De Victorius encore, sous le rapport chronologique
allant de Childéric jusqu’à la naissance de Clovis. Saint Grégoire s'occupe aussi des évêques d’Averna et.de Tours, après quoi il fait, sans s’interrompre plus d'une fois, le récit de l'histoire de Clovis jusqu’à sa mort. La narration de l’auteur est décousue, elle se perd parfois dans la profusion des détails, et, parfois aussi, elle est d’une sécheresse extrème selon que les sources étaient plus ou moins abondantes, ou que l’écrivain avait un intérêt personnel et religieux de s’appesantir sur certains faits ; en un mot, l’auteur était peu au courant des exigences du métier de l'écrivain. Toutefois on ne saurait méconnaître que le principe chronologique fait la base de l'agencement de la matière (1). Dès le début de ce livre, saint Grégoire se justifie d'avoir mêlé à l’histoire profane l’histoire légendaire et l’histoire ecclésiastique. Je reviendrai plus loin sur cette justification. Ce mélange s’étend d’ailleurs à l'ouvrage tout entier.
Le livre troisième poursuit l’histoire des Francs jusqu'à la mort de Théodebert I (548); le quatrième jusqu'à la fin de Sigebert (515), et, pour ce dernier, l’auteur puise, en partie, les faits dans sa propre expérience. Mais c’est seulement avec le cinquième livre, on peut le dire, que commence l'œuvre que s’est proposée l’auteur; ce livre débute (2) également par une introduction spéciale, où saint Grégoire déplore le malheur des guerres civiles; à partir de là, le récit suit une marche régulière, et l’auteur range sa matière d'après les années du règne de Childebert, qu'il considère toujours comme son roi. Ce livre va ensuite jusqu’à l’alliance de Childebert avec Chilpéric (581), date où commence le livre sixième, lequel s'étend jusqu'à la mort de Chilpéric (584). Les deux livres suivants (VII et VIII) enregistrent les événements arrivés jusqu'en 587 et, tandis que le neuvième va de 587 à 589, le dixième traite des années 590 et 591, et se termine par un
1. Si les anciennes notices sur les Francs ne prennent place qu'après l’invasion des Huns en Gaule, il faut excuser le fait en se rappelant que c’est seulement avec l'invasion d’Attila que les Francs acquièrent aux veux de saint Grégoire une signification historique.
2. Le livre précédent (IV) se termine par le calcul des années écoulées depuis la création du monde,