Cette transformation a lieu ici avec beaucoup d'adresse
I20r)-206.1 VIE ET THANSLATION DE S. LIUOHII S '2\\)
(le la contrée élaieiil dignes d'un tel pays qui lappidaiL C(diii de la Sainte Ecrilure, où coule le lait et le miel (c. *J). (Iharlemagne confia d'abord réveché aux évéques de ^\'iirzbouI•<'•; mais comme ceux-ci ne pouvaient le visiter que rarement, Charles, dans les dernières années de sa vie, y nomma enfin un clerc do Wiirzbourg-, le Saxon Ilathumar, lequel, encore enfant, était arrivé dans ce pays comme otage [c. ?>].
Son premier successeur fut Badurad, Saxon lui aussi et clerc de Wiirzbourg. Il imprima une grande impulsion aux choses de Févêché. C'est lui qui donna lieu à la Translation. Son peuple avait récemment embrassé le christianisme, et, pour l'empêcher de retomber dans les erreurs païennes, il désirait obtenir les reliques « d'un grand saint », espérant affermir la vraie religion à l'aide des miracles et des guérisons opérés par elles(i) et donnera l'évèché une g-Joire solide. Or, voilà que Dieu lui révéla que son désir serait accompli par l'intermédiaire de Aldéric, évêque du Mans. Comme IJadurad séjournait fréquemment àja cour de Louis le Débonnaire (2) et qu'il y était aussi présent, à l'arrivée des reliques à Paderborn, il est très vraisemblable que c'est à cette cour qu'il avait fait la connaissance d'Aldéric, lequel, du reste, était son compatriote (3); or, comme son église possédait beaucoup de reliques, Alderic était plus que tout autre en état de satisfaire aux vœux de Badurad. A la tête de l'ambassade de Paderborn, se trouvait le prêtre Idon : les communications, soit écrites, soit orales, de ce dernier, forment la base du récit de l'auteur (c. 7). Aldéric leur donna le corps de saint Liborius, et des reliques de Pavacius et de Gundanisolus. L'autour dépeint, avec force détails, les solennités qui se rattachent à la remise de ces reliques, l'apaisement, par un discours éloquent de l'évêque, des paroissiens qui se plaignent d'une telle perte, comme aussi le cortège nombreux passant par les villes de Chartres et de Paris et se rendant vers le Rhin et laWeslphalie,
1. Nous trouvons le même motif dans la translation de saint Alexandre, v. vol. II, p. 33G.