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diète qu*il allait coDvoqner à Francfort; mais c'était )M>ur in?iter les Suédois à ne faire aucune entreprise dans cette province jusqu'à la décision de rassemblée germanique, c'est-à-dire à laisser les Russes ravager, conquérir, coloniser ce pays, sans y rencontrer ceux qui , ayant seuls le courage de s'opposer à leur luueste établissement sur les côtes slaves de la Baltique, méritaient seuls de s*y installer l'arme au bras, comme les sentinelles avancées de l'Europe. Celte pompeuse, plus que puissante diète, ne devait, en effet, se tenir que le 1" août, dans cinq mois ; et le temps qu'il lui faudrait pour prendre une décision et pour y donner des suites dans le cas ob elle serait fa\urable, devait prolon?:er jusqu a 1 année suivante Tarmistice qu'on demandait des Suédois. Il n'en fallait pas tant pour que les Russes pussent tout ruiner dans la Livonîe.
Donnons revplication de cette étrange conduite. £n 1574, quand Henri d'Anjou eut abdiqué la couronne de Pologne, l'empereur régnant, Maximilien II, se mit sur les ran^s en même temps qn'Ktienne Bathori, vaïvode de Transylvanie et gendre du dernier Jagbellon , Sigismond II Auguste. Il fut élu par un parti; mais ayant refusé d'accorder les garanties qu'on lui (ieniandail pour la reli^aon et pour la liberté, il fut abandonné de ceux qui lui avaient d'abord donné leurs voix, et qui les reportèrent, cassant leur première élection, sur le prince transylvain. Maximilieu 11 n'avait pas voulu souseï ire à ces évolutions capricieuses des électeurs polonais, et, regardant Bathori conune un intrus ou un usurpateur, il s'é-
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tait entendu avec le czarivan IV, pour le reuverser et se mettre de vive force à sa place. Ivan lY devait attaquer le roi de PologDe par la litbuaiiie et profiter de cette occasion pour aubj nguer les Uvoniens, tan* dis que, par la Prusse polonaise, Maximilien II arriverait avec ses légions. Une diète germanique avait été conyoqiiée à cet effet, parce que MaiialiieB H, IKiur la aaliBfiKtioB f One égimie aiiUtioB, déairilt concours de rAllemagnc entière. La mort, hélas! se jouant de ses desseins, était venne le surprendre (!)• Mais Rodolphe 11, son sncceBseur et son fils, sans alléguer des prétentions et des droits qui , dans vm royaume électif, ne pouvaienl qu'être personnels et non héréditaires, n^aimait pas, comme on le pense bien, Tancien rival de son père, lui préférait dans ses sympathies le duc barbare de Moscovîe, et comme, avant d'arriver à la suzeraineté de i' emplie, la Livonie avait à passer d*ahord par celle de la Pologne, c'est aussi à la Pologne et à son odieux souverain qu'il laissait le soin exclusif de défendre ce malheureux pays, La Pologne, eu elFet, quand Ëtienne Batbori se sentit bien assis, embrassa cette tâche, et c^est avec les Suédois, comme uous le verrons, qu'dle parta^e^ ce fardeau de personnelle et déjà européenne conservation.
Après cela. Ponce de La Gardie yii les nûni»tres de Rodolphe pour leur demander ce qu'il entendait par ses droits ré^^alicns sur la Baltique, où certainement Jean 111 ne consentirait jamais, dans
(0 Vie és Pence de Ls Gardie, p. US, US.
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legportîoiifi de celte mer qui relevaient de ses domaines, à recevoir la loi d^aucim jxince étranger, fût-ce même Tempereur. Mais ceux-ci se bornèrent à lui donuer à entendre qu 'il ne fallait pas trop s'effrayer de ce mot ni le prendre à la lettre. La ville de Lubeck faisait partie de FAIleinagne, et Fempe* reur n'avait pu s'empêcher de montrer qu'il avait égard aux lettres fréquentes et aux supplications réitérées de ses habitants» Us lui dirent cela en confidence (i)» car les concessions à foire aux Lobeckois dépendaient absoiiiiiiont de Rodolphe II, qui n'avait nullement Tintention de contraindre un roi ami et avec lequel il voulait conserver de bons rapports, à quMque chose qui lui répugnerait ou serait contre ses iiUrrèts.
