‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 103 sur 311 · Vol. II, p · texte numérisé non relu

Vol. II, p

3. Nulli vicletur dubium In imis esse Infernum, Ubi habentur tenebrae, Vermes et dirae bestiae.

Ubi ignis sulphureus Ardens flammis edacibus, Ubi rugitus hominum, Fletus et Stridor denLium, Ubi gehennae gemitus Terribilis et antiquus, Ubi ardor flammaticus, Sitis famisque horridus.

[164-1 Go.] POÈMES ECCLÉSIASTIOUKS {^:\

parle, après cela, mais sans suite compréhensible, du paradis, du mont Sinaï et de son prophète, pour passer enfin au jugement dernier, au jour de colère et de vengeance. Il nous dépeint comment, au son i]o la trompette du premier archange, les morts ressusciteront, les étoiles tomberont sur la terre comme les fruits du hguier, le feu consumera le inonde et les ennemis du Christ qui ne veulent pas croire qu'il ait été envoyé par le Père. Ce poème, dans lequel se trouvent de fréquentes réminiscences des anciens (1), semble avoir vu le jour dans le sud, probablement en Italie ou dans la France méridionale; il paraît aussi dirig-é contre l'hérésie de l'adoptianisme, qui, depuis la fin du vni' siècle, agita longtemps l'Eglise (2). Du reste, malgré des expressions dures et peu compréhensibles, ce poème se distingue par l'énergie particulièrement poétique du style^ en sorte que, pour le fond comme pour la forme, il est très original.

Il nous faut mentionner encore tout spécialement un poème composé contre l'avarice [Avaritia] et que nous trouvons dans la collection des Rythmes, de Diimmler (3); il est écrit en tétramètre trochaïque, mais en strophes de trois lignes et sans refrain. C'est un poème alphabétique qui ne va cependant que jusqu'à la lettre L. Il nous fait une peinture excellente et pleine de vie de l'avare, et il semble presque provenir d'un motif tout particulier; on dirait qu'il a été composé par un maître à qui un personnage haut placé refusait son salaire (4). Nous trouvons, dans la collection des poètes

1. Il y est parlé des Géants, et Thétis y est invoquée pour désigner la mer.

2. On a trouvé ce poème, joint à la Vie contemplative attribuée à saint Prosper, dans un missel du ix° siècle, à Montpellier, et dans un autre du x<^ siècle, à Milan. Il n'est pas possible de lui attribuer une date antérieure, par exemple le siècle de saint Prosper, à cause de la rime que l'on y trouve déjà d'un bout à l'autre; on ne doit, en aucun cas, faire remonter sa composition au delà de l'époque carlovingienne. Il a édité par Boucherie {Op. c, p. 12 sq.), d'après le manuscrit de Montpellier.

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