‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 2)Chapitre 280 sur 352 · HYMNES. LES PLUS ANCIENNES HYMNES · texte numérisé non relu

HYMNES. LES PLUS ANCIENNES HYMNES

sans dire, la quantité est de tout aussi peu d'importance (1). Du mètre appelé Tetrameter trochaicus catalectus se développa, peut-être à une époque tout aussi reculée, une autre forme de l'hymne rythmique; ce tétramètre trochaïque catalectique était populaire et depuis longtemps en usage dans la poésie métrique des hymnes, ainsi que nous l'avons vu; le mètre nommé acatalectus avait, sousla forme rythmique, déjà fait son apparition dans la psalmodie du peuple avec l'hymne abécédaire de saint Augustin (v. plus haut p. 2741). D'un distique du tétramètre catalectique on forma, pour l'hymne, une strophe de quatre vers, en faisant un vers de chaque hémistiche, comme dansl’hymne: Apparebit repentina — Dies magna domini — Fur obscura velut nocte — Improvisa occupans. Bède cite cette hymne comme exemple d’hymne rythmique formée d'après le mètre trochaïque, et elle remonte bien aussi au vi° siècle (2). Mais que le nombre de ces hymnes füt encore, au milieu du vi siècle, relativement restreint, comparé à celui des hymnes métriques, c’est ce que nous montre cette Regula ; parmi les six, qu’elle cite et qui étaient destinées au culte, il n'y a de rythmiques que les deux hymnes ci-dessus mentionnées. L'hymne rythmique est donc encore bien loin de supplanter l'hymne métrique; elle ne fait que suivre, longtemps encore, et comme classe spéciale, une route parallèle; Bède les considère d’une manière complètement indépendante les unes des autres et, détail à remarquer, il traite des hymnes rythmiques en forme d’appendice.

1. Ilest bon de remarquer que, dans le premier vers de la première de ces hymnes, la première thesis manque, non seulement dans la Regula, mais aussi dans Bède, de même que dans tous les manuscrits ; voilà pourquoi Daniel retire lui-même (au t. IT, p. 20 de son Thes. hymnol.) la correction qu'il avait donnée (au t. I, p. 85) : « O Rex aeterne Domine. » Je n’ai vu l’autre hymne nulle part, mais il suffit du premier vers (magna et mirabilia) pour mettre au jour son caractère entièreñent rythmique.

2. C’est une hymne alphabétique pareille à celle de Sédulius (v. plus haut, p. 403-405) ; il résulte déjà de là qu'il faut y voir des strophes à quatre vers, forme sous laquelle Bède donne également cette hymne et même comme pendant aux hymnes ambrosiennes iambiques. C'est à tort que Daniel (op. c., 1, p. 194) et Du Méril (Poésies popul. lat. antér, au xn° siécle, p. 136) la donnent dans la forme des distiques du tétramètre trochaïque. V. également plus loin ce que nous disons de l'écrit de Bède.

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