V. notamment, De coenob. instit. II], c. 2 init
a grandi, moine lui-même, parmi les moines. Le désir de connaître la patrie de la vie monastique, où était encore l'idéal de l'ascétisme, engagea ce jeune homme à entreprendre, en 390, en compagnie de son ami Germanus, le voyage d'Egypte. 1l passa d'abord sept années dans la société des moines et anachorètes, qu'il vénérait comme des saints et qu'il recherchait dans tout le pays; ayant ensuite obtenu la permission de ses supérieurs de Bethléem, il y séjourna encore trois ans. Il se rendit ensuite à Constantinople, où il devint l'élève de saint Chrysostome, qui l'ordonna diacre. Après le bannissement de son maitre, il alla à Rome en 405, dans son intérêt. Dix ans plus tard, nous le trouvons à Marseille, où il fonda deux cloitres, d'après les modèles de l'Orient : un pour les hommes, et l'autre pour les femmes. Cet exemple et ses ouvrages qu'il ne commença à écrire qu'à cetle époque, contribuèrent puissamment à la diffusion des cloîtres en Occident, surtout en Gaule et en Espagne. Après les ouvrages ci-dessus mentionnés, il composa encore contre Nestorius, en 430, les sept livres De sncarnatione Domini : il ne paraît pas avoir survécu longtemps à leur achèvement (1). Sa réputation était si grande à sa mort qu'il a été honoré comme saint, spécialement à Marseille, jusque dans les temps présents.
Les deux ouvrages de Cassien cités d'abord, les seuls dont nous ayons à nous occuper ici, ont entre eux les rapports les plus intimes ; l’auteur, même dans le premier, renvoie souvent au deuxième, qu'il avait en vue. Le premier devait avoir pour titre : De coenobiorum institutis et de octo principalium viliorum remedits, libri duodecim, au lieu du ütre plus court, qui est en usage et que nous avons fait connaître. Ce titre complet a été évidemment donné à l'ouvrage par Cassien luimême (2); seul aussi il en fait connaître tout le contenu.
1. Cela ressort des termes mèmes de Gennadius, qui dit, en cilant cet ouvrage : « Et in his scribendis apud Massiliam et vivendi finem fecit Theodosio et Valentiniano regnantibus. »
2. Il dit, dès le début de la préface des dix premières Collationes : « Debitum quod beatissimo papae Caslori in eorwm voluminum praefatione promissum est, quae de institutis coenobiorum et de octo principalium vitiorum remediis duodecim libellis digesta sunt. » Cassien cependant, en citant