Le poème débute ainsi
Aima, vera ac praeclara, indivisa Caritas, Quam qui habet, Deum amat diligitque proximura, Qui non habet, nuUum auget incrementum veniae. Belua saeva, truculenta, nempe Avaritia, Quae in aevum secum trahit sibi consectaneos Ad inferna tenebrosa, ubi poenam sentiunt.
3. Huebaldi opéra, dans Migne, PcUrol. lat,, tom CXXXII, p. 826 sq. — Gerbert, Scriptores eecl. de musicd, t. I, Saint-BIasien, 1784. — Coussemalîer. Memoire svr Hucbald et sur ses traités de musique, suivi de Recherches sur la notation, etc., Paris, 1841. — Dümmler, IV. A., p. 560 sq.
[166-167.J HUCBALD. ÉGLOGUE. — HYMNES {"u
lettré qui était professeur à Sainl-Amand; il fut le premier maître de Hucbald (1), et on dit que la composilion dun chant liturgique faite par l'élève éveilla la jalousie du maître. 11 termina ses études à Saint-Germain-d'Auxerre, sous la direction du savant et célèbre Heiric, où il eut saint Rémi pour condisciple (2). 11 succéda ensuite à son oncle, qui mourut en 872, et devint professeur à l'école de Saint-Amand. Mais son activité comme maître ne se borna pas qu'à cette école. Vers l'an 883, il fut appelé à Saint-Omer, pour y instruire le comte Rodolphe, qui, l'année d'auparavant, était devenu abbé de ce monastère; plus tard, il fut appelé par Fulcon, archevêque de Reims 882-900), à l'école cathédrale de cette ville, à laquelle il rendit son ancien éclat^ de concert avec saint Rémi. Son autorité, à cette époque, était déjà si considérable que, par son entremise, l'archevêque reçut, en 899, un diplôme de Charles le Simple. Ce ne fut sans doute qu'après la mort de Fulcon que Hucbald retourna à Saint-Amand, pour y consacrer au professorat le reste de sa longue vie. 11 ne mourut qu'en 930.
Hucbald ne se borna pas à enseigner; il agrandit la bibliothèque de son monastère, même par des copies de sa propre main, dont il ne nous est pas parvenu moins de dix-huit (3). Il cultiva la musique et la poésie. Peu de poèmes toutefois sont arrivés jusqu'à nous sous son nom. Le plus connu est une (( Ecloga » (4} dédiée à Charles le Chauve, comme empereur, par conséquent de 876 à 877 ; elle traite de la calvitie, dont elle fait l'éloge dans cent trente-six hexamètres, qui, à part l'introduction et la fin, sont partout réunis en coupures de dix lignes. Ce poème devint célèbre, non seulement par la singularité du sujet, mais aussi par l'art de l'exécution ; il est formé, en effet, de mots qui commencent tous par un C. L'absence de dictionnaires proprement dits, à cette époque,
1. V. Vol. II, p. 277. Hucbald l'appelle son didascalus, dans la dédicace qu'il a faite du poème de Milon : De sobrietate (v. 27),, el qu'il adressa à Charles le Chauve.