V. vol. I, p
4. Au complet dans les Ada SS., l. c, pag. 87-i sq.; la translation seule avec le prologue, dans les Monum. German. Mat , /. c , pog. 459 sq.
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Iruclion. Or, les moines crurenl découvrir, sur le mur da Téglise, les restes du nom de Sosius, ce qui leur fil concevoir l'espérance que ses restes y reposaient (i^ 24). A celte nouvel le Tabbé, à qui l'évêque avait promis les reliques du saint, envoya une expédition à Miseno pour se livrer aux recherches de ces reliques. Notre auteur faisait partie de cette ambassade. C'est même lui qui mit les autres sur la bonne piste. 11 nous fait un récit détaillé de la découverte et do la translation des reliques du saint en y ajoutant (§ 33 sq.), comme conclusion nécessaire, deux miracles opérés parleur intercession.
Mais cette Translation est précédée de la Passion du saint et de celle de ses compagnons. Elle se base sur des actes antérieurs (1). Pendant la persécution de Dioclélien, les chrétiens de Miseno sont exposés à un danger tout particulier, parce .que celte ville, oi^i la Sybille avait son tombeau, était un lieu de pèlerinage pour les païens (§ 5). Sosius, diacre de l'église de cet endroit, déploya tant d'activité et de courage pour fortifier sa paroisse dans la foi, qu'il fut l'objet de raltenlion de l'évêque de Bénévent, Januarius, lequel se lia avec lui d'une étroite amitié. Dans une de ses visiles, celui-ci voit la tele de son ami entourée d'une flamme et reconnaît par là^ avec une grande joie, la couronne du martyre qui rallcnd (§ 7). Sosius ne tarde pas, en effet, à être cité devant Draconlius, juge de la Campanie; il fait sa profession de foi et on le met en prison à Puteoli. A cause de cela, trois chrétiens remplis de piété, le diacre Proculus, Euliccs et Acutius, citoyens influents de l^uteoli, accusent les païens et courent visiter Sosius dans sa prison, où on les enferme. Sur ces entrefaites, le cruel Timo- Iheus devient gouverneur de la Campanie. A Noie, il entend parler des martyrs et il apprend que Janvier fait des visiles à Sosie (§ 15). 11 le cite à comparaître devant lui ; Janvier, après avoir confessé Jésus-Christ, est jeté dans une fournaise ardente; mais il en sort sain et sauf. Deux clercs de saint Janvier, le diacre Festus et le lecteur Désiderius, se rendent à Noie pour se plaindre ; on les saisit et on les conduit à
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Puleoli, en compagnie de leur évêqiic. Ensuite on les jette tous, y compris Sosius et ses compagnons, dans l'amphithéâtre pour servir de pâture aux bêtes féroces ; mais comme celles-ci ne leur font aucun mal, ils ont tous la tète tranchée (§22;19scpl.).
Le récit de la Passion est écrit dans un style plein de fleurs de rhétorique ; Jean, dans son discours aux juges, fait de longues exclamations, et surtout des apostrophes bruyantes ; mais les expressions, de même que dans les autres ouvrages de notre auteur, sont^ du moins en général, correctes, faciles et coulantes pour cette époque.
La Translation de saint Séverin [Translatio S. Severini (1) est bien plus importante pour l'histoire politique et par le récit des événements qui l'ont occasionnée. Ce furent les incursions des Sarrasins dans la Basse -Italie, la conquête de Regio en 899 et celle de Taormina en 902. Enorgueilli par ses succès, et en présence des députés des villes italiennes qui demandaient, mais en vain, la paix et un traité d'alliance, Témir Ibrahim faisait la menace de conquérir Rome et Constantinople. Il établissait déjà son camp sur la route de Naples, à Cosenza. La peur des Sarrasins fit alors prendre à Grégoire, consul de Naples, et à l'évêque, la résolution de conseiller aux habitants du chàleau fort de LucuUi de se rendre à Naples et de détruire le castel qui pouvait servir de forteresse à l'ennemi pour assiéger la ville. Mais l'abbé du monastère de Saint- Séverin, à Naples, demanda et obtint les reliques du saint, et, le 13 septembre de l'année 902, elles furent transportées dans cette ville (c. 6). Cependant Ibrahim ne tarda pas à mourir, ce qui fit disparaître tout sujet de crainle. On disait que saint Pierre lui-même, pour protéger sa ville de Rome^ lui avait ouvert les flancs (c. 8). L'auteur parle ensuite des miracles opérés par les reliques, après leur translation.
Nous retrouvons, dans ce livre de Jean, le même style fleuri que nous avons déjà vu. Remarquons encore que notre auteur, à la prière de Tabbé Jean, traduisit du grec en latin un ouvrage
1. Acta Sanctor., Januarii T. I, p, 1098 sq» — * Monuni. German. hist , /; c, pag. 452 (avec abréviation des miracles).