DE PONCE DE LA GARDIE
un riment de oaTaleiie qae le roi Henri 11 en* Yoyait en Éoosse au Beconro de Margneiite, régente
de ce royaume et sœur des Guises (1). Quand il vit rétablies les allaires de cetté*priocesse, il paraît qu'il ne retourna pas en France. Étant le plus jeune des ils de Jacques de La Gardic, qui étaient au nombré de trois, il n'avait pas jurande fortune à attendre et voulait i>'eu a*éer une par sou épée.
La France venait de conclure en iô59 le traité de Gateau-Gambrésis. Par cette paix précipitée et qui laissait à rEsjjagiic auuicliienne toute son immense puissance, alors que par les Gueux des Pays- Bas on aurait pu rabattre, elle rendait tôt on tard inévitable le renouvellement des guerres d'équilibre, que, moins pressée, elle aurait pu heureusement et plus avantageusement terminer. Au lien de cet horizon de libre développement et de grandeur du c6té de ses frontières du nord, qu^elle se fermait brusquement, fourvoyée qu elle était par le concert de deux cardinaux que protégeait la pltis séduisante des femmes, elle aimait mieux ouvrir impoiitiquement Tère sanglante des dissensions civiles et substituer à la plus juste, à la plus honorable des guerres extérieures, la plus iuique, ia moins glorieuse, lapins ingrate aussi des guerres civiles, la guerre religieuse, celle qui s*attaque, non à des erreurs anti-sociales ou auti-moraics, mais a des choses d'opinion ou de foi.
(1) Vie de Ponce de La Gardie, par Q, Œrubicljn, p. 3 à 11, et de Thou, Hiit. untv., io-4», p. 200.
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Rarement de telles luîtes sout du goût de Tâme d'uD guerrier ; il a*y peut guère fournir une grande et belle carrière, et d*alUenrs son élévation, basée sur
Je sans versé de ses concitoyens, lui laisserait au cœur quelque ( bose de triste et qui ressemblerait à du remords. Ce n*est pas au héros des guerres civiles qu'un pays décerne la gloire militaire ; il veut une source plus pure et cherche des vaiii<iueiirs qui ne triomphent pas uniquement sur lui-même. 6i Jules César n'avait remporté d*autres trophées que ceux de Pharsale ou de Munda, je doute, quelqiies talents peut-être qu'il y eût déployés, que Rome et la postérité l'eussent exalté comme un grand capitaine. Mais les brillantes campagnes des Gaules avaient précédé ces deux journées ; celles des Parthes et d'autres en* core les avaient ou suivies ou accompagnées : a ces lauriers conquis sur 1 étranger, ou reconnaissait uu vrai fils de Mars là où, sans cela, on n*eût vu qu*nn chef de parti ou un rebelle.
Ponce de La (lardie s'aperçut vite que tout avenir était arrêté pour un guerrier dans un pays où les vertus militaires allaient céder le pas à Tambition factieuse et au fanatisme. Une guerre ayant éclaté dans le nord, non pas entre des religions ou des classes rivales, mais entre deux Etats, la Suède et le Danemarck, il courut y prendre part, et c'est aux Danois qu'il offrit d'abord le secours de son bras. Il les servait depuis plusieurs années avec un courage actif et intelligent, lorsqu'au siège de la ville de Walberg, que Éric XI Y prit lui-même d'assaut le 28 août 1565, il fut du nombre des soldats étrangers.
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aUemands, français, écosaaia, à qui Ton fit quartier,
parce que, dans T impossibilité de continuer la défense, ils mirent i)as les armes. Gomme les autres, on remmena prisoonier en Suède, «et c^est là qu'il connut Charles de Mornay , contre lequel il avait corn* baUu a Walberg, ct({ni vouait obtenir, par le poste de commandant de cette place, une récompense de aea senrioes et un accroissement de crédit. Recom* mandé par ce compatriote qui, snr le même sol, ne pouvaiL plus voir en lui un ennemi, et iigissauL même d'après ses conseils, il se préseuta à la cour de Stockbobtt; il plut à Eric, et aussitôt, ayant obtenu de Frédéric, roi de Danemarck, une lettre honorable qui le libérait de ses premiers engagements, il passa au service des Suédois (!)• ' ^
Soldat de fortune et d*avénture, il commençait à être fatigué de ce genre de vie et souhaitait donner à son existence la solidité d'une demeure fixe. Il se sentait luit pour la direction, le mauiemeut des affaires et le commandement ; il était parvenu d'ailleurs à cet âge moyen oh Thomme, arrivé à la plénitude de sa force intellectuelle et en ayant conscience, veut être quelque chose, acquérii* de l'importance, jouer un rôle, à l'âge, en un mot, oh l'ivresse des plaisirsest plus décisivement combattue par les soins plus positifs et les attraits de l aniljiiiou : aspirations inutiles toutefois et besoin irréalisable tant qu'on ne s'attache pas à un pays, tant qu*on n*adopte pas une nouvelle
(1) Vie de Ponce de La Gardie. Fuffeadorff, t. Yl» p. 32, 33, 3S; Geyer^ ch. su, p. 214.
patrie à la place de sa patrie véritable, et que, monté coostamment sur un mènie char, on ne parcourt pas
une seule et môme arène sous Tœil aiientif d'uue même Dation. Ponce de La Gardie résolut donc de a^étaUirdansunpaysdéteraiiné, et il choisit la Suède, dont le souverain lui témoignait de la hianveillance et de l'esliiiio et où les Français étaient bien vus, en générai, et du peuple et des grands. Mm connaissant le caractère ombrageux, bizarre et changeant d'Éric XIV, il se conduisît pendant tout son règne avec pnidt iicc et circonspecliou (I), afln de n'avoir pas le sort de Den> s Beurré, que ce prince tua de sa propre main dans Tépaisseur d'une forêt, et d* vities favoris qui furent victimes aussi de sa cruauté capricieusement soupçonneuse.
Première ambaaMde de Pooce de La Gardie eo Ftaooe, 1566b
Ce qui distinguait surtout Ponce de La Gardie, en dehors de ses qualités militaires, c'était rintelligence des affaires, la souplesse, la dextérité, Tesprit ûn et insinuant qu'érige Fart délicat de la diplomatie. Éric XIV ne tarda pas à s'en apercevoir, et il lui fournit l'occasion d'cvercer ses rares talents dans la ri aïu e même, qu'il avait quittée soldat et qu'il revit ambassadeur, La Suède avait à soutenir l'assaut de trois puissances coalisées, le Danemarck, la Pologne, la
(i) Vie de Pouce de La Gardie, p. 14.
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régence de Lubeck ; elle ne pouvait compter sur ramifié promise, mais perfide, du Moscovite (4 ), et elle voyait Glande Dancey, résident français à Copenhague, favoriser, malpffô les traités existants, la cause des Danois, qui, par sou entremise, obtenaient de Cattorine de Médicis la permission de lever en France dénombrent soldats (2). Éric XIV chargea Ponce de La Gardie d*aller à Paris conjurer ce fâcbeux contre-temps.
C'était après la paix d'Âmboise qui, en 1565, avait un instant suspendu les guerres religieuses pour courir reprendre aux Anglais le Havre, que, dans leur aveuglement, les Huguenots leur avaitul livré. Catherine de Médicis et Charies IX ne demandaient pas mieux que d'envoyer au dehors les protestants à qui il pourrait sourire d^aller servir des princes réformés, comme rétaient renv de la Scari(lin.ïvi(\ 1! s'en écoulait un certain nombre par le Dauemarck; ils n'étaient pas fâchés qu'il en partit d'autres, et des catholiques même s'il le fallait, à leurs yeux trop bataiileurs. ayant la Suéde pour destination. Ils allaient ainsi pourtant opposer toujours i rauçais à Français ; mais qu'importait, pourvu que ce ne fûtpasen France qu'eût lieu, entre des mercenaires de la même nation, cette guerre in)[)it . Safis vouloir se priver de l'avantage que leur otiVait déjà le Danemarck, ils acceptèrent donc le nouveau débouché que venait leur proposer Ponce de La Gardie, et par considération
(0 Moscovitarum infida »tmper omieifio, Vi« de Pooca de 1^ Gardie, p. 16.
(2) Paffendorir, l. Yl, liv. vi, p. S2.
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pour les anciens traités dont néanmoins les secours foiirois aussi au Danemarck étaient toujours rinfrac-* tion, ils accordèrent au roi de Suède à titre de service, ce qu'ils lui auraient plutôt, ainsi qu'à d'autres encore, demandé commo une faveur (i). Le nombre de soldats que put enrôler Ponce deLa Gardie, peu considérable si c'eût été pour la France, Tétait pour des États aussi peu peuplés que ceux du nord : c'étaient trois mille fantassins et trois mille hommes de cavalerie, munis d'armes de toute espèce. Avec celte troupe et après son lieurense et facile négociation , Ponce de La Gardie retourna en Suède le 30 mai 1566.
Ponce de La Gardie fait la révolution suédoise de 1508.
Une plus grave affaire l'y attendait. Éric XIV était mallieureux dans la guerre qu'on lui avait déclarée. Trop d'ennemis l'at laquaient à la lois el de tous côtés, et six mille soldats, même français, ne pouvaient suffisamment en contrebalancer la force, d'autant plus que ses adversaires en complaicnl peul-être un égal nuuîhi e dans leurs rangs. Le senlimcnl de cette aflligeante et fatale situation irritait la nation sué* doise, et bien qu'on ne pût Tattribuer au roi Éric, on était plus disposé à s'aigrir des torts qui pouvaient lui être plus justement imputés. Surtout on devait
(ii Viarma^û milUm eondueereUeerêt «on «iliiiit, itAî ^iièai Dana, Vie de Ponce de La Gerdîe, p. tS.