‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 2)Chapitre 144 sur 352 · V. son Ep. 3, ad Alypium · texte numérisé non relu

V. son Ep. 3, ad Alypium

. christianisme que parce que c'était lareligion du monothéisme. Mais les raisons que nous venons d'énumérer l'amenèrent à une vie spirituelle et ascétique, qui seule devait faire de lui un parfait chrétien. Ce revirement intérieur, préparé peu à peu et déjà depuis longtemps, devint un fait accompli le jour où, arraché à l'entourage qu’il avait dans sa patrie, il fit en Espagne un long séjour (390-394). La très intéressante correspondance poétique de Paulin et d'Ausone dont nous parlerons plus loin, nous est un témoignage en faveur de cette date : nous en avons une seconde preuve dans la naissance et la mort de son fils, lesquelles se rapportent à cet espace de temps. Toutefois sa résolution de s'établir à Nole avec sa femme, pour s'y adonner enfin tout entier à une vie monastique en consacrant à des œuvres pieuses la plus grande partie de sa fortune, ne fut prise qu'après qu'il eût vu planer sur sa tête la terrible accusation de fratricide (1). Son âme tendre devait en être profondément ébranlée ; et quant à la résolution elle-mème, elle fut l’objet d'autant de regrets et d'attaques de la part de ses anciens amis dans les lettres, qu’elle fut accueillie avec faveur par les princes de l'Église et par le peuple chrétien. C'est en vain qu'on chercha à le retenir à Barcelone en l’élevant à la prêtrise. En 394, il se rendit à Nole auprès du tombeau de saint Félix, qu'il avait déjà dans sa jeunesse choisi pour patron (2), et auquel ilcroyait être redevable du triomphe de l’accusation portée contre lui. Sa famille avait, dans cette contrée, de grands domaines : aussi, y avait-il déjà fondé un hospice pour les pauvres. Après l'avoir fait exhausser d'un étage, 1l y fil préparer, pour lui et pour sa femme (avec qui il ne vivait plus que comme un frère), une modeste demeure de moine. D’autres ermites s'étant joints à eux avec le temps, ce séjour devint un véritable cloître. Saint Paulin, qui s’adonnait aussi avec ardeur à l'étude de la théologie, fut élu évèque de Nole, en 409, à la mort du titulaire. Dans cette nouvelle pésition, 1l fut, même en face des hérétiques, un vrai modèle

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