté sui le désir qu'il pouvait avoir de plaire à sa famille, il quitta cette religieuse et savante maison pour suivre en Italie le marédial Brissac. 11 combattit contre les Espagnols sous les auspices de ce général, vrai modèle des plus hautes et des plus austères vertus militaires; et il montra assez de capacité pour être jugé digne, au bout de quelques années, de commander

(1) Piiffendorir, Mnlrod*^ t. V, Uv. r, p. S87; Geyer, ch. i, p. iS3.

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