‹ Histoire générale de la diplomatie européenneChapitre 57 sur 73 · DE PONCE DE LA GABDIE · texte numérisé non relu

DE PONCE DE LA GABDIE

■ leurs à quoi s'en (onir snr la baniie foi de la Russie, « et il aimait mieux^ en continuant la guerre^ se mé- € nager à Im-^même et aux nations voisines^ une € sécurité durable pfmr l'avenir qu'une paix insi-

• dieuse et perfide pour le présent (1). »

Qu'est-ce qui pouvait arrêter les Allemands? dit

PoDce de La Gardie en terminant Fexpositioii de ce premier point, t Ne savaient-ils que te colosse russe 1 grandissait tous les Jmtrs, et que si ton n'avisait « assez tôt à lui opposer une forte barrière^ si on le « Unissait prendre solidement assiette, ce serait en

• vain que plus tard les spectateurs de ses inces- € sauts progrès chercheraient à renverser ce qui par

• leur faute aurait pris des proportions gigantesques t et les plus inexpugnables positions? Serait-<;e, par tt hasard, dans la crainte d'agrandir irop les Suédois « pai* des acquisitions en Livonie, quMls refuseraient t de se rendre aux vœux du roi Jean 111? Mais se- « ront-4ls plus avancés si, pour priver la Suède d'un 9 arrroisseinent inoffensif ^ ils laissent tomber cette « province au pouvoir des Russes , s'ils découvrent « leurs propres flancs par cette perte^ et si^ devenus « plus faibles, ils s* composent aux coups pkêsimmédiats f et plus terribles de ces farouches conquérants (2j? »

^1) Pacem n<Auit.,* $td tua tuontmgiM, nsewmvkinorum prin^ dpum popuhnmtqiêe iàlulif malen$ eam tn futunm plut tfaMIrm, fuam in prmteni insidiotam^ nohiU usguàm nidMm in I4wmâ figi.,. Vie de Ponce de La Gardie. p. 1S9.

(2^ Quasi servalis i>ueci(T(iue adjunctis Livonis, inagni nimit fuluii Sueones; ac non, iisdein Livonis subversis, imbecilUorenevaiuri Geimani, Vie <le Pouce Je La Gardie^ p. 129.

NiGOGI ETIONS

Voilà comment dans le seizième siècle, à propos seulement de T invasion des Russes dans les contrées feculéet où 8*èlèTe eneore atijourd^boi la gramie ▼flle de Riga, an ambassadeur de Suède, m anden soldat et gentilhomme français, interpellait TAllemagne entière dans la personne de son suprême souverain. Et ce langage, que les Âllemaods, toujmirs expectants on divisés, se sont laissé tenir à tontes les époques avec des raisons de plus en plus fortes et avec aussi peu de résultat; ce langage, maliieureusèment encore anjonrd^hui si palpitant d*actttalité et qai vient eonfinner tont ce que fions avons dit de Fétat de T opinion publique en Europe au sujet de la Ausaie dès le temps des lvan$ ce langage enfin qui, faite d'avoir été assez tôt écoolé, explique comment de jour en jour, d'année en année, d'âge en âge, par cette politique d'atteuteet de pusillanimité, les clioses ont été adroitement conduites an point de force et tfaDiversel danger oii on les voit maintenant, personne alors, pas plus que de nos jours, n'en eoiUestait la prévoyance et la justesse ; mais personne ne boQgeaitt ctiacun ne songeait qu'à soi et an présent, et ebassaR de ses regards, comme no importun ftmtômc, cette perspective elTrayante d'inévitable domination que Ponce de La Gardie, nouveau DémosUiènés, en quelque sorte, enlace de nouveaux Pliilîppes

de Macédoine, déroulait nettement aux stupides

Germains.

11 était certes bien en droit de se plaindre et de s'étonner qu*aucun Ëtat d'Allemagne, pas même les plus

rapprochés du théâtre de la guerre, ne fût venuprêter

DB POUCE DE LA «AEDIB. iëS

main-forte an\ Suédois, gardiens publics et zélés défenseurs de la liberté des Livouiens ; que iMaucoup, m eoBtraire, ne oouuHait qn'une baine avtngle ou une absurde jalousie, ewMent suscité, dans un empire aussi didicile à faire mouvoir qu'un empire fédératif, mille difficultés, mille obataclei di?ers au louable dessein de secourir Jean III et de se 8aa?er eux-mêmes (1).

Ponce de La (lardie demanda qu*au moins l'empereur Rodolphe II interdit pour quelque temps à tons les Allfimands la navigatk» de Nar?a, et qu'il n'écoutât ni les Lubeckois, sur ]es([uels des captures de vaisseaux avaient dii être opérées, ni les habitants insensés de Riga, que le roi de Suéde a?ait traités sévèrement parce qoMIs fournissaient des articles de contrebande aux Russes, après avoir, comme les autres villes de Livonie, appelé iea Saédols.

Mais remperenr fut sourd à toutes ces raisons. La

mer Baltique, dans toute sou étendue, devait rester libre, et il Tordounait en vertu des droits régaliens qn*il i»^étendait avoir sur cette mer. La paix de Stettin, en vue des Russes, avait défendu le transport à Narva, par des marchands allemands, de toute munition ou arme de guerre; mais il n^appartemît pas à

(1) Dolcrc rcgcm Supciœ Ccrmanicortini principum neminenit ac ne, proximorum qucmquam accurrisse, mariumque commodasse ^uero. publi^n Itàtrlatifi Livoniœ vindici .. Qu)n horum non paucot aqilnssc conitlia, quibw^ InndahiU ipsus tuendi jiropostto , di(firul' taies ohjiccrentur omntum maxtma', odium ac mvidiam er^à^u^Q*

nui» poteniiam. Vie de Ponce de La Gardie.

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Tempereur de faire ni de permettre qu'on l it dans les navires allemands aucune perquisition à ce sujet. Bien plus» Lubeck et Riga, surprises en flagrant délit de contrebande et de violation de ce traité, avaient raison de se plaindre, et les Suédois dévale ntrcndre aux Lubeckois les onze vaisseaux qu'ils leur avaient pris. Quant à la guerre de Livonie, on disait bien sans doute qu^elIe intéressait l'Allemagne, mais sous ce ra])poi t que la Livonie relevait do rcnii)ire et qu'elle devait y être réunie ; que, contre un peuple qui ne connaissait que le droit du plus fort, c'était la diplomatie qu'il fallait employer plutôt que la force, et qu'en couîîéquence une ambassade auprès (fJvan i V aoait été décrétée par la diète germanique; que tout manquait encore à cette ambassade, la ré^ daction des instructions, le vote des frais de route et dcnlretieHy la nomination enfui de ceux qui devaient la composer^ mais qu'on s'occuperait bientôt de ces quelques formalités. On n'y croirait pas, en vérité, si l'on n'avait sous les yeux la réponse oliicieilc de Rodolphe II et l'analyse constatée des dépêches de Ponce de La Gardie à son gouvernement (1).

L'empereur sembla vouloir réparer le mauvais effet produit par ces aveux, en disant qu'il se proposait de soumettre la question de Livonie à une nouveUe

(1) llis a (njntn regio allatis in hune mndum responderi jusserat Cœsar : fuliil déesse, prœfpr ronfectoruni agnrdri^-'im commentariosj rfejutmrnatiouem eorum quœ }>r(rfuluri sunt fteyono, nec von sumpius ei cenficitndo necessariot,.. Vie de Ponce de la Gardie, p. 135.

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