De laud, Stilich., t. II, v
Omnes praeterea puro quae crimina pellunt
Ore Deae, junxere choros, unoque receptae
Pectore diversos tecura cinguntur in usus.
Justitia utilibus rectum praeponere suadet, etc., etc. sous. .... Procul importuna fugantur Numine, monstriferis quo Tartarus edidit antris.
Ac primam scelerum matrem , . . . . .
Trudis Avaritiam.
Dans ce « trudis », il faut certainement voir l’action de la personne même de Stilichon.
3. Non seulement Gennade y fait allusion, en parlant des œuvres de Prudence — il semble ne l’avoir pas connu lui-même d’après la façon dont il le cite — mais un connaisseur des procédés de Prudence y voit encore une telle harmonie avec les autres ouvrages du poète, pour le fond comme pour la forme, qu'il ne saurait concevoir le moindre doute relativement à l’auteur. Mais combien l'ont jugé sans connaitre Prudence en général ou sans l'avoir lu attentivement ! Aux preuves données par Obbarius (Prolegg., p. XIII), j'ajouterai le parfait accord de l'explication typologique d’Abel et de Cain (v.7 sq), avec celle qui se trouve dans la préface de l’Hamartigenia (v. 55 sq.). Comme confirmation et nouvelle preuve que cette œuvre est bien de Prudence, on peut citer une lettre de Georgius, évêque d’Ostie, au pape Hadrien, en date de 786, lettre où est cité un vers de cet ouvrage (I, v. 3) avec l'addition : dicente Prudentio, — V. Jaffé, Monum. Alcuin., p. 158.
qui expliquent un égal nombre de tableaux ; à chacun de ces derniers a dù être ajouté un tétrastique spécial, ainsi que le montre directement le pronom hic qui suppose la présence du tableau (1). Dans ces peintures, vingt-quatre étaient prises de l'Ancien Testament et vingt-cinq du Nouveau : on serait même tenté de supposer qu'elles atteignaient le chiffre de cinquante, vingt-cinq de chaque Testament. En examinant avec soin ces tétrastiques, on peut se faire une idée complète des tableaux qu'elles expliquaient, c’est-à-dire le grand intérêt que cette poésie présente pour l’histoire de l’art. Ces tableaux étaient en partie historiques ; le premier, par exemple, représentait nos premiers parentsavantleur désobéissance ; le second, le sacrifice d’Abel et de Caïn et l'assassinat du premier ; le troisième, la colombe rentrant dans l'arche avecune branche d’olivier, etc. Ce sont aussi, en partie, des tableaux représentant des paysages; témoins le XIV, Hain Elim (Ezxod., c. 45, v. 27) ; ou le XV, le Jourdain avec douze pierres (v.Jos., c. £) ; ou le XX VI, Bethléem; ou encore le XXXIII, l'étang de Siloë (2). D’autres représentent seulement des maisons (3), ou encore des monuments architecturaux, comme le XXIV, la maison d'Ezéchias (v. Rots, c. 20); le XL, les ruines de la maison de Caïphe ; le XLI, le prétoire avec la colonne à laquelle on flagella Jésus-Christ; le XXXVIIT, le tombeau ouvert de Lazare; ou bien, le V, lacrypte de Sara. La « nature morte » elle-même semble n'avoir pas été oubliée, vu que le XX nous décrit les insignes de David. Quels étaient les motifs qui déterminaient le choix des sujets ? Cela n’est point clair, et c’est d'autant plus difficile à préciser, qu'on ne sait ni ne saurait établir avec exactitude dans quel endroit étaient ces
{. Au surplus, disons encore, ce que personne n'a fait remarquer jusqu'ici, qu’on trouve, ailleurs que dans Prudence, des tétrastiques pour expliquer des tableaux, par exemple ceux qu'on a composés en vers élégiaques pour les tableaux des douze mois et qu'on attribue à Ausone, auteur aussi de tétrastiques. C'était alors, on le voit, une chose à la mode.
2. Le XXXIX® tétrastique nous explique également un paysage avec figures historiques : c’est le champ acheté avec les trente deniers rendus par Judas ; dans le fond du tableau (emênus), Judas se pend.