\hisi les réponses conûdentieUes et privées au su* jet de la Baltique, de Lubeck et par sidte de la navi* gation de Narva, différaient du langage officiel. Que fallait-il en conclure ? C'est que l'empereur n'avait pas envie de s'occuper de cette question de Livonie, et qu^il voulait la laisser débattre entre les Russes, les Suédois ou les Polonais, en dehors de toute participation de ses apathiques G^mains; aussi Ponce de La Gardie ne s*arrèta*t-il pas au conseil que lui donna le cbanoeUer impérial, de foire envoyer tous les ans aui diètes allemandes ou à la cour de l'empereur, quelqu un qui représentât la Suède et pût y discuter par écrit ses demandes ou ses intérêts. U ne Técouta pas
(i) Quod tamen privatim cancellarius H expêeMtri fi élt ci â It^ai» éiei vOUL.* Vie ée Ponça «le La Gardie, p. 14t.
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davantage, quand il lui dit qu'au milieu de Tencombremeot des affaires persoane d*abord n*était renvoyé de sa demande ; que ee n'était qa*à la longue et dans le jupeuit lit (le chacune d'elles qu'on i)ouvail voir de quel côté était ie di oit, et qae les abscuts, comme toujours» avaient très-souvent tort. Tous ces propos ne parurent au grave et positif ambassadeur suédois que des paroles oiseuses, quand ou réclamait de l'empereur et de l'empire, soit pour la guerre de Livonie, soit pour la navigation de Narva, une franche et prompte coopération. Il ne resta donc pas plus longtemps à Prague, et le 10 mars 1577, il partit pour Rome, oii il arriva le 1" avrils après avoir passé par les villes de Panne, Rhéglum, Hodène, Ferrare, Bologne, Lucques, Florence et Sienne.
Nous allons voir eulin quelles instructions particulières avaient été données à Ponce de La Gardie relativement à la restauration catholique poursuivie en Suède, et quelles étaient les iuteiiiious secrètes du gouvernement suédois. Nous saurons aussi ce que put obtenir ce négociateur d*une cour qui, semblable, il faut le dire, àTancien sénat de Rome républicaine, ne ratifiait jamais les transactions et les moyens termes adoptés par ses agents, et trouvait une plus imposante et plus durable force à maintenir rigoureusement son principe.
Introduit auprès de Grégoire Xlll, il se soumit aux formalités prescrites dans les réceptions pontificales ; mais, à côté de la liturgie et du formulaire écrit (pril le pj ia de sanctionner de son approbation, il lui présenta certains articles. qui ne l'étaient pas et
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dont chacun comprendra les motifs et la portée.
Il (lemniida an Saint-Père :
1" Qu'il lut poniiis aux prêtres, jusqu'à des temps meilleurs, de lire à voix basse, dans la messe catholique, les prières pour les morts et celles qui étaient • adressées aux saints;
2" Que les ollices lussent célébrés en langue vulgaire;
3* Que le calice fût rendu aux fidèles et pût être
touché par les laïques, dans la Cène, coiiniie Tavaient si hautement exigé les Hussites de Bohème ;
Que le roi pût, sans inconvénient, assister aux cérémonies des cultes dits hérétiques, jusqu'à rentier rétablissement du catholicisme dans le pays;
5*" Que, dans le collège royal de Stockholm, où s'enseignait secrètement la religion romaine, les professeurs pussent porter an autre habit que Fhabit religieux ;
Que les rois Gustave et Eric, et tous les nobles morts hors du sein de l'Église catholique, pussent reposer en paix dans les chapelles ou les temples de ce culte, sans jamais être ri()nl)i< s dans leurs tombeaux ;
7"* (Jue les prêtres pussent se marier ;
6* Que, dans les prières qui devaient être ordonnées ponr le rétablissement du catholicisme dans les États du uurd, la Suède ne fût pas nonnuée;
9" Enhu,que les évéquesfussent jugés par le roi dans les affaires capitales et pour crime de lèse-majesté (1) .
(1) Geyer, Ht<l. de Suéde, ch. m, p. 219, 220; PuffendorfT, L VI, Kv. Ti,p.87; Altog, Hi$t. dêVEglise, 1. 1, p. 315; Vie de Ponce de La Gardie, p. 163, 404.
On le voit, œ n'était qu'mi caUxolicisino déguisé et travesti que Jean III voulait rétablir en Suède, on catholicisme d'accommodement et de conciliation, une sorte d'intérim, comme celui (jif avait autrefois imaginé en Allemagne Charles-Quiut pour rapprocker deux cultes ennemis et en guerre. Sous ces .«lebocs hétérodoxes, l'enseignement et le dogme caHioliques. se seraient glissés, timides, iiiap( i çiis, ayant peur de se montrer, dans la crainte, coumie le disait Ponce de La Ganliean pape de la part de leaniU^jque ai ron avait en Suède le moindre soupçon d'une abolition projetée de la doctrine luthérienne, aussitôt il ne s*élevàt dans ce pays un cri universel siûvi d'une guerre générale (1).
Comment avec cette crainte, dont devait se préoccuper plus que d autres un gouvernement uouveau et sorti d'une réaction luthérienne, Jean III, un roi présenté comme prudent, circonspect, cauteleux presque, pouvait-il avoir sérieusement l'intention de rétablir le catholicisme dans ^ Ktats ? Le pape ne le croyait pas (â). L'inflnenoe de ^latbenne Jaghellon, d'une épouse intelligenle, active et chérie, et celle des avantages temporels ilouL devait être récompensé Jean 111 sll lais^t faire, telle ( lait la cause de ce revkeoient afipajrent de conduite ot de principe dans la nouvelle cour de Stoclcbolm. Jean III arrêtait le mouvement plutôt qu'il ne Ifi couadui^it,
(1) Ne quis suspicaretur prœsentem dorlrinam Lnthcri rsso tnllendam^hinc cnim magnus rumoret hcllum posset excitari* Leilre (le Jean 111 au pape, daoB Geyer, p. 219.
(2) Geyer, p* 219.
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qn11 ne le ¥on1ait, et il faisait en sorte de conserver à tout ce qui s effectuait dans le sens catholique» une pbysiMMiiiiie protestante. Aum le pape fut41 ioîD<d*êtDB «Btisrait de deiiMiides qui trompaient eonsidérablcmeut son attente. Ponce de La Gardie, dans iioe ville italienae et oii il savait qu'il fallait beaucoup porter aux yeox^ «ut beau étaler le aplendide appareil. d'usé auite «uperbe et plus nombreuse» afin de faire pius d*honneur au saint Siège et de lui donner me grande idée de la puissance de Jean 111; il eut beau laire agir le <3ardioal de Warmie, Stanislas Hofikis, et deux influents prêtres suédois, OlaQs Magni et BolvidiusNéri, la cour romaine refusa tout mtezzo termine et voulut un cliaugemeut tout à lait radical.
Ponoe de La •Gardie n'était pas autorisé à aeeorder
davantage au pape; il conseilla môme secrètement au roi de persister dans rarrangement proposé. £lalt-41 possible qu'il fit autrement, lorsqu'en Suède un seul des anciens évèques, Érasme Nicolaî de WeS" teras, premier prédicateur du l oi, avait approuvé la «kouvelie litui^e ; lorsqu'il avait fallu renouveler tout ré|dscopat pour obtenir desadbérents, et laire intervenir le chapitre de l'archevêché primatial dans Télection d'un évèque, comme le chapitre de la localité; lorsqu'au seul bruit de la chose, l'évèque de Linkoping, aux applaudissements unanimes des grands et du haut clergé, n'avait a]>p»'li; le pape, daus une brochure railleur, que ïatUéchrùt; lorsqu'enûn on avait dû casser les deux plus savants professeurs de TmiTersIté d'Upsal, et bannir de Stockholm une
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Foule de prêtres, hardis et fougueux eunemisde tout
ce qui sentait \g papisme '/ Le luthtTanisnie s'aflaiblissait» cela était vrai, mais comme enseignement, nou comme iostinct natiooal et comme principe. Dans ces mesures, Jean III n^avait été déjà entraîné que trop loin par une femme, dont le prosélytisme ardent ne connaissait pas de lM)rnes, et se faisait illusion sur la possiMlité de rétablir le catholicisme sans compromettre la stabilité de son royal époux. Toutefois, on espérait toujours, à la suite d'une certaine conformité religfieuse et grâce à Tintermédiaire de la cour romaine, une solide alliance avec la Pologne et une bonne solution au\ questions qu'on avait à traiter à Naples. C'est ce qui lit qu'on ue révoqua rien et qu ou laissa même les Jésuites, ces n^dateurs ordinaires du souverain-pontife, continuer leurs démarches pour avoir loul cv qxw la vouv romaine désirait. En attendant, Pouce de La Gardie prit congé de Grégoire Xi 11 le 27 mai , sans luidO^ter tout espoir, et, quatre jours après, il arri^ à Na|)les.
Il y lui aussitôt atteint d'une violente fièvre, qui l'obligea de loger à la campagne afin de respirer un meilleur air. Mais de temps en temps il se faisait transporter à la ville pour les affaires dont il était chargé. Philippe II était alors à iNaplos : il le vit, il lui fit part des intérêts qui l'amenaient auprès de lui ; il lui présenta des recommandations et des lettres de Rodolphe II, de la mère de cet empereur, sœur du roi d'Espagne, et sans doute aussi du souverain-pontife, et il obtint que la cause de Catherine Jaghellon fût plaidée solennellement devant les autorités napo-