CHAPITRE XVIII
11 nous reste encore à parler d'un prosaleur qui appartient à la fin de cette période et qui exerça une influence extraordinaire. Ses écrits se ratlachent immédiatement aux ouvrages ascéliques de Rufin et de Sulpice Sévère, ainsi qu'à ceux de saint Jérôme lui-même. C'est l’auteur des livres De Coenobiorum inslitulis ct des Collationes Patrum, Joaxxes Cassranus (4). Ces deux ouvrages étaient principalement destinés à l'instruction, l'édification et l'entretien des moines : ils furent recommandés par saint Benoît comme un vrai manuel de la vice monacale et érémilique, et, comme tels, hautement estimés pendant tout le moyen âge. Ils méritent néanmoins de trouver place dans une histoire générale de la littérature, abstraction faite même de cette importance, indirecte et immense, au point de vue ascétique. Ils durent, en effet, surtout à cause de leur genre de composition, avoir alors le plus grand intérêt pour les cercles des vrais chrétiens en général, qui regardaient comme un idéal la vie ascélique. — La patrice de Cassien, qui naquit probablement entre 360 et 370, est incertaine (2); Ampère pense qu'il était du sud de la Gaule et son opinion ne me semble pas complètement invraisemblable ; il a d’ailleurs composé ses écrits dans cette contrée. De bonne heure, il entra dans un cloître de Bethléem où il reçut sa première éducation religieuse.(3). C’est ainsi que ce précepteur de la vie monacale
1. Joannis Cassiani opera omnia cum amplissimis commentarits Alardi Gazaei (éd. Migne). Paris, 1846, 2 vol. (Patrologie de Migne, XLIX). — Wiggers,: De J. Cassiano Massiliensi, qui Semipelagianismi auctor vulgo pcrhibetur, comment. 3 Dissertat. Rostock, 1824, in-#.
2. D'autres ont déjà prouvé que la donnée de Gennadius (De vir. ill., c. 61) « Cassianus nalione Scytha » repose sur une erreur facile à expliquer. V. là-dessus, Wiggers, op. c., p. 7.