‹ Histoire générale de la diplomatie européenneChapitre 60 sur 73 · D£ FONCE DE LA GAEDU. S · texte numérisé non relu

D£ FONCE DE LA GAEDU. S

La Gapdie, flls^d^m firèf^<ie Ponce, vers 1560, avec Marie d'Eïëa, fille du baron de Talaira», clc. (1^. Aussi tout ce venin de malice et de ressentiment ne Afflilittiirt-ll en lien rariitfié ée Jead III potii* ce md Sully que la France avait donné à un monarque du nord. Plus fkcile eût été peut-être de rompre l^alUaoce suédoise et polonatoe, que de détruire la bonne barnumte entre deux hommes qtif s'étaient éprouvés et jamais ne s'ctaiont fait défaut F un à Tautre. Les Russes essayèrent doue d*ébranler cette union terrible de deux braves nations ; bien qu'étant si récente encore, elle parût à Tabri de leurs eflbrts pour en briser les liens. Mais, du fond de la Russie^ ils savaient que le nœud de cette association armée était à Rome; 9«e l'espoir d'amener la complète con^ ver^n des Suédois en tes appuyant, avait déddé la cour romaine à réunir la Pologne avec la Suède contre la Moscovie, et ils pensaient qu'en faisant concevoir la même espérance au saint Si^ pour les B«sBe9 seMsmattques, ife obtiendraient, eux aussi, ses bonnes gràees, et parviendraient h conjurer uu peu les daagm de leur critique situation. Un ambassadeur rasse flif doae^ en grande pompe et à grands fhiis, cuvo^Féà Rottie. îl balsa la mule du pape, après toutefois d'assez longues liési la lions dont on pouvait se servir au besoin pour rehausser le mérite de sa pieuse complaisance, et 0 promit au pape cfue le czar Ivan IV, maître souverain dans ses États, soumettrait TÉglise russe à TÉgiise romaine^ si Ton

(1) Vie dePoncadett Cardîe,p, s;»iPa< ftMidi n * ,t> Vf, p. fei«

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daignait lui accorder quelque protection dans la guerre que.lui faisaieut deux jHiissants ennemis.

Leurrée par les assurances d*une diplomatie perfide, la cour romaine déclara qu'elle sMntéresserait en favenrdes Russes; et cenx-ci de se présenter aussitôt avec plus de couiiauce aux Polouais, pour les engager à se séparer de leurs alliés les Suédois. Les Polonais étaient jaloux des exploits de la Suède en Livonie, en Esthonie, en Can lie; ils voyaient que cette puissance avide voulait trop pro&ter de la clause du traité d*après laquelle chacun garderait ce qu'il aurait conquis (1); qu'elle se pressait de tout attaquer et de tout prendre, et qu'à la conclusion d'une paix générale, loin de pouvoir la déloger de certains points occupés, on serait obligé de lui laisser tont et de subir sa loi. Dans cette disposition d'esprit, ils i c çurent un ambassadeur russe qui b'eugagea, au nom d'Ivan lY, à leur reconnaître par un traité solennel la possession exclusive de la Livonie, et leur dit que les Russes, si la Pologne le désirait, consentiraient même à prendre le saint biége pour médiateur. Les Polonais acceptèrent ces offires; ils se décidèrent, contrairement à leurs engagements envers les Suédois (2) , à conclure une paix séparée ; et c\ si alors, comme nous l'avons exposé dans notre ouvrage, que s*ouvrit, en i58â, sous la présidence d'un l^t du pape, le fatal congrès de Kiverova-Horka. La Suède

(t) Puflfendorff, l. VI, p. 99.

(2) Neutra pars pacem fariura esstt in fraudem ailerius. Vie de Pouce de La Gardie, p. 1S2.

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y fut trompée, le saint Siège mal inspiré et dupe,

la Pologne précairement récompensée de sa trahison, et tout le proût fut pour l'astucieuse nation qui avait su diviser ses ennemis, recouvrer sa supériorité de forces en les réduisant à un seul, peutêtre iiièiiie ii'eii avoir plus à craindre en les brouillant ensemble, jouer tout le monde enûn, et sortir, sans être entamée, d'une lutte oii Ton pouvait la battre et la tailler à merci,

Jeu m, la eour ronaliie et 1» Pologne, tpiès It iuptnie de celte

aUieooe.

Jean III ne pouvait contenir sa fureur contre les

Polonais, au\(|ucls il était obligé de remettre ccqu il avait conquis eu Livonie, et contre le pape, qui lui causait le désagrément de cette cession et était venu dérouter tousses calculs. A Fégard de la Pologne, il se contenta des plaintes et des reproches que fut chargé d'exprimer au roi Etienne Pouce de La Gardie, lui disant : t Qu'il restait encore dans la Suède € bon nombre de ces anciens Goths qui avaient au- « trefois l'ait trembler T Europe et TAsie, et qui ne « craiodraieut nulleuieut les sabres des Polonais t pas plus que ceux des Moscovites (1). » A Tégard du saint Siège, ce fut autre chose : il voulut lui bien prouver qir< Il poursuivant, au délriment de la Suède, un but chimérique en Hussie, il s'était exposé à

(I) Puffeadorff, p. 103, t. VI.

