‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 2)Chapitre 93 sur 352 · Spicil. Solesm. , I, p · texte numérisé non relu

Spicil. Solesm. , I, p

3. Num. c. XXI, le chant des juifs au puits, Spicil. Solesm., 1, p. 245.

4. Deuter. c. XXXII, le cantique de Moïse mourant, Spicil. Solesm., I, p. 254 et ss.

5. Ainsi le deuxième Spicil. Solesm., 1, p. 242, v. 691 : « Domini dum laudes hoc canit kymno, » après quoi vient le cantique.

6. C'est ce qu'a fait, d’une manière très sagace et tout à fait coneluante, Thierfelder, De Christianorum Psalmis et Hymnis usque ad Ambrosii tempora, Leipzig, 1868,

poésie hymnique christiano-grecque, et spécialement celle qui était consacrée aux louanges du Christ. Nous ne pouvons rien conclure de là néanmoins quant à la forme de ces hymnes. Cette poésie reçut une impulsion particulière des hérétiques qui s’en servirent pour populariser leurs croyances et qui l'introduisirent les premiers dans le service divin, afin de lui donner un charme esthétique tout particulier. Il va sans dire, en effet, qu'à la forme métrique empruntée à l'antiquité se rattachait étroitement la manière dont les Grecs exécutaient ces hymnes : un chant modulé fut substitué à la récitation hébraïque qui avait servi à rendre les hymnes sans mètre, comme les wôat rvevpatmxt. Ce sont les Ariens spécialement, qui cullivèrent la poésie hymnique dans le sens que nous venons d'indiquer : il semble mème que c’est précisément cette circonstance qui engagea saint Hilaire à composer, pendant son séjour en Orient, son livre d’hymnes latines, comme un antidote contre l’hérésie. L’on sait, en effet, que sa vie entière fut consacrée à combattre l’arianisme. C’est aussi la poésie hymnique des Ariens qui a très certainement engagé saint Ambroise à composer des hymnes ; il avait sous les yeux exemple de saint Hilaire, et, de plus, il avait à poursuivre un but tout particulier et que ne devait pas avoir son devancier, celui de les introduire dans l’église. Toute l'activité littéraire de saint Ambroise vise exclusivement en effet le côté pratique. Aussi le voyons-nous seulement composer ses hymnes lorsque sa lutte contre l'arianisme est arrivée à sa période aiguë et . lorsqu'il se propose d'élargir et d'enrichir la liturgie qu'il introduisit à cette époque : il voulait agir sur le peuple en se servant de moyens empruntés à son ennemi lui-même. La cour arienne de Valentinien II et de sa mère Justine renouvela, en 386, à l'occasion de la fète de Pâques, les prétentions qu'elle avait déjà manifestées l'année précédente ; elle exigea la remise de la basilique Portiana, de Milan, à l’évèque arien Auxence. Saint Ambroise refusa une seconde fois de se rendre à cet ordre. Il fit, dans cette situation critique, un sermon contre Auxence : ce sermon, publié dans la collection de ses lettres ($ 34) (1), contient les paroles suivantes, quon a

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