‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 106 sur 311 · V. Delisle, Le cabinet des manuscrits, Tom. I, p. 312 sq · texte numérisé non relu

V. Delisle, Le cabinet des manuscrits, Tom. I, p. 312 sq

4. Elle est ainsi appelée probablement à cause de la division en strophes.

nous dit assez que ce ne fut point là une petite affaire; la mener à bonne fin est donc un bon signe en faveur de l'érudition de Fauteur, comme aussi une marque de son habileté et de ses connaissances de la métrique. Il va de soi pourtant que ce poème, notamment à cause de son étendue, n'ait rien de bien remarquable ; toutefois, on y trouve quelques passages comiques qui, pour le moins, montrent que l'auteur le regardait comme une plaisanterie (1) : c'est ce que la critique moderne n'a généralement pas reconnu.

Parmi ses chants d'église, dont il a composé pour plusieurs les paroles et la musique (2), il ne nous est parvenu que deux hymnes sous son nom : ce sont des parties d'un office nocturne qu'il avait écrit pour les moines de Saint-Thierri et à leur demande, ainsi que nous le montre une lettre de lui ; quant aux notes, elles n'ont pas été conservées. L'une de ces hymnes est dans le mètre ambrosien ; l'autre, en strophes de quatre petits asclépiades catalecliques (3) Dans toutes deux, il célèbre saint Thierri d'une manière égale et très sèche, vu que sans doute il y avait peu à dire sur ses actions et ses miracles.

Mais ce fut surtout comme musicien que Hucbald déploya le plus d'activité littéraire ; il mit son zèle au service de son enseignement et cette activité profita immédiatement en bonne partie à la pratique. Nous n'avons pas moins de quatre ouvrages de sa plume. Comme ils ne font partie de l'étude qui nous occupe qu'autant que la musique a, à cette époque, une signification particulière pour la culture générale et surtout pour le développement de la poésie lyrique, nous n'avons à

i. Le début du Proœmium le montre déjà i

Carmina clarisonae calvis cantate Camoenae. Gomere condigno conabor carminé calvos, Contra cirrosi crines conCundere colli Cantica concélèbrent callentes clara Camoenae : CoUaudent calvos, collatrent crimine claros Carpere conanles calvos, crispante cachinno.

2. C'est ce que dit aussi la remarque de Siegebert von Gembl. [De script, eccles., c. 107) : « Quia in arle musica praepollebat, cantus multorum sanctorum dulci et reguiari melodia composuit. » Il est possible que, à l'époque de Sigebert, on ait encore connu ces chants.

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