tout perdre chez les SuMwia. Il ayi^ Mt de la

réaction catholique; il fit aussi (M de la réaclioii protestante, et il s'acharoa à la destruction tacile de son ouvrage, afin d'accumuler à son tour m une cour, à ses yeux déloyale autant que maladroite, tous les plus pénibles flûsappoiutenicnts. Le titre de catholique rejievint« comme autvefiMS, iipe îi^ure et un crime. Le curé . de Stockholm, Xauvent jPVmrins, qui, croyant remplir les vues du gouverneincul suédois, avait embrassé la religion romaine, fut publiqueuient destitué, et des ordonnaac^a royales menacèrent du bannissement tous ceux qui suivraient son exemple ou qui, caLlioliques déjà, ne retourneraient pas au culte protestant. L'église qu'avaient obtenue à Stockholm les fidèles de cette communion* fut fennée ; les Jésuites durent quitter le royaume, et le €oU^ qu'ils avaient dans la capitale même, fut don m' à leurs propres adversaires. Jean III ne mintint de ^ réformes religieuses que la litwrgîe, rorgmUsaUoncs* térieure et hiérarchique de Ftilglise suédoise, une sorte d'Église anglicane qu'il Uouvail plus conlormc à Fintérêt du pouvoir royal. Ge fut môu\e \^ le plus clair etie plus net résultat dumouvement cfttboUqne de la Suède.

La mort de Catherine Jaghellou en l5S:i fui la tlcrnière planche de salut ôtée aux naufragés. 4eao III épousa .bientôt i^rès une itrdenle luthérienne, -Gu|inila Bîelke, dont la famille jouissait en Suède de la plus.liaute cousidgiatiQO (1). Ll.rex€M^t.ili4i)çarari&-

(i) Geyer, ch. xm, p. 229.

DE PQIIGB DB LA G^KDIB.

toccalie j^t aux lutkéci«wu il était tewj[»« car le duc Charles de âudecniaiiie avait pris une attitude des

plus inquiétantes et des plus hostiles, et l'on (lisait qu'il avait Tormé, j^our la iiéleuse Ue la graade cause du protestautisme, use oontre-lîgiie avec le jroi de Navaire en France, avec ddUanme d'Oraoge dans les Provinces-Uuies, et avec la puisbaiiLc Éli^abelh chez les Àuglais.

S'étant raffemû^eo Suède par ces aatisfactioiis accordées à l'opinion publique et à Fesprit national, Jean 111 continua seul la guerre contre la Russie, et envoya Ponce de La Gardie cootre Novogorod, Plescoff, Notelxiwrg, mais en lui reconunandant d'épargner autant que possible les habitants, et de mettre ii Fabri de tout pillage et de toute profanation les temples russes, les maisons religieuses et en général tout ce qui tiendrait de près ou de loin au culte scbismatique grec. Puis, ayant appris Theureux événement de la mort d'Tvan-lc-T( rrible, il lui recommanda de tacher de traiter avec Jbéodor, iils de ce czar et .qu*on présumait devoir être son successeur. 11 ajouta que si par hasard il y avait division parmi les IWisscs j)our le choix d'ini nomcau t^rand-duc, il devrait appuyer constamment celui qui aurait le suffrage des trois villesdontiiavait dessena^deseTendie maître. C'est Féodor Ivanonitz qaiSalt reconnu, et il était assez disposé à la paix; mais en ce moment elle lui aurait peut-être trop coûté ; il aima mieux continua à combattre, et, en attendant, sosdter aux Suédois des difficultés et des embarras.

6es ageuts, unis à ceu\ de la Pologne, à ceu.\

hOà NÉGOCIATIONS

mêmes de l'empereur Rodolphe 11» parvinrent à pousser à la tratiison un officier supérieur de Suède, An* '

tiré Lorichius, liomine forl dislingftié, qui, t^<)u^a^lt qu'il n'avait pas reçu de la muiiiliceucc de Jean 111 assez de fiefs ni d'argent (i), forma le dessein de livrer aux Polonais, aux Russes peut-^tre, cette viUe de Narva tloiii la perte coupait court à leurs appi ovisiouncmeuts eu uiutériel de guerre. Mais Pouce de La Gardie connaissait heureusement son secret mécontentement, et avait Tceil sur lui. Il intercepta ses lettres et les envoya au roi de Suède. Surlcpoiiu d être arrêté, Ândré Loricliius échappa au châtiuieot qui lui était réservé, par une prompte fuite en Allemagne, où, reçu par Rodolphe II, il trama encore <juol([ues complots couLiv .Iran III. Mais, rentré du côté de la Livonie pour en préparer rexécutiou, il fut pris, chargé de chaînes, et envoyé en Suède pour y sidiir le supplice mérité.

Ponee de La Gardie eu coogièt de Perneo. isas.

G*était trop pour Jean III d^avoir à se tenir en

garde, au iiiilicii d Une lutte difficile, contre les in- • trigues de tant dc^puissauces Jalouses ou ennemies. La prise de Narva par Ponce de La Gardie avait rétabli régalité de forces entre les Suédds et les Russes; elle faisait même pencher un peu la balance dn c6té des premiers, en emprisounaot de nouveau la Russie dans Fintérieur des terres, sans contact pos-

(1) Vie de Ponce de La Gardie, p. i95.

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