DE PONCB DE LA GARDIE
une criante injastice. Le roi de Saède g'en était
plaint, il avait écrit, il avait rcclaiiic ; tout avait été inutile. Ponce de La Gai die, de son côté, avait vu à Hanovre le doc Eric, cbef de la branche atnée de Brunswick. Mais que pouvait ce seigneur, malgré Tautorité de sou titre et de son rang dans la grande maison de Brunswick ? li avait dit qu'il écrirait à Jules de Wolfenbuttel; que, si ses lettres ne produis saient aucun effet, ii lui proposerait son arbitrage; que, dans tous les cas, il ferait eu sorte que la querelle ne s*envenimàt pas trop, et qu'à cette fin il conseillait au roi de Suède, comme il le faisait à Jules lui-même, de se rclàclier un peu de ses droits, de ne pas s'en tenir trop rigourcusemcut a ses prétentions, sans vouloir jamais en démordre : voilà tout ce qu'avait pu répondre le duc Eric. Il fallait évidemment avoir recours à un tribunal supérieur, et ce tribunal ne pouvait être que celui de l'empereur. Pouce de La Gardie supplia donc Rodolphe II d'user de tout le pouvoir que lui donnaient les constitutions de l'empire ou son titre en pareille matière, sinon on serait obligé d'en venir au\ armes avec un insolent détenteur du bien d*antruL
Rodolphe répondit qn*il avait nommé arbitres, pour jnger ce différend à ramiable, rélecleur de Saxe et le duc de Brunswick, et qu'il ferait écrire au duc de ^ Wolfenbuttel, afin de le disposer à écouter plus favorablement les justes réclamations des reines de Suède et de Pologne. C'était beaucoup d'avoir pour soi Tempereur dans une question où la partie adverse était un membre éminent de Fempire; mais
ces lettres impériales, qui pouvaient être décisives,
îl fallait les avoir, non en espérance, mais en réalité. C'est ce que Ponce de La Gardie lâcha aussitôt d'obtenir, et elles lui furent, en effet, remises peu de jours après. Cette affaire eut une solution assez satisfaisante pour le roi He Suède, grâce aux missives de Tempère ur, qui ressemblaient à un ordre plutôt qu à une officieuse invitation (i).
Après les intérêts de la reine de Suède, Ponce de ha ( .ardie traita ceu\ de deux sœurs de Jean 111, mariées avec des princes allemands. La première était cette Sophie, dont nous avons parié à propos du mariage d'Ëric, roi de Suède, avec Catherine Mansdotter, et qui avait épousé Magnus, fds aîné de I rançois-le- Yieux , duc de Basse-5axe. Hélas 1 si son infortuné llrère Éric Wasa avait perdu son trône, elle avait été dépouillée de son douaire et son man du duché qui lui revenait de droit, par François-le-Jeune , second fils du duc de Basse-Saxe, et elle était en ce moment en Suède avec M agnus, nourrie et entretenue aux frais du roi Jean III ! Voici comiueuL celle catastrophe était arrivée*
François-le-Yieux, pour faciliter à son fils aîné un établissement plus honorable et plus riche, avait
abdiqué la couronne ducale en sa faveur, et c'est ce qui avait permis à Maguus d'obtenir en mariage, avec nne belle dot, la princesse suédoise Sophie Wasa« Mais il n^avait pas tardé à s*en repeniir, parce que Magnus,outre lesmurmuresqu occaslouuait, eu Saxe,
(i) Vie do Ponce 4e La Gardie, |v ISI, las, iS7, 1S9, 138.