‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 2)Chapitre 290 sur 352 · HISTORIA FRANCORUM · texte numérisé non relu

HISTORIA FRANCORUM

(loquentem rusticum). Et, en effet, cet ouvrage a, dans ses lignes principales, le caractère des Mémoires, vu que l’auteur ÿ raconte ce qu'il a vu lui-même. C’est là le cas d'une partie du quatrième livre, et partout depuis le cinquième, tandis que les livres précédents ne forment qu'une introduction soit dans le sens strict du mot, soit dans le sens le plus large du mot. La division ou composition de cet ouvrage est, en effet, la suivante,

Le livre premier, précédé d’un prologue dans lequel l'auteur fait sa profession de foi catholique, contient un abrégé de l’histoire universelle depuis Adam jusqu'à la mort de saint Martin. Ce travail a pour point d'appui la chronique d'Eusèbe saint Jérôme et celle d’Orose ; il met à profit, en outre, la Bible, les œuvres de Sulpice Sévère, l’histoire ecclésiastique d'Eusèbe et celle de Rufin, de même que des légendes et des Passions (1), dans un autre but que de poser un fondement chronologique. L'auteur prend toutes ces précautions pour calmer ceux qui tremblaient déjà en pensant que la fin du monde était proche. Cette tendance chronologique explique aussi le fait que l’auteur, dans l’histoire jusqu’à Octavien, sc contente de l'histoire des Juifs, enregistrant seulement après coup, sous forme de comparaison, quelques faits importants de l'histoire des peuples païens, en sorte que des rois de Rome il passe tout à coup aux /mperatores. Mais, à partir de la naissance de Notre Seigneur Jésus-Christ, ce sont l'histoire de l'Église, ses persécutions et sa propagation, qui forment le sujet du livre ; la Gaule y occupe une place d'honneur, et, dans le dernier tiers de l'ouvrage, c’est sur elle que se concentre tout l'intérêt.

Le deuxième livre débute par un récit de Briccius, successeur de saint Martin sur le siège épiscopal de Tours; l’auteur . y traite, après cela, de l'invasion des Vandales, des persécutions qu'ils firent souffrir aux catholiques, et, enfin, de l'irruplion subite des Huns. Il y a ensuite d'anciennes notices empruntées à deux historiens des Francs dont les œuvres sont perdues pour nous, ainsi que des légendes populaires